Vendredi 23/08/2019

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COP 21 : le risque carbone est une réalité

Responsible Investment Strategist

Initialement reconnu comme menace majeure pour l’environnement, le risque carbone devient de plus en plus une menace majeure pour l’économie.

Initialement reconnu comme menace majeure pour l’environnement, le risque carbone devient de plus en plus une menace majeure pour l’économie. Que ce soit l’impact économique des conséquences santé de la qualité de l’air (augmentation des maladies et causes mortelle) ou encore le smog qui bloque les routes et avions comme en Chine ou dans les méga villes émergentes et ralentit le développement économique. La transition des énergies fossiles vers l’énergie renouvelable est l’un des moyens les plus efficaces pour combattre les émissions de gaz à effet de serre et résoudre la question climatique. Face à l’essor des renouvelables et la campagne de désinvestissement, l’industrie du charbon se retrouve en péril et sa viabilité économique est largement remise en question. En effet, les voix s’élèvent de plus en plus pour proclamer inéluctable la fin prochaine de l’ère de l’énergie sur le charbon, y compris la réputée Agence d’Energie Internationale.

Au-delà du risque réputationnel pour les investisseurs, le concept des « stranded assets » a également radicalement modifié les modèles de valorisation des secteurs comme le gaz et l’énergie. Le risque de réserves de gaz et pétroles non combustibles suite à une réglementation plus stricte pour limiter le réchauffement climatique à maximum 2° est une réalité qui augmente chaque année, le changement climatique pesant davantage chaque année passant. Cela conduit à un nouveau paradigme pour les secteurs du gaz et du pétrole mais aussi des biens d’utilité publique et un focus sur le mixte énergétique des entreprises. Selon les estimations de Bernstein, 60 % des réserves prouvées en charbon seraient à risque, 20 % pour les réserves de pétrole et 0 % pour le gaz. De plus, le débat porte souvent sur les sociétés alors que près de 80 % des réserves en énergie fossile sont dans les mains des pays. C’est donc un vrai défi pour ces pays dépendant fortement de l’exploitation de leurs réserves en énergie fossile qui devraient légiférer sur leur source principale de développement économique. Le concept de « stranded assets » repose sur une série d’hypothèses notamment régulatrices mais il faut aussi noter l’importance des dates butoirs puisque celles-ci doivent également prendre en compte les cycles de vie des réserves.

Cette réalité du risque carbone transforme progressivement les fonctionnements des secteurs concernés. Si aujourd’hui le secteur du gaz et pétrole ont bénéficié de subsides des gouvernements, exclure un scénario où ces subsides seraient remplacés par des taxes, pour les entreprises les plus émettrices de carbone n’est pas utopique alors que les mentalités et le monde sont en pleine révolution.

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