Lundi 20/05/2019

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Monthly Market News

Investment Desk Analyst

Les résultats des entreprises étaient au centre de toutes les attentions en avril, étant donné l’accalmie du côté des banques centrales et l’absence de nouveaux développements concernant le Brexit ou les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine. Notre expert, Johan Gallopyn, analyse les événements sur les marchés des actions, des obligations et des matières premières.

Marchés des actions : les résultats d’entreprise sous la loupe

En avril, les marchés des actions ont poursuivi leurs solides prestations du premier trimestre. Les actions de la zone euro (MSCI EMU) ont gagné 5,1 % en avril. Les valeurs américaines ont réalisé une performance comparable, alors que les indices américains S&P500 et Nasdaq ont battu de nouveaux records historiques. Outre les thèmes qui influençaient déjà la situation depuis plusieurs mois (banques centrales plus flexibles, pas d’escalade du conflit commercial USA-Chine et stabilisation de la croissance économique), le marché a réagi favorablement à la publication des résultats qui s’avèrent « moins mauvais que l’on craignait ». Aux États-Unis, plus de 40 % des entreprises du S&P 500 ont déjà communiqué leurs chiffres à la fin avril. Alors que les prévisions avaient été revues fortement à la baisse ces derniers mois, le nombre d’entreprises ayant dépassé les attentes est aujourd’hui supérieur à la moyenne. La croissance des bénéfices pour ce trimestre reste néanmoins négative pour l’indice dans son ensemble (-2,3 % à l’heure actuelle). La croissance des chiffres d’affaires s’élève à +5,1 %, soit un chiffre globalement conforme aux attentes. Les entreprises demeurent relativement prudentes dans leurs commentaires pour les prochains trimestres. En Europe, les résultats des entreprises du Stoxx600 dépassent aussi les attentes, mais dans une moindre mesure qu’aux États-Unis. La croissance des bénéfices au premier trimestre est positive en Europe (+4 %) avec une croissance des chiffres d’affaires de 4 % également, pour les entreprises ayant déjà publié leurs résultats. De plus, le marché est soutenu par les montants records que les entreprises consacrent au rachat de leurs propres actions.

 

Marchés des obligations : stabilité

Les marchés obligataires sont restés relativement stables en avril. Le taux allemand à 10 ans a continué de fluctuer autour de zéro et le taux américain à 10 ans autour de 2,5 %. De même à la fin du mois, le taux obligataire américain a connu une légère pression à la hausse après la publication d’un taux de croissance du PIB supérieur aux prévisions, avec 3,2 % pour le premier trimestre. Cela s’explique par la publication immédiatement après le taux de croissance d'un taux d’inflation (inflation PCE sous-jacente) retombé à 1,6 %, son niveau le plus faible en 14 mois. Pendant le mois, le spread des obligations d'État italiennes a bondi de plus de 30 points de base par rapport aux obligations allemandes. Le marché n’était pas vraiment rassuré par la révision annoncée de la note de solvabilité de l’Italie par Standard & Poor’s. Cette note était de BBB (avant-dernier niveau de la catégorie « investment grade »), mais la croissance économique décevante des deux derniers trimestres (récession technique) et le déficit budgétaire qui sera plus élevé que prévu cette année, alimentaient la probabilité d'une révision à la baisse. Cependant, S&P a confirmé sa note de BBB avec une perspective négative, resserrant à nouveau le spread. Les élections parlementaires en Espagne ont débouché sur une victoire du parti socialiste PSOE du Premier ministre Sanchez. On peut s’attendre à ce que la formation du nouveau gouvernement prenne du temps. Sur le marché obligataire, les obligations d’État espagnoles n’ont pas bougé. Les spreads des obligations d’entreprises poursuivent leur mouvement à la baisse depuis le début de l’année, tant dans le segment « investment grade » que le segment « high yield ».

 

Banques centrales et politique monétaire : prudence renforcée

Du côté des banques centrales, avril a été un mois calme. La banque centrale japonaise s’est montrée un peu plus concrète en précisant qu’elle ne modifierait pas son taux à court terme et son objectif pour le taux à long terme pendant encore au moins un an. En décembre, la banque centrale suédoise a augmenté son taux à court terme pour la première fois en sept ans et elle a confirmé une nouvelle fois en février la poursuite de la normalisation progressive de la politique monétaire. Mais au cours du mois écoulé, la Riksbank a rejoint d’autres banques centrales et leur perspective de taux plus souple en précisant qu’un nouveau relèvement des taux n'interviendrait qu’à la fin de l’année ou au début de l’année prochaine. Toutefois, le marché a surtout été surpris par l’annonce du lancement d'un nouveau programme de rachat pour les obligations d'État, à partir de juillet et jusque fin 2020, pour un montant de 45 milliards de couronnes suédoises. Il n’y a pas davantage de relèvement des taux en perspective par la banque centrale canadienne.

 

Devises : affaiblissement des marchés émergents

Le dollar est resté fort en avril par rapport aux autres monnaies principales, atteignant son plus haut niveau par rapport à l’euro depuis deux ans pendant le mois. La vigueur de la devise américaine s’explique notamment par la tenue globalement meilleure des indicateurs économiques pour les Etats-Unis en comparaison d’autres régions, mais elle contrebalance aussi la faiblesse des devises de plusieurs marchés émergents. La faiblesse de ces devises reste essentiellement limitée à quelques mauvais élèves, comme la livre turque et le peso argentin. Ces monnaies ont reculé respectivement de 6,0 % et 2,1 % par rapport à l’euro. Les deux États restent très dépendants du financement externe de leurs dettes et ils sont confrontés, en outre, à des incertitudes politiques. La couronne suédoise s’est affaiblie face à l’euro (-2,1 %) après la décision inattendue de la banque centrale. Des valeurs refuges telles que le franc suisse et le yen japonais ont été plus faibles. La livre britannique a également dû concéder du terrain après le second report de l’échéance du Brexit, un report qui redonne vigueur à plusieurs scénarios potentiels et qui renforce donc l’incertitude.

 

Matières premières : le pétrole à son plus haut niveau depuis six mois

Le prix du pétrole a encore augmenté en avril (+6,4 % en dollars américains), atteignant brièvement 75 dollars le baril dans le courant du mois. Au début de l’année, le prix n’était encore que de 50 dollars. L’augmentation survenue pendant le mois s’explique en grande partie par la fin des exemptions à l’embargo sur le pétrole iranien, signifiée par le gouvernement américain à plusieurs pays en novembre dernier. Ces exemptions se sont toujours voulues provisoires, mais le refus de les prolonger a néanmoins surpris étant donné le niveau déjà élevé des prix pétroliers. Vers la fin du mois, les prix ont légèrement reculé après que le président Trump aurait contacté l’OPEP pour maintenir l’offre à niveau. Aucune décision n’a encore été prise sur le prolongement des réductions de la production par l’OPEP+ après juin, mais des commentaires de l’Arabie saoudite pointent dans cette direction. La vigueur des prix pétroliers ne contamine pas d’autres matières premières. Les métaux industriels ont reculé malgré l’amélioration de plusieurs indicateurs économiques de la Chine, que le marché avait néanmoins déjà anticipée. L’or a aussi concédé du terrain parce que les investisseurs ont montré moins d’intérêt pour les placements « refuges ».

 

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