Jeudi 05/12/2019

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What's next in 2019? Jérome van der Bruggen : "Mes deux événements-clés"

Head of Investments

Sous l’influence de déséquilibres économiques résultant largement des tensions entre la Chine et les États-Unis, l’économie mondiale décélère et la possibilité d’un ralentissement sérieux commence à inquiéter les marchés financiers. Un tel scénario peut cependant être évité, pour autant que deux événements clés se réalisent. Par Jérôme van der Bruggen, Head of Investment Strategy.

1. Premièrement, une suspension – sans doute temporaire – de la remontée des taux d’intérêt directeurs aux États-Unis.

En matière de politique monétaire, c’est la Fed (la Réserve fédérale ou banque centrale américaine) qui donne le La dans le monde. Le fait que sa politique soit encore en pleine phase restrictive est en décalage avec le ralentissement de l’économie mondiale. Paradoxalement, la suspension de la remontée des taux aux États-Unis permettrait non seulement d’éviter que les États-Unis ne ralentisse trop fortement mais elle stabiliserait aussi la Chine. Pourquoi ? Parce que la politique monétaire menée par la Fed crée une pression à la hausse sur le dollar ; pression néfaste pour les pays émergents dans leur ensemble et singulièrement pour la Chine. La devise chinoise, le Renminbi, est toujours accrochée au dollar, ne fût-ce que psychologiquement. La Chine a longtemps prôné la stabilité de sa devise par rapport au dollar comme signe de sa bonne santé financière et de sa fiabilité sur les marchés des changes. Lorsque le dollar se renforce sur les marchés des changes – suite à la remontée des taux aux États-Unis –cet « accrochage » du Renminbi au dollar comporte donc un coût pour la Chine en termes de compétitivité et l’affaiblit davantage à un moment où elle doit faire face à l’instabilité de son économie domestique (la bourse chinoise a perdu USD 2,300 milliards de sa valeur en 2018, affichant une baisse de 25%).

 

"Les marchés financiers s’attendent à deux événements clés pour 2019
afin que l’économie mondiale puisse sortir de sa phase de ralentissement :
une suspension de la hausse des taux aux Etats-Unis
et un plan de relance fiscale en Chine."

 

2. Second événement clé : l’implémentation par les autorités chinoises d’un plan de relance fiscale d’envergure.

La Chine tente depuis plusieurs années de freiner le développement de son secteur bancaire parallèle. Celui-ci finançait historiquement une grande partie sa croissance mais il est difficilement contrôlable. Les autorités ont donc mis en place des mesures visant à le canaliser. Ces mesures ont eu un certain succès mais ont eu pour résultat un ralentissement général de l’octroi de crédit qui a contribué à l’affaiblissement de sa croissance. En décembre 2018, la confiance des chefs d’entreprises en Chine est tombé au plus bas depuis mai 2017. La consommation chinoise commence elle aussi à être touchée si l’on en croit les chiffres de ventes de voitures qui chutent fortement depuis l’été 2018. Les autorités ont donc commencé à mettre en place des mesures de relance monétaires. Elles iront sans doute plus loin et implémenteront des mesures fiscales au cours de 2019. Premiers signes : lors de la conférence annuelle fixant les priorités économiques et qui a eu lieu du 18 au 21 décembre 2018, les autorités chinoises ont déjà annoncé certaines de nouvelles mesures fiscales. Entre autres : l’émission d’obligations par les autorités locaux afin de financer des projets d’infrastructure pour près de USD 300 milliards. Il va de soi que ces mesures n’auront d’impact réel que si elles viennent de pair avec un assouplissement des tensions commerciales avec les États-Unis.

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