Samedi 15/06/2019

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Social Impact Bonds : un « bond » vers l’innovation sociale

Head of Philanthropy

Lever des fonds privés afin de financer des actions sociales publiques, voilà l’objectif des Social Impact Bonds. Ce type de prêt, accordé par des organismes privés aux gouvernements, représente une véritable opportunité pour faire face au manque de financement des pouvoirs publics dans la résolution de certaines problématiques sociales. Tour d’horizon de cette solution « win-win ».

Un outil de financement innovant
On peut parler d’une révolution dans le financement du développement. Le dernier-né de la série des « social » et « impact », est le Social Impact Bond, appelé plus communément le « SIB ». Ce « Bond » est un contrat entre un investisseur social et le secteur public. L’investisseur s’engage à financer un programme social innovant qui permet à l’état d’économiser des deniers publics. L’état s’engage à son tour à rémunérer cet investisseur avec une partie des fonds qu’il aura économisés. Une idée en somme basée sur le principe du « win-win ».

Une solution aux problèmes sociaux
Ce concept nous vient du monde anglo-saxon. C’est au Royaume-Uni que le premier social impact bond fut lancé en 2010 lorsque Jack Straw, le Secrétaire à la Justice britannique annonça une collaboration avec plusieurs associations. Leur proposition : mettre sur pied un programme de suivi et de réinsertion de 3 000 prisonniers qui permettrait d’éviter la récidive et ainsi baisser les coûts d’incarcération. Si l’initiative permet une baisse de récidive de 7,5 % après six ans, les investisseurs recevront une partie des économies réalisées.

Des fondations, agences de développement et philanthropes investisseurs de plusieurs pays se lancèrent à leur tour dans l’aventure, Aux Etats-Unis, Barack Obama libéra en 2012 un budget de 100 millions de dollars pour lancer des projets pilotes.

Cette nouvelle forme de financement met à la portée des gouvernements de nouvelles perspectives de collaboration innovantes pour s’attaquer à des problèmes de société complexes et coûteux en intervenant la plupart du temps en amont, grâce à des programmes de prévention. Ce principe ouvre la porte aux initiatives de co-création publique et privée et donne accès à de nouveaux fonds privés, dans des secteurs où les finances publiques se font rares.

Un pari risqué mais nécessaire
Aussi enthousiasmant et audacieux soit-il, le projet n’est pas sans risques. L’Etat n’intervient dans le remboursement du programme que lorsque celui-ci a fait ses preuves. C’est là toute l’exigence et le risque de ce type d’investissement, qui n’en est aujourd’hui qu’à ses premiers pas. Il exige des associations en charge des programmes capables de mesurer leur impact avec précision, de l’évaluer et d’ainsi affiner leurs solutions. Les SIBS sont exposés aux changements de politique et s’attaquent à des problèmes souvent épineux sur une longue période. Mais la philanthropie et les investisseurs sociaux ont leur part de risque à prendre s’ils souhaitent s’atteler à ses enjeux de société qui nécessitent souvent un changement de cap important, avec les incertitudes que cela peut entraîner.

« Duo for a job »
Qu’en est-il chez nous ? Premier pays du continent européen à rejoindre le peloton des Etats ayant adopté les SIB, la Belgique s’est lancée en début d’année dans son tout premier programme. Le projet lie l’asbl « Duo For a Job » et l’Office Régional bruxellois de l’Emploi (Actiris) à travers un programme de mentoring de jeunes demandeurs d’emplois issus de l’immigration et des personnes expérimentées de plus de 50 ans. Ceux-ci pourront grâce à leur expérience et leur réseau accompagner ces demandeurs d’emplois dans leur recherche et éviter leur isolement face au monde du travail

En plus d’offrir aux chercheurs d’emplois un mentoring personnalisé et de permettre aux accompagnateurs de transmettre leur expérience, cette collaboration permet à l’Etat de baisser ses coûts de réinsertion et aux investisseurs de doubler leur retour financier d’un retour social.

Co-penser, co-investir, co-travailler pour co-créer de l’impact, c’est là le futur grand enjeu de notre société civile. Vous avez dit win-win ?

La Bank Degroof Petercam Foundation fait partie des premiers investisseurs dans le programme de « Duo for a job ». Ayant placé la lutte contre la précarité au cœur de sa mission, la Fondation soutient des projets innovants pour lutter contre le chômage et encourager l’entrepreneuriat. En investissant dans ce projet, la Bank Degroof Petercam Foundation souhaite poursuivre sa mission et encourager les nouvelles initiatives de partenariat.

Pour aller plus loin :

http://www.duoforajob.be/

http://www.socialfinance.org.uk/work/sibs

https://www.gov.uk/social-impact-bonds

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