Vendredi 20/09/2019

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Monthly Market News

Investment Desk Analyst

La Réserve fédérale, Boris Johnson et les résultats trimestriels sont les trois thèmes qui ont dominé le mois de juillet. Notre expert, Johan Gallopyn, analyse pour vous les événements qui se sont déroulés sur les marchés des actions, des obligations, des devises et des matières premières au cours du mois écoulé.

Marchés d’actions : saison des résultats en demi-teinte

Les marchés d’actions ont bien débuté le mois de juillet et ont connu un petit rallye de soulagement après le sommet du G20 de fin juin. Le scénario redouté de nouveaux droits de douane américains sur les importations chinoises n’a provisoirement pas encore eu lieu. Les cours ont néanmoins cessé de grimper dans le courant du mois. Les actions américaines se sont distinguées favorablement. Le S&P 500 a ainsi battu un nouveau record et a clôturé pour la première fois au-dessus de la barre des 3000 points. Les chiffres économiques restent meilleurs que prévu aux États-Unis et un accord sur le relèvement du plafond de la dette a pu être trouvé sans qu’aucune nouvelle fermeture des services publics (« shutdown ») ne soit nécessaire. Les actions européennes sont restées à la traîne et ont clôturé le mois à peine en positif. Le recul de l’activité industrielle dans l’économie européenne, la plus forte présence des valeurs financières dans les indices européens, l’escalade des tensions commerciales avec les États-Unis suite à l’instauration d’une taxe sur les grandes entreprises technologiques (américaines) en France et le risque croissant d’un Brexit sans accord sont autant d’éléments qui pèsent sur les marchés européens. Maintenant qu’environ 55 % des entreprises du S&P 500 et 40 % des entreprises européennes ont publié leurs chiffres, les résultats du deuxième trimestre semblent pouvoir déjà être qualifiés de mitigés. Tant le nombre d’entreprises qui dépassent les attentes que les surprises positives sont conformes à la moyenne historique. Les sociétés du secteur de l’industrie laissent néanmoins entrevoir un environnement plus difficile, que ce soit aux États-Unis ou en Europe. En Europe, plusieurs entreprises cycliques ont procédé à un avertissement sur résultats (BASF, Daimler,…), alors que des sociétés exposées à des marchés sensibles aux tensions commerciales (SAP par exemple) ont déçu les attentes. Les entreprises actives dans le domaine des semi-conducteurs semblent en revanche plus positives (ASML par exemple). Le creux du cycle pourrait être en vue pour ce secteur. Au niveau agrégé, les deux régions devraient encore afficher des chiffres de croissance bénéficiaire légèrement négatifs pour le deuxième trimestre.

 

Marchés obligataires : nouvelle baisse du taux allemand à 10 ans

Le taux des obligations allemandes à 10 ans s’est à nouveau replié et a atteint -0,40 %. Les autres émetteurs publics de la zone euro ont suivi le mouvement. La baisse des taux italiens s’est accélérée suite à la décision du gouvernement de revoir ses engagements budgétaires afin d’éviter le déclenchement d’une procédure de déficit excessif par la Commission européenne. L'augmentation des dépenses d’allocations et la réforme des pensions ont été reportées. En un mois, le taux à 10 ans italien a chuté de 50 points de base à 1,60 %, malgré les tensions toujours bien vives entre les deux partis de la coalition au pouvoir, la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles. L’impasse dans les discussions pour la formation d’un gouvernement en Espagne, où de nouvelles élections deviennent possibles, semble ne pas avoir eu beaucoup d’influence sur le marché obligataire espagnol. Les taux américains ont légèrement augmenté en juillet, mais sont tout de même restés proches de leurs récents planchers, autour de 2 %. Les spreads des obligations d’entreprise européennes se sont à nouveau contractés en juillet pour le segment des obligations de qualité « investment grade ». Les obligations d’entreprise à haut rendement (« high yield ») ont réalisé une performance plus mitigée.

 

Banques centrales et politique monétaire : la Fed diminue ses taux

Comme attendu, la banque centrale américaine a abaissé son taux directeur de 0,25 % le dernier jour du mois. Il s'agit de la première baisse depuis la crise financière de 2008 et celle-ci est, de manière générale, considérée comme une mesure de précaution. Les derniers chiffres économiques se sont avérés meilleurs que prévu, mais les indicateurs avancés pointent un ralentissement de l’activité industrielle. Tous les yeux étaient donc tournés vers la Fed pour savoir quelles étaient ses intentions en matière de politique monétaire. La banque ne s’est finalement pas montrée aussi accommodante que prévu et rien ne dit qu’elle procédera à une autre baisse de taux prochainement. Tout dépendra en fait de l’évolution de l’économie dans les prochaines semaines. La Banque centrale européenne a laissé son taux directeur inchangé en juillet, mais a clairement fait savoir qu’elle allait l’abaisser en septembre en raison d’une inflation toujours obstinément inférieure à son objectif. D'autres options d'assouplissement monétaire sont encore sur la table, comme le redémarrage du programme d'achat d'obligations. Cette annonce est, quoi qu’il arrive, attendue avant la fin de la présidence de Mario Draghi (fin octobre). Sa successeur, Christine Lagarde, devrait, selon toute vraisemblance, mener une politique monétaire au moins aussi souple.

 

Devises : la livre à son plus bas depuis le référendum sur le Brexit

Suite à l’élection de Boris Johnson à la tête du parti conservateur et du gouvernement britannique, le dossier du Brexit semble encore loin d’être résolu. Le nouveau gouvernement, essentiellement composé de partisans du Brexit, a déjà déclaré qu’il ne ferait aucun compromis sur la question du filet de sécurité irlandais et qu’il exigerait sa suppression pure et simple de l’accord de divorce ; ce que l'Union européenne a toujours refusé. Le marché estime par conséquent que la probabilité d’une sortie du Royaume-Uni sans accord le 31 octobre a augmenté, ce qui se reflète dans le cours de la livre sterling. Celle-ci se rapproche de son niveau le plus bas enregistré depuis le référendum de 2016, tant vis-à-vis de l’euro que par rapport au dollar. Le coup de mou du dollar américain n’aura pas duré en juin. Les chiffres économiques plus forts que prévu publiés aux États-Unis ont poussé le marché à revoir ses prévisions les plus agressives en matière d’assouplissement monétaire légèrement à la baisse. Par ailleurs, le président Trump a de nouveau tenté de faire baisser le billet vert par tweets interposés et a accusé d'autres pays de manipuler leur monnaie, en ce compris la zone euro. D’autres devises « refuges » comme le franc suisse et le yen japonais ont également bien progressé (les deux ont gagné plus de 3 % au cours des 3 derniers mois).

 

Matières premières : l'or poursuit son appréciation

Le prix du pétrole s’est légèrement replié, mais a globalement fluctué autour de 65 dollars le baril. Le cours est actuellement soumis à des forces contradictoires avec, d’une part, la persistance des tensions dans le Golfe Persique (où une perturbation aurait cependant moins d’impact sur l’offre globale étant donné la montée en puissance du pétrole de schiste américain) et la décision de l’OPEP et d’autres producteurs de prolonger la limitation de production de 1,2 million de barils par jour actuellement en vigueur de neuf mois (jusqu’à fin mars 2020) et, d’autre part, le ralentissement de la croissance mondiale, qui va peser sur la demande de pétrole. Les prix des matières premières sont restés relativement stables après la baisse de ces derniers mois, à l’exception du cours du nickel qui a atteint son plus haut en deux ans (+14,4 % en dollars US) en raison d’un possible arrêt des exportations de l’Indonésie à partir de 2022, une décision justifiée par la volonté du pays de favoriser le développement de sa propre industrie de l’acier inoxydable. Après sa hausse du mois de juin due aux prévisions de baisses de taux des banques centrales, l'or s’est encore apprécié le mois passé.

 

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