Dimanche 31/05/2020

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COP21 : les annonces des pays

Responsible Investment Strategist

Les espoirs sont grands pour la Conférence sur le Climat à Paris. Les déclarations des gouvernements se succèdent et les investisseurs renchérissent également en engagement sur le sujet. Cependant, beaucoup considèrent que le risque de déception est grand également. Qu’en est-il ?

Dès le début de cette année, plusieurs gouvernements « phares » se sont prononcés sur leur programme de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre en vue du sommet des Nations Unies relatif au changement climatique. Les Etats-Unis, l’Union Européenne, la Norvège, la Suisse, la Russie et le Mexique – soit un tiers des émissions globales de dioxyde de carbone – ont rapidement fait part de leurs efforts de réduction d’émissions à horizon 2020 afin de maintenir le réchauffement climatique à maximum 2 degrés.

Récemment la France, l’hôte de la conférence, a publié sa stratégie basse carbone sur un horizon de plus de 10 ans visant à réduire de 30% ses émissions CO2 à horizon 2020 et par quatre d’ici 2050. Les secteurs clés tels que la construction, le transport et le traitement des déchets sont particulièrement visés avec un engagement d’augmenter l’efficacité énergétique des véhicules, d’adapter les habitudes de mobilité des citoyens ou encore encourager le développement du fret ferroviaire ainsi qu’accroître le recyclage et la valorisation des déchets.

Au cœur des débats également le charbon, le fossile le plus émetteur de dioxyde de carbone mais également d’autres particules néfastes à la qualité de l’air. Plusieurs gouvernements ont déjà adopté des programmes de fermeture des centrales utilisant ce combustible, considéré comme le plus menaçant pour le changement climatique par l’OCDE. Ainsi le Royaume Uni a annoncé la fermeture de ses centrales au charbon d’ici 2025. L’Allemagne s’est engagée à fermer huit des principales centrales au lignite. Les Pays-Bas, déjà condamnés par leur propre Cour de Justice à La Haye pour leur stratégie climatique négligente et forcés de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’un quart d’ici 2020 par rapport à leurs niveaux de 1990, font face à une coalition de professeurs les priant de fermer rapidement leurs centrales au charbon. Au-delà de l’Europe,  le cas de la Chine est parlant. Alors que l’économie est largement dépendante du charbon, la consommation de ce dernier commence à diminuer très progressivement. Face aux enjeux économiques (routes bloquées, avions cloués au sol, etc.) mais aussi une pression grandissante de la population civile face à la pollution de l’air, le pays investit massivement dans les énergies renouvelables comme l’énergie solaire ou éolienne. Et si le pays est toujours considéré comme un des principaux pollueurs de notre planète, il dispose aujourd’hui de la plus grande capacité d’énergie éolienne et la seconde en énergie solaire.

Les Etats-Unis se sont également engagés à fermer leurs centrales au charbon. Près de 40% de ces centrales ont été fermées sur le territoire depuis 2010. Le changement climatique est une cause qui tient particulièrement à cœur le Président américain. Cependant, son engagement doit faire avec l’opposition politique qui gouverne également le pays. Et c’est ici que réside le risque principal du Sommet COP 21 : quantité d’annonces de dirigeants de pays  doivent être traduites par des réglementations d’implémentation qui doivent être votées.

Obama en a déjà fait les frais avec un rejet du Sénat américain. En effet, la majorité républicaine a voté deux résolutions au Sénat annihilant les principales mesures de régulation du programme du gouvernement pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Avec ce refus, l’opposition montre son désaccord et son objection au Clean Power Plan du Président. La principale raison évoquée est économique. D’abord l’impact économique pour les pays fortement dépendants de l’exploitation du charbon. Ensuite, celui pour les centrales électriques forcées de réduire leurs émissions de dioxyde de carbone d’au moins un tiers d’ici 2030. Barak Obama, engagé et qui a prévu de se rendre à Paris, a déjà annoncé son véto contre les propositions du Sénat. Néanmoins, ces batailles politiques n’aident pas la cause du changement climatique puisqu’elles font perdre un temps précieux à une cause d’urgence. Il est évident que le défi politique est grand et ce risque pèse lourdement sur l’issue de la Conférence.

Dès lors, pouvons-nous compter sur l’engagement des investisseurs pour faire pression sur les autorités publiques pour adopter les mesures requises ?

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