Samedi 19/10/2019

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Monthly Market News

Investment Desk Analyst

Les tensions commerciales entre les États-Unis et leurs partenaires commerciaux ont pesé sur les marchés boursiers, qui étaient en hausse depuis le début de l’année. Les placements considérés comme des « valeurs refuges » ont gagné du terrain. Notre expert, Johan Gallopyn, analyse pour vous les événements qui se sont déroulés sur les marchés des actions, des obligations, des devises et des matières premières au cours du mois écoulé.

Marchés d’actions : victimes des tensions commerciales

Après quatre mois consécutifs de hausse des cours, les marchés d’actions ont fortement dévissé en mai et ont perdu plus que la totalité des gains qu’ils avaient engrangés en avril. L’augmentation inattendue des droits de douane sur les importations chinoises alors que les négociations étaient toujours en cours, le recentrage du conflit sur le secteur technologique avec la décision d’interdire les livraisons technologiques au groupe chinois Huawei et la menace de Trump d’imposer des droits de douane sur les importations mexicaines (tant que le pays n’aura pas pris de mesures pour juguler l’immigration) ont rappelé aux investisseurs que les marchés allaient devoir vivre avec les tensions commerciales pendant encore un certain temps. Ces incertitudes surviennent alors que les perspectives économiques mondiales sont déjà plutôt orientées à la baisse. Au niveau géographique, le plus net recul a été enregistré par les marchés asiatiques (-8,8 % en euro). Les autres régions ont concédé plus de 5 %. Sur le plan sectoriel, ce sont les actions des secteurs de la technologie et de l’automobile qui ont été les plus touchées. Les résultats publiés pour le premier trimestre ont finalement dépassé les prévisions, qui avaient été revues à la baisse. Les entreprises du S&P 500 ont en effet vu leurs bénéfices stagner, alors que les prévisions faisaient état d’un recul de 4 % au début du trimestre. Les chiffres d’affaires ont pour leur part progressé de 5 %. Les projections pour le deuxième trimestre ont également été revues à la baisse, avec une croissance des bénéfices négative d’environ -2 % attendue en fin mai. Au début du trimestre, ce taux était encore attendu à 0 %. Une révision qui s’inscrit dans la moyenne.

 

Marchés obligataires : taux de plus en plus bas

Les rendements des obligations d’État de référence allemandes et américaines se sont fortement repliés en mai. Le taux à 10 ans allemand s’est encore enfoncé en négatif et a renoué avec son plus bas de juillet 2016 (-0,20 %), qui avait été atteint au lendemain du référendum sur le Brexit et du lancement du programme d’achat d’obligations de la BCE. L’aversion pour le risque des investisseurs suite à l’escalade des tensions commerciales, sur fond de perspectives de croissance économique déjà relativement faibles, a poussé les rendements vers le bas. Les taux américains sont également retombés à leur niveau le plus bas depuis septembre 2017 et se trouvent déjà à 100 points de base du pic qui avait été enregistré à l’automne de l’année dernière. Les taux italiens n’ont pas suivi cette tendance baissière. La progression de la Ligue aux élections européennes ont en effet rendu la situation politique de nouveau plus instable. En outre, Rome risque de se lancer dans un nouveau bras de fer avec l’Europe à propos de son budget. Le différentiel (spread) entre les obligations italiennes et allemandes a, dans ce contexte, augmenté de 35 points de base. Les rendements obligataires en Espagne et au Portugal ont en revanche également baissé et les spreads se sont même légèrement contractés. Les obligations d’entreprises ont, pour leur part, vu leurs spreads se creuser pour la première fois de l’année. Tant le segment « investment grade » que le segment « high yield » ont dû faire face à des prises de bénéfices.

 

Banques centrales et politique monétaire : au second plan

Les banques centrales américaine et européenne sont restées au second plan au mois de mai. Dans le procès-verbal de sa dernière réunion, la Réserve fédérale considère la faiblesse des chiffres de l’inflation comme temporaire, ce qui justifie sa position attentiste. En Europe, la BCE s’est montrée encore plus prudente par rapport aux perspectives de reprise économique au second semestre. La banque centrale norvégienne a, quant à elle, confirmé qu’elle allait poursuivre son cycle de resserrement des taux, avec probablement un nouveau relèvement dès juin. Et d’autres hausses de taux pourraient encore suivre cette année et l’année prochaine. La Norvège n’adopte donc pas la même position attentiste que les autres banques centrales, comme la BCE ou la Riksbank suédoise.

 

Devises : une livre sterling tout de même sensible à l’incertitude autour du Brexit

Les devises considérées comme sûres ont gagné du terrain en mai. Le yen japonais et le franc suisse ont ainsi profité du regain d’aversion pour le risque des investisseurs. De même que le dollar américain, mais dans une moindre mesure. La couronne norvégienne s’est appréciée durant la première quinzaine du mois suite à la confirmation des prévisions de taux de la banque centrale, mais s’est ensuite repliée à cause de l’affaiblissement des prix pétroliers. Après s’être renforcée depuis le début de l’année, malgré les incertitudes autour du Brexit, la livre sterling s’est fortement dépréciée en mai, cédant une grande partie des gains qu’elle avait engrangés depuis le mois de janvier. Les discussions entre conservateurs et travaillistes ont échoué et Theresa May n’est même pas parvenue à soumettre, pour une quatrième fois consécutive, son projet de sortie à l’approbation du parlement. La Première ministre a par conséquent présenté sa démission, ouvrant ainsi une nouvelle période d’incertitude. Le renminbi chinois a perdu 2,0 % en mai en raison de l’escalade des tensions commerciales, mais n’a jusqu’à présent pas encore dépassé la barre des 7 vis-à-vis du dollar. Ce niveau était déjà apparu comme un niveau de support en fin 2016 et en fin 2018.

 

Matières premières : les incertitudes poussent les cours à la baisse

Le cours du pétrole a, pour la première fois de l’année, diminué en mai (-11,4 % en dollars américain) et a clôturé le mois largement en dessous de la barre des 70 dollars le baril. L’escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine alimente les doutes sur la croissance économique et donc sur la demande de pétrole. En outre, les stocks de brut aux États-Unis se sont avérés plus importants que prévu. Pourtant, après la décision de Trump de ne pas prolonger les dérogations à l’embargo sur le pétrole iranien le mois passé, plusieurs escarmouches dans le golfe Persique ont rappelé à quel point l’approvisionnement était vulnérable dans la région. Ces 25 et 26 juin, l’OPEP, la Russie et plusieurs autres pays producteurs vont se réunir afin de statuer sur une éventuelle prolongation des restrictions de production. Les prix des métaux industriels se sont fortement repliés en mai. Le cours du cuivre (-9,2 % en dollars américain) est retombé à son niveau du début de l’année, principalement à cause des perspectives de croissance toujours incertaines et du regain des tensions commerciales. Le cours de l’or a fortement fluctué dans le courant du mois, mais a finalement clôturé au-dessus des 1 300 dollars l’once après que Trump a menacé d’imposer des droits de douane sur les importations mexicaines. Le métal noble a, dans ces conditions, pu profiter de son statut de « valeur refuge ».

 

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