Mardi 18/02/2020

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Monthly Market News

Investment Desk Analyst

L'épidémie du coronavirus chinois a pris le dessus sur tous les autres moteurs des marchés financiers au mois de janvier. Notre expert, Johan Gallopyn, analyse l’impact de ce virus sur les marchés des actions, des obligations, des devises et des matières premières.

Marchés d'actions : comment évaluer l'impact économique ?

Au cours de la première quinzaine du mois de janvier, les marchés d’actions ont poursuivi sur leur lancée de l’année passée, grâce à l’accord commercial partiel signé entre les États Unis et la Chine et à l’amélioration des perspectives économiques. Le regain de tensions entre les États-Unis et l’Iran n’aura été que de courte durée. L’épidémie du coronavirus en Chine a complètement effacé les gains engrangés en janvier. En effet, cette crise pourrait bien entraver la reprise naissante de l’activité économique. Pour évaluer l’impact de ce nouveau coronavirus, une comparaison est généralement faite avec le virus SRAS de 2003. Pour estimer les conséquences économiques, le marché doit tenir compte de l’impact du virus sur le plan médical (en termes de contagiosité et de taux de mortalité), de ses répercussions sur l’activité économique en Chine et du poids de la Chine dans l’économie mondiale. Lors des épidémies précédentes, l'impact économique avait été de courte durée. La bourse chinoise n’a pas directement réagi à la crise, car elle était fermée à l’occasion des célébrations du nouvel an chinois. La publication des bénéfices des entreprises pour le quatrième trimestre de 2019 a également attiré l’attention des marchés d’actions. À la fin du mois, pratiquement la moitié des entreprises du S&P500 avaient publié leurs résultats. Ceux-ci sont (traditionnellement) meilleurs que prévu. Les entreprises technologiques comme Apple, Amazon ou Microsoft ont affiché de belles performances. Et les résultats des producteurs de semi-conducteurs ont également été bien accueillis. La croissance des bénéfices au quatrième trimestre pour le S&P500 demeure jusqu'à présent légèrement négative (-0,3 %). Les prévisions bénéficiaires pour le trimestre en cours sont revues à la baisse, mais à un rythme inférieur à la moyenne.

 

Marchés obligataires : retour des investissements « refuges »

Les craintes concernant l'impact économique du coronavirus ont poussé les rendements obligataires à la baisse dans le monde entier. La timide hausse des rendements enregistrée depuis le dernier trimestre de l'année passée a été complètement neutralisée. Le taux allemand à 10 ans est ainsi passé de -0,19 % en début de mois à -0,44 %, alors que le taux américain s’est replié de 1,92 % à 1,52 %. Malgré le regain d’instabilité politique en Italie, le spread des obligations italiennes s’est contracté en janvier. Le président du Mouvement Cinq Étoiles, Luigi Di Maio, a démissionné, mais cela n'a pas mis le gouvernement en danger. En outre, le partenaire de coalition, le Partito Democratico, a obtenu des résultats meilleurs que prévu à des élections régionales, alors que la Lega de Matteo Salvini espérait gagner pour ainsi déstabiliser encore davantage le gouvernement. En janvier, les spreads des obligations d’entreprises ont augmenté légèrement dans le segment « investment grade » (titres de qualité) et un peu plus dans le segment « high yield » (titres à haut rendement). Les nombreuses nouvelles émissions d’obligations d’entreprises au début de l’année ont été rapidement absorbées par le marché. L’aversion générale au risque a joué un rôle durant la seconde quinzaine du mois.

 

Banques centrales : continuité

Les banques centrales des principales régions du monde ont tenu une réunion de politique monétaire le mois dernier, mais aucune n’a annoncé de changement. La Réserve fédérale américaine n’a quasiment rien changé dans sa communication officielle et ne considère pour le moment pas le coronavirus comme une menace qui devrait l'inciter à adapter sa politique. La Banque centrale européenne s’est montrée  légèrement plus optimiste à propos des perspectives économiques dans la zone euro. Le marché se demande maintenant si la BCE va ajuster sa politique monétaire dans le courant de l'année 2020 lorsqu'elle révisera ses options politiques. La banque centrale norvégienne a confirmé qu’elle observait une pause après avoir resserré sa politique monétaire à plusieurs reprises. La Banque d'Angleterre (BoE) a laissé son taux inchangé. À court terme, la BoE n’aura pas besoin de procéder à un assouplissement de politique étant donné le regain de confiance des entreprises enregistré après l’officialisation de l’accord sur le Brexit.

 

Devises : monnaies « sûres » en hausse

Le dollar s’est renforcé durant le mois de janvier et tente de rompre le niveau de 1,10 vis à vis de l’euro. Les chiffres économiques aux États-Unis restent solides, alors qu’ils ont en partie déçu en Europe. Outre le dollar, d'autres devises « sûres » comme le franc suisse et le yen japonais ont également eu le vent en poupe. Le franc suisse est notamment influencé par la décision des États-Unis de placer la Suisse sur sa liste des pays à surveiller en raison de leur politique de change. Le marché part donc du principe que la banque centrale suisse sera moins encline à freiner l’appréciation de sa monnaie. La livre britannique est parvenue à conserver ses gains engrangés au cours des derniers mois, alors que le Royaume-Uni vient officiellement de quitter l'UE et que la période de transition a débuté. Les autres dollars se sont repliés à cause de la baisse des prix des matières premières, alors que la couronne norvégienne a perdu du terrain en raison du recul du cours du pétrole. La devise chinoise s’est renforcée au cours de la première moitié du mois, suite à la signature de la première phase de l’accord commercial avec les États-Unis. Mais durant la seconde quinzaine, la plupart de ces gains sont partis en fumée en raison des craintes autour du coronavirus.

 

Matières premières : l'or à contre-courant

Le cours du pétrole a connu de fortes fluctuations en janvier. Au début du mois, le baril de Brent a grimpé au-dessus des 70 dollars suite à l’élimination du général iranien Qassem Soleimani par les Américains. La réaction pondérée de l'Iran a permis d’éviter une escalade et le cours de l’or noir est rapidement retombé au niveau auquel il se trouvait avant l’attaque. La propagation du coronavirus chinois a ensuite alimenté les craintes d’un ralentissement de la demande mondiale de pétrole, en raison de l’impact de cette crise sur la croissance économique, en premier lieu en Chine. Le cours du pétrole est par conséquent tombé sous la barre des 60 dollars le baril. Et cela, malgré l’arrêt quasi complet de la production en Libye, suite à un regain de tension entre les différents groupes rivaux dans le pays. L’OPEP+ envisage d’avancer la réunion prévue en mars à février afin de décider d’une éventuelle prolongation des restrictions de production. Les matières premières industrielles se sont toutes repliées. Le cuivre a, dans un premier temps, poursuivi sur son élan positif de décembre, mais s’est ensuite replié à cause du coronavirus et a finalement clôturé le mois sur une baisse de 9,9 % (en dollars US). L’or a connu deux épisodes de hausse en janvier, tout d’abord en réaction au conflit iranien et ensuite en raison des incertitudes autour de l’impact économique du coronavirus. Le cours du métal jaune a atteint son niveau le plus élevé depuis avril 2013.

 

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