Samedi 14/12/2019

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Perspectives 2018 : Green bonds, l’eldorado des obligations vertes (III)

Responsible Investment Strategist

Le changement climatique a indéniablement influencé les thématiques ESG ces dernières années. Cette tendance se poursuivra à l’avenir. Intimement liées, les émissions vertes sont toujours populaires. Preuve en est, l’émission de plusieurs Etats en 2017 (France, Pologne), y compris la Belgique.

Après une dizaine d’années d’existence, c’est l’heure du premier bilan pour le marché des obligations vertes. Comme l’investissement responsable, les obligations vertes, qui étaient auparavant un segment de niche, sont devenues un véritable catalyseur de changement sur le marché obligataire. Bien que leur taille (près de 315,4 milliards de dollars fin 2017) soit encore réduite par rapport du marché global des obligations, les fonds d’obligations vertes émergent çà et là, montrant l’appétit des investisseurs – principalement institutionnels – pour ceux-ci.

Les obligations vertes répondent à un certain nombre de critères : d’une part, les critères d’éligibilité des projets qui seront financés par l’émission et d’autre part, le rapport d’avancement sur les projets financés par l’émission. Les Principes des Obligations Vertes, adoptés en 2014, tentent de donner un cadre clair et complet sur les émissions vertes et ont contribué à son expansion. De plus, le groupe d’experts de haut niveau sur la finance durable (High-Level Expert Group on Sustainable Finance), désigné pour aviser la Commission européenne sur la question de la finance responsable, devrait créer également un cadre de référence des émissions vertes.

Au 31 octobre 2017, le total d’émissions de l’année dépassait les 100 milliards USD, chiffre légèrement supérieur aux 93 milliards atteints en 2016. Il s’agit de la 5e année record d’émissions du marché. Les estimations se situent entre 110 et 135 milliards d’émissions pour l’année 20181. Si ce marché était dominé depuis longtemps par la Banque Mondiale qui agissait en tant qu’émetteur quasi unique, il se diversifie en termes d’émetteurs privés, de secteurs et de maturité depuis 2013.
 

 

Les États montrent également de plus en plus d’intérêt pour ce type d’émissions. En effet, la Pologne est le premier pays à émettre une obligation verte étatique, et a rapidement été suivie par la France qui a connu un grand succès avec son obligation de 22 ans souscrite pour un total de 7 milliards d’euros. Enfin, sous l’impulsion de leur Présidence de la récente édition de la COP 23, les îles Fidji ont également émis une obligation verte de près de 50 milliards USD et deviennent, dès lors, les premiers pays émergents à émettre de pareilles obligations. En tenant compte des besoins d’adaptation et mitigation du changement climatique, le marché des obligations vertes des économies émergentes devrait croître rapidement.

 

Les compagnies d’assurance et autres investisseurs institutionnels à long terme sont assez friands des obligations vertes puisque leur profil d’investisseur les conduit à investir massivement en taux fixe pour réconcilier leurs obligations de paiement. L’investissement en impact fait partie généralement de leur stratégie d’investissement responsable. De plus, la réglementation, notamment l’article 173 de la loi française sur la transition énergétique, tend à pousser les détenteurs d’actifs vers ce type d’investissement afin de pouvoir démontrer une contribution claire pour une économie plus faible en carbone. Enfin, l’engouement pour les objectifs de développement durable va également soutenir le marché des obligations vertes dont le succès n’est pas près de s’essouffler ces prochaines années.

La semaine prochaine : l'évasion fiscale.

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1. Bank of America Merrill Lynch.

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