Vendredi 22/11/2019

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Monthly Market News

Investment Desk Analyst

L’ambiance n’était pas vraiment au beau fixe sur les marchés financiers en août. Les tendances économiques et l’escalade du conflit commercial ont provoqué d’importantes fluctuations sur les marchés des actions, des obligations, des devises et des matières premières. Notre expert, Johan Gallopyn, analyse pour vous les événements marquants du mois dernier.

Marchés d'actions : escalade du conflit commercial et crainte de récession

Début août, par tweet interposé, le président Trump annonçait son intention d’instaurer, à partir du 1er septembre, une taxe sur les importations de marchandises chinoises qui avaient été épargnées jusque-là. S’en est suivi une nouvelle surenchère des droits de douane dans les deux camps. La Chine a, en outre, répondu en dégainant une nouvelle arme : la dépréciation de sa monnaie. Par conséquent, les marchés ont commencé à craindre d’autres dépréciations compétitives et les cours ont baissé de plus de 5 %. La correction a de surcroît été alimentée par la publication de plusieurs chiffres économiques décevants en Chine et dans la zone euro (surtout en Allemagne). Les craintes de ralentissement de l’économie mondiale se sont alors transformées en craintes de récession. La baisse des rendements obligataires à long terme a entraîné une inversion de la courbe des taux, un phénomène considéré dans le monde financier comme un signe avant-coureur assez fiable (mais pas infaillible) de récession.
D’autres risques comme la situation économique en Argentine, la probabilité de plus en plus grande d’un Brexit dur et la crise gouvernementale en Italie ont également pesé sur le moral des investisseurs. Vers la fin du mois, les marchés d’actions étaient parvenus à récupérer une partie des pertes encourues. Exprimées en euros, les différentes régions ont réalisé une performance assez comparable, à l’exception des actions des marchés émergents qui sont restées à la traîne.

  


Marchés obligataires : nouveaux caps franchis

En août, l’évolution des marchés obligataires a été dictée par deux tendances qui ont une nouvelle fois poussé les taux encore plus bas. Tout d’abord, la publication de chiffres économiques plus faibles que prévu en Europe et en Chine a fait baisser les rendements obligataires. Ces chiffres supposent la mise en place de nouvelles mesures de soutien monétaire des banques centrales. Par ailleurs, en raison des risques politiques élevés, les investisseurs ont cherché refuge dans les obligations d’État, plus sûres.
Aux États-Unis, le taux à 10 ans est passé sous le taux à 2 ans, inversant ainsi la courbe des taux. En outre, le taux à 30 ans a chuté pour la première fois sous la barre des 2 % aux États-Unis. En Allemagne, le taux à 10 ans a continué de baisser et a atteint -0,7 %. Le taux à 30 ans est, pour sa part, tombé pour la première fois en négatif. En Italie, la chute du gouvernement a provoqué un rebond bref mais intense des taux italiens à long terme (+35 points de base en 2 jours). Mais la surprise créée par la rapide formation d'une nouvelle coalition entre le Mouvement 5 Étoiles et le Parti démocrate a ensuite fait baisser le taux à 10 ans en dessous de 1 % pour la première fois de l'histoire. Les spreads des obligations d’entreprise se sont écartés, mais la hausse est restée assez limitée pour les obligations « investment grade ».Les spreads des titres « high yield » ont quant à eux connu un net regain de volatilité ces dernières semaines. 


Banques centrales et politique monétaire : vers un assouplissement en septembre

Le mois d’août a été marqué par le symposium annuel des banquiers centraux à Jackson Hole. Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale a, à cette occasion, dressé un tableau modérément positif de l'économie américaine et a répété que la Fed prendrait les mesures nécessaires pour soutenir l'expansion. Cela semble coïncider avec les attentes du marché, lequel prévoit une nouvelle baisse de taux de 25 points de base en septembre.
La Banque centrale européenne devrait également passer à l’action en septembre. Certaines autres banques centrales se sont aussi fait entendre le mois passé. La banque centrale norvégienne a ainsi maintenu son taux inchangé comme prévu, mais s’est montrée plus prudente par rapport à l’avenir après ses précédentes hausses de taux (la plus récente ayant été opérée en juin). En raison de l’incertitude engendrée par le conflit commercial et le Brexit, les futurs relèvements de taux prévus pourraient être remis en question. La banque centrale néo zélandaise a, pour sa part, créé la surprise avec une baisse de taux plus forte que prévu de 50 points de base à 1 %, le niveau le plus bas jamais enregistré. Le contexte international pèse sur la confiance de leurs entrepreneurs et, en outre, la situation se dégrade sur leur marché immobilier.


Devises : des monnaies « refuges » toujours prisées

L’escalade du conflit commercial a également eu un impact sur le marché des changes. Le mouvement le plus marquant a été la dépréciation de la monnaie chinoise sous la barre des 7 yuans pour 1 dollar. Ce seuil n’avait plus été franchi depuis 2008. Les autorités semblent désormais tolérer une monnaie plus faible en raison de l'escalade du conflit commercial. Cet affaiblissement rend en effet les marchandises chinoises moins chères à l’exportation, ce qui permet de compenser (en partie) les nouveaux droits de douane imposés aux États-Unis.
Comme le mois précédent, les devises refuges telles que le yen japonais et le franc suisse ont fortement progressé en août. En revanche, les devises des pays émergents ont souffert. Les évolutions dans le dossier du Brexit ont rendu la livre sterling très volatile et la devise a renoué avec son plancher post-Brexit. Mais la monnaie britannique a néanmoins clôturé pratiquement inchangée vis-à-vis de l’euro par rapport au mois précédent. La couronne norvégienne a reculé d’environ 2% par rapport à l’euro en raison de la position prudente de la banque centrale et de la faiblesse du prix du pétrole. Le dollar néo-zélandais a perdu 3 % par rapport à l’euro suite à la baisse inattendue des taux.


Matières premières : retour à l’avant-plan pour l’or

Le prix des matières premières (indice GSCI) a fortement baissé en août (-6% en USD), mais cela est dû en grande partie au pétrole (-5,9%). Les métaux industriels sont quant à eux parvenus à limiter les dégâts à -1.5% et les métaux précieux ont fortement progressé (+6.9%). Le cours de l’or noir a de nouveau souffert de la surenchère dans le conflit commercial qui oppose les États-Unis à la Chine. Le baril de Brent a surtout chuté au début du mois, en passant sous la barre des 60 dollars. Les métaux industriels ont également pâti du ralentissement de la croissance mondiale et des tensions commerciales, deux phénomènes qui pèsent sur la demande de ces matières premières. Le nickel (+24% en USD) a fait exception à la règle, comme cela avait déjà été le cas le mois précédent. Le prix du métal a augmenté en raison de problèmes liés à l’offre en Indonésie. Le prix de l’or a poursuivi sur sa lancée grâce à son statut de « valeur refuge » et dans un environnement de baisse des taux sans risque.

 

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