Jeudi 18/04/2019

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Le mot à mot 2018 de Jérôme van der Bruggen

Head of Investments

Pour Jérôme van der Bruggen, quels sont les mots qui résument le mieux les tendances macroéconomiques et boursières de l’année à venir ?

 

DECEPTION
« Nous tablons sur une reprise modérée de l’inflation ».

« L’inflation ne cesse de décevoir les attentes, même aux Etats-Unis. De ce fait, les obligations américaines indexées à l’inflation n'affichent pas de bonnes performances. Nous gardons cependant nos positions car nous ne pensons pas que le ralentissement récent de l’inflation américaine ait un caractère durable. Les facteurs ayant le plus pesé sur les données récentes d’inflation américaine nous paraissent essentiellement transitoires (notamment la diminution de la contribution des prix de l’énergie, ainsi que la baisse des prix de téléphonie mobile). Par ailleurs, le contexte de croissance reste porteur et de nature à augmenter la demande de main-d’œuvre. Enfin, la chute du dollar cette année et son impact sur l’évolution des prix à l’importation ainsi que notre vue positive sur l’évolution des matières premières, nous incitent là également à tabler sur une reprise (modérée) de l’inflation. »
 

SURPRISE
« Les estimations des analystes revues à la hausse ».

« La croissance des bénéfices des entreprises se poursuit et les estimations des analystes pour 2018 sont raisonnables. Nous pensons qu’avec la croissance économique qui reste soutenue, il pourrait y avoir de bonnes surprises et que ces estimations pourraient être revues à la hausse, en particulier en Europe. C’est une des raisons pour lesquelles nous restons investis en actions malgré les incertitudes et malgré des marchés qui affichent des valorisations plutôt élevées. »
 

LIQUIDITE
« Elle restera abondante dans la zone euro l’année prochaine ».

« Les taux d’intérêt vont probablement augmenter cette année, mais de façon graduelle. En effet, si nous nous attendons à une reprise contenue de l’inflation, nous ne voyons pas de signes de forte accélération pour l’instant. Par ailleurs, même si les banques centrales sont en train de réduire leurs achats mensuels d’obligations, la liquidité restera abondante dans la zone euro l’année prochaine. C’est pourquoi, nous avons une sensibilité aux taux réduite, mais pas nulle. Selon nous, il n’y aura pas une hausse soudaine des taux. »
 

SELECTIVITE
« L’Europe attire toujours notre attention ».

« La hausse des bourses intervient dans un contexte sans précédent de taux extrêmement bas. Tout le monde est d’accord sur le fait que cette situation influence la hausse de toutes sortes de classes d’actifs : de l’immobilier aux crypto-monnaies, comme le bitcoin. La situation des bourses n’est pas aussi extrême, même si la bourse américaine est chère. On y traite des actions qui doivent être évitées comme ces sociétés qui ne génèrent pas suffisamment de liquidités pour financer leur croissance et se traitent à des multiples stratosphériques. Nous trouvons cependant sur ce même marché américain des valeurs encore intéressantes grâce au travail de sélection effectué par nos analystes. Les autres bourses se traitent à des multiples moins élevés. L’Europe, en particulier, attire toujours notre attention. »
 

PROTECTION
« L’or est une protection intéressante ».

« Nous gardons des positions en dollar et en or. Nous considérons ces actifs comme une diversification et une protection intéressante au cas où notre scénario de base ne se matérialise pas. Certes, le dollar est cher dans une perspective long terme, mais la Réserve fédérale est celle qui aura dans les prochains mois la politique monétaire la plus restrictive, ce qui devrait soutenir le billet vert. Par ailleurs, acheter de l’or présente un coût d’opportunité très bas compte tenu du niveau des taux réels. L’or constitue selon nous une protection si l’inflation venait à s’accélérer soudainement ou en cas de turbulence des marchés. »

 

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