Dimanche 15/12/2019

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L’éducation et l’innovation, piliers essentiels de la durabilité

Responsible Investment Strategist

La durabilité d’un pays passe par la génération future. Investir dans les compétences aujourd’hui, c’est assurer la participation des individus dans l’économie, mais aussi un gage pour le financement des dépenses publiques du futur. Deuxième partie de notre analyse des critères ESG sur base de notre classement de durabilité.

Ici aussi, nous constatons des différences importantes entre les différents membres de l’OCDE. La crise financière et économique de 2008 a laissé des traces profondes dans les pays les plus touchés qui, suite aux restrictions budgétaires drastiques, ont dû couper également dans les dépenses à l’éducation.

De nombreux arguments

Et pourtant, les Etats ont plusieurs raisons d’investir dans la formation de leur population, puisque de meilleures compétences contribuent à :

  • Des salaires plus élevés et des meilleures perspectives d’emploi individuels ;
  • Une plus grande productivité et des profits plus élevés pour les entreprises ;
  • Des revenus fiscaux supérieurs pour les autorités publiques.

Accroître le niveau de compétences de sa population, c’est aussi réduire les niveaux de non-emploi ou encore hausser les standards de santé. Une étude récente de l’OCDE a démontré que les coûts publics d’éducation sont largement compensés par les revenus fiscaux supérieurs. Ainsi, pour chaque euro investi par les gouvernements dans l’éducation, plus d’un euro revient à ce dernier sous la forme de revenus supérieurs des taxes personnelles.

Cependant, les gains de compétence par dépense supplémentaire des Etats diffèrent considérablement entre ces derniers et les moyens adoptés par ceux-ci ; ainsi, les déductions fiscales et les crédits à la formation sembleraient moins efficaces que les prêts, les bourses ou les dépenses directes[1]. Pour les pays où le rendement sur compétences est faible, les revenus fiscaux attendus peuvent ne pas couvrir les dépenses supplémentaires au niveau tertiaire. Et ceci est particulièrement valable si les dépenses publiques sont déjà élevées.

Dépenses gouvernementales en éducation : retour sur investissement

Source : DPAM, OECD.

Il s’agit ici du retour d’investissement pour les gouvernements suite aux revenus des taxes supplémentaires par rapport aux coûts de l’éducation (coût direct, aides, etc.). Dans le cas des Pays-Bas ou du Portugal par exemple, les estimations de revenus sont plus du double du coût de l’investissement. Ceci s’explique d’une part par des dépenses relativement faibles en termes relatifs, mais aussi une prime sur le marché de l’emploi pour l’éducation de type tertiaire proportionnellement élevée.

Au sein de notre modèle de durabilité, nous regardons au-delà des investissements et dépenses et accordons également beaucoup d’importance aux résultats de ces investissements comme par exemple le niveau d’éducation acquis par les générations. Ce niveau d’éducation est déterminant sur les taux d’emploi et impacte donc également la croissance future des Etats.

Taux de chômage des jeunes (25-34 ans) par rapport au niveau d’éducation

Source : OCDE, DPAM.

Un manque d’investissement dans l’éducation est une vision court-termiste d’un Etat qui compromet son avenir en impactant la participation économique des individus, la croissance de la productivité, mais également les revenus fiscaux futurs et dès lors toute la croissance économique future.

Retrouvez la première partie de notre série, consacrée au critère environnemental.
 


[1] Taxation and Skills - OECD

 

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