Dimanche 31/05/2020

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Sustainability : quelles sont les perspectives 2017 ?

Responsible Investment Strategist

Le début d’année est propice aux perspectives pour l’année nouvelle. En ligne avec 2016, 2017 sera à nouveau dominé par le changement climatique mais également la gouvernance - qui reste très matérielle – en particulier l’éthique des affaires. Enfin la génération « millénial » continue à progresser et à dicter les comportements de consommation.

En résumé :

  • Le changement climatique restera indéniablement le sujet majeur pour 2017 et ses thèmes liés tels que l’économie bas carbone ou les émissions vertes.
  • La limitation du réchauffement climatique à 2° est un scénario à part entière de l’Agence Internationale de l’Energie.
  • Ce scénario requiert des investissements massifs. Dès lors le marché des obligations vertes continuera à être soutenu du côté de la demande comme de l’offre. Sa diversification ne cesse de s’améliorer en termes de secteurs et d’émetteurs.
  • En quittant le cercle de pensées de quelques écologistes ou investisseurs activistes, le scénario 2° prend toute sa signification et conduit à des reconsidérations majeures des constructions des portefeuilles d’investissements.
  • Si l’environnement et, en particulier, le changement climatique domineront les débats, l’éthique des affaires prend de plus en plus d’importance.
     

Changement climatique : impact et financement

Le changement climatique est à l’origine de nombreux mouvements sociaux et migratoires observés ces dernières années. Il  est une dimension de fragilité qui peut favoriser la montée en puissance de la violence, de l’instabilité politique et sociale et des mouvements extrémistes.

Quel avenir pour l’Accord de Paris après le Brexit et Trump ? La conscientisation du risque carbone comme risque économique, le développement des énergies renouvelables et la création d’emplois que le secteur représente et le changement de paradigme et des systèmes énergétiques des entreprises ont pris une telle ampleur que la machine est bien en route et difficile de mettre à l’arrêt complet. La Chine, victime de la pollution de son développement massif, est bien consciente des enjeux sociaux derrière cette problématique d’envergure, et se positionne comme la grande puissance économique qui reprend le flambeau de la lutte contre le réchauffement climatique ; l’Europe et les Etats-Unis ayant d’autres chats à fouetter.

Dans son dernier outlook mondial 2016 (World Energy Outlook), la prestigieuse Agence Internationale de l’Energie (AIE) intègre son scénario 450 reposant sur 50% de chance d’atteindre l’objectif 2 degrés de l’Accord de Paris ; perspective dorénavant intégrée dans son champ des possibles. ce nouveau scénario démontre la révolution opérée et ouvre la voie aux renouvelables pour une extension aux secteurs industriels, du bâtiment et des transports.

Financer l'économie bas carbone : les obligations vertes

Cette trajectoire de 2 degrés requiert des investissements estimés entre 650 et 860 milliards d’USD par an. Les obligations vertes, pesant actuellement près de USD 170 milliards, ont encore un bel avenir et resteront l’instrument financier le plus prolifique et permettront une plus grande diversification encore du marché en termes de secteurs et émetteurs. Même les Etats proches sont conscients de l’importance de ce nouvel outil d’investissement, promouvant davantage de transparence. L’exemple de l’obligation OAT green bond de la France émise cette semaine le démontre.

La responsabilité des investisseurs

Face au mouvement enclenché vers une économie bas carbone et l’appel à la responsabilisation de chacun, les investisseurs ne sont pas épargnés et appelés à rendre des comptes dans le cadre de la décarbonisation de leur portefeuille.

La décarbonisation est la réduction des émissions de CO2 au sein des portefeuilles d’investissement.

Le risque n’est pas nécessairement d’être surexposé aux technologies haut carbone mais aussi sous- investis en services et produits énergétiques de l’avenir. Le changement peut avoir des conséquences financières substantielles. Et le rôle des gérants d’actifs et conseillers financiers est d’appréhender les risques et opportunités de telles conséquences. Au-delà des calculs d’empreinte carbone des portefeuilles, des reportings en tout genre, l’investisseur devra surtout adopter une approche pragmatique de gestion de risques et opportunités. En challengeant les entreprises (et les Etats) face au risque réel des dits « stranded assets »[1] ou d’un prix carbone pertinemment fixé, il sera possible de distinguer celles aptes à rester compétitives dans un horizon à plus court terme que certains peuvent l’imaginer.

De plus en plus éthique

Enfin, volontairement ou non, l’investisseur sera aussi de plus en plus soucieux de l’éthique des affaires des émetteurs dans lequel il investit. En effet, d’une part, la réglementation va dans ce sens que ce soit la réglementation proactive ou les jugements post-évènements. D’autre part, la société civile et les investisseurs sont de plus en plus attentifs puisque l’éthique des affaires peut affecter les actionnaires et l’inégalité globale. En effet, l’éthique des affaires peut être mise à mal dans trois domaines principaux : la corruption, l’optimisation fiscale agressive et le comportement anti-concurrentiel.

Pour aller plus loin, découvrez les thèmes 2017 dans le document intégral.



[1] Actifs non brûlables des réserves d’énergies fossiles suite à la limitation des émissions de gaz à effet de serre pour un scénario de limitation du réchauffement climatique à 2° max. de ses niveaux pré-industriels.

 

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