Jeudi 18/04/2019

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Green bonds : stimulant du développement durable

Head of Real Estate

Le marché des green bonds n’est plus uniquement un concept : ces obligations, destinées à financer des projets liés à la transition énergétique ou à la protection de l'environnement, font désormais partie intégrante du paysage des marchés obligataires, et sont de vrais outils de communication pour les émetteurs. L’émission récente de €55 millions de Cofinimmo assistée par Banque Degroof Petercam en témoigne. Tour d’horizon de ce jeune marché prometteur.

Soixante-cinq milliards de dollars de green bonds ont été émis depuis le début de l’année 2016. Les green bonds ne sont plus uniquement un concept et font désormais partie intégrante du paysage des marchés obligataires. Ils s’inscrivent dans le mouvement mondial vers une économie sobre en carbone et permettent d’apporter des capitaux à des projets « verts » tout en satisfaisant à la demande croissante de produits favorables au développement durable.

Depuis la première émission d’un green bond par la Banque européenne d’investissement en 2007, plus de 150 milliards de dollars d’obligations de ce type ont été émis à travers le monde. Leur essor, attesté par les chiffres de 2016, a été porté par le dynamisme de la demande des investisseurs institutionnels et des établissements financiers, ainsi que par l’apparition d’un nombre croissant de fonds spécialisés dans les green bonds[1].

Concept et critères

Le phénomène des green bonds suscite un intérêt mondial et est en plein essor. Le concept est relativement simple, un green bond se distinguant d’une obligation standard par une utilisation spécifique des fonds levés. Le label « vert » certifie que les fonds levés sont utilisés exclusivement pour financer, ou refinancer, des projets, des actifs ou des activités « green » (ICMA, 2015).

Ce nouveau concept a suscité des craintes quant à la définition et à l’étendue de ces projets labellisés « verts ».  Par conséquent, pour garantir la cohérence et la transparence quant à l’utilisation des fonds levés à travers de green bonds, des normes et des critères ont commencé à voir le jour. Début 2014, par exemple, les acteurs du marché et les instances de gouvernance ont publié, par l’entremise de l’Association internationale des marchés de capitaux (ICMA), un ensemble de lignes directrices, les « Green bonds Principles » (GBP), afin d’encadrer l’émission des Green bonds et de promouvoir l’intégrité du développement de leur marché. Les GBP reconnaissent différentes catégories de projets potentiellement éligibles axés sur le thème du changement climatique, de la raréfaction des ressources naturelles, de la perte de biodiversité et du contrôle de la pollution. Les catégories couvrent par exemple les énergies renouvelables, le rendement énergétique, la gestion durable des déchets, l'utilisation durable des sols, la conservation de la biodiversité, etc.

Chiffres clés de l’expansion

Bien que la première émission d’un green bond par la Banque européenne d'investissement remonte à 2007, il a fallu attendre 2013 pour que ces obligations rencontrent le succès et deviennent synonyme d’un réel outil de créance sur le marché de la dette. C’est également en 2013 que le marché a clairement exprimé que l’émission d’un green bond n'était pas limité aux grandes banques institutionnelles. Cette année-là, EDF a émis le premier green bond privé (d’un montant d’1,4 milliard d’EUR) pour financer des projets d’énergie solaire et éolienne, ce qui a incité d’autres acteurs privés à suivre le mouvement.

Depuis, les chiffres annuels indiquent une tendance très encourageante, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous (Climate Bonds Initiative, Bonds and climate change : the state of the market in 2016, page 6.).

Au niveau national, la Belgique est arrivée récemment sur ce marché : son premier green bond a été émis par Aquafin pour un montant de 45 millions d’EUR en 2015, suivie tout récemment par une émission « Green & Social » de Cofinimmo en décembre 2016, une transaction accompagnée par Banque Degroof Petercam en tant que Joint Bookrunner. Ces 2 premières transactions seront très certainement suivies d’autres émissions dans un futur proche.

Mécanismes financiers

Les caractéristiques financières d’un green bond sont comparables à celles de toute autre obligation. Il s’agit d’un instrument financier à revenu fixe sur une période définie (avec une « échéance ») pour lequel l’émetteur s’engage à payer des intérêts convenus (« coupons ») et à rembourser le capital (« principal ») à l’échéance. La seule différence réside dans le label vert, qui atteste que l’émetteur s’engage à utiliser les produits de l’obligation pour des projets présentant un intérêt environnemental.

Concernant le pricing des green bonds, différentes études et analyses ont été faites, sans vraiment pouvoir constater de différenciation de prix, en tout cas au moment de l’émission. De fait, dans la plupart des cas, les rendements des green bonds ont été comparables à la courbe de rendement de l’émetteur. Sur le marché secondaire, les avis divergent. Il semble pertinent de mentionner qu’un rapport de Barclays (The Cost of Being Green, septembre 2015) indique une légère prime sur les transactions de green bonds (d’environ 20 pdb). Selon Barclays, ce phénomène est attribué à « une détermination des prix opportuniste, basée sur une forte demande des fonds axés sur l’environnement, qui est confrontée à une offre de Green bonds relativement limitée ». Ceci étant dit, il convient d’attendre des antécédents complémentaires et des données plus importantes avant de tirer des conclusions à cet égard.

L’expansion du marché des green bonds nécessite désormais la mise en place d’un suivi et d’une certaine forme de « benchmarking ». Au cours des dernières années, les banques, les agences de notation et les prestataires de services ont lancé des indices de green bonds afin de réduire les obstacles à l’information et d’attirer les investisseurs classiques en quête d’investissements pouvant être « benchmarkés », tels que, par exemple, l’indice Bank of America Merrill Lynch Green Bond et l’indice Barclays MSCI Green Bond.

Les bourses de valeurs ont également participé à l’essor de ce type de produit et, à ce jour, des Green bonds sont cotées à Londres, Oslo, Luxembourg et Stockholm.

Évolution future

La création d’un environnement adapté, tant pour l’offre que pour la demande, est essentielle au développement durable du marché des green bonds. Les acteurs du marché et les responsables politiques doivent poursuivre leurs efforts de création d’un environnement transparent et efficace pour attirer les capitaux vers les projets verts (en créant des définitions de catégories vertes, en établissant des notations fiables, en améliorant le profil risque/rendement et les avantages fiscaux, etc.). Les initiatives, qui étaient jusqu'à présent basées sur l'information et la transparence, vont probablement évoluer vers la création d’engagements juridiquement contraignants.

L’évolution des montants d’émission des green bonds permet d'être optimiste quant à l'avenir de ce type d'instrument de créance. Les principaux moteurs de ce marché : l’intérêt grandissant des investisseurs et, pour les émetteurs, la possibilité de communiquer sur leurs projets verts et leurs politiques de développement durable.

Parce qu’ils drainent davantage de capitaux vers des projets à faible émissions de carbone tout en répondant à une demande croissante de produits labellisés verts, les green bonds représentent une étape incontournable en faveur d'une économie durable.

Vous désirez plus d'informations sur les green bonds ? N’hésitez pas à prendre contact avec nos experts Jean-Baptiste Van Ex et Patrick Moermans


[1] OECD Report, Green bonds, mobilizing the debt-capital market for a low-carbon transition, p7, 2016.

 

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