Dimanche 20/10/2019

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Où en est la Belgique dans le domaine de la numérisation ?

La compétitivité et la capacité d’innover d’un pays s’appuyent notamment sur les compétences numériques de sa population. Et seuls les pays qui arrivent à bien encadrer leurs talents digitaux et leurs tech-entrepreneurs tireront un maximum de profit de cette capacité d’innover. Au travers de cinq dimensions, les économistes de Degroof Petercam passent en revue les forces et les faiblesses de la Belgique. Si bon nombre de pays européens se trouvent actuellement derrière nous, que devons-nous faire pour garder cette avance sur eux ?

 

Alexander De Croo, ministre de l’Agenda numérique, affirme que le renforcement des compétences numériques de la population belge doit constituer une priorité politique absolue pour l’année à venir. La numérisation est un facteur important pour la compétitivité de notre économie et une composante majeure de la recherche et du développement, l’un des domaines sur lesquels l’économie belge doit miser. Il convient en outre d’éviter que des talents et des entrepreneurs belges spécialisés dans le numérique émigrent vers la Silicon Valley parce que le contexte national constitue pour eux une entrave, en raison d’une infrastructure déficiente, d’une réglementation excessive et complexe ou d’un manque de possibilités de financement. À l’heure actuelle, où en est la Belgique en matière de numérisation ? Quels sont les atouts et les faiblesses de notre pays dans ce domaine ? Quel rôle les autorités peuvent-elles jouer sur ce plan ?

La Belgique dans un contexte européen

Les progrès dans le domaine de la numérisation peuvent être mesurés sur la base de l’indice composite de l’économie et de la société numériques (Digital Economy and Society, DESI) de la Commission européenne. Cet indice existe pour tous les pays de l’Union européenne et englobe trente indicateurs pertinents couvrant cinq dimensions : la connectivité, le capital humain, l’utilisation de l’Internet, l’intégration de la technologie et les services publics numériques. Le score DESI pour la Belgique en 2017, qui se base en grande partie sur des chiffres de 2016, s’élève à 0,61, ce qui positionne notre pays à une honorable sixième place au classement européen.

Notre pays réalise des performances honorables sur le plan de la numérisation.
Il fait donc partie d’un groupe de pays performants.

La Belgique progresse par rapport à l’année précédente, mais perd une place au profit du Luxembourg. Notre pays réalise donc des performances honorables sur une base comparative. Il fait par conséquent partie d’un groupe de pays performants au sein duquel figurent également le Danemark, la Finlande, la Suède, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Irlande, le Luxembourg et l’Estonie.

Atouts et faiblesses

L’examen du score DESI par catégorie révèle où se situent nos atouts et nos faiblesses actuelles en la matière. La connectivité, qui est la première dimension, constitue un atout évident, puisque la Belgique occupe en 2017 la troisième place du classement basé sur ce critère. Parmi les pays voisins, seuls les Pays-Bas et le Luxembourg réalisent de meilleures performances. Des améliorations sont cependant possibles en ce qui concerne le taux de pénétration du haut débit mobile et le prix des connexions fixes à haut débit.

La deuxième dimension, le capital humain, constitue un critère nettement moins favorable : notre pays figure à la onzième place au classement européen. Malgré le pourcentage élevé d’usagers de l’Internet, de personnes possédant des compétences numériques fondamentales et de spécialistes des TIC (Technologies de l’information et de la communication) que compte la Belgique, la part très faible que représentent les diplômés des filières scientifiques, technologiques et mathématiques constitue un problème évident. À terme, cette situation peut s’avérer préjudiciable à la capacité d’innovation et au potentiel de croissance économique de notre pays.

L’utilisation de l’Internet, la troisième dimension, est globalement bonne. Parmi nos voisins, seuls les Pays-Bas et le Luxembourg nous précèdent.

La quatrième dimension, l’intégration de la technologie numérique dans la vie économique, constitue également un atout manifeste. Un nombre élevé d’entreprises utilisent des logiciels pour échanger des informations numériques au niveau interne, et la Belgique possède un nombre élevé de PME qui vendent des produits ou services en ligne et qui sont actives en dehors du territoire belge. Sur ce point, la Belgique se classe à la cinquième place du classement européen et fait donc mieux que tous ses voisins.

La cinquième dimension, celle des services publics numériques, est plutôt un point faible de l’économie belge : notre pays arrive à la treizième place du classement européen. La structure étatique fédérale de la Belgique constitue sur ce plan un obstacle de taille en ce qui concerne la fourniture de services publics numériques cohérents.

Digital Belgium

Les autorités peuvent jouer un rôle important sur le plan de la numérisation d’une économie, car il s’agit d’un domaine étroitement lié à l’enseignement, à l’infrastructure et aux retombées sur d’autres secteurs. La vision et les contours de la politique numérique de la Belgique ont été présentés en 2015 par le ministre De Croo dans le plan « Digital Belgium 2020 ». Le plan a trois objectifs principaux. Premièrement, atteindre le top 3 du classement DESI. Deuxièmement, créer 1.000 nouvelles start-ups. Troisièmement, créer 50.000 nouveaux emplois numériques dans divers secteurs. Notre pays ne manque donc pas d’ambition et les progrès constants montrent que nous évoluons dans le bon sens.

Conclusion

La Belgique réalise un bon score sur le plan de la connectivité, de l’utilisation de l’Internet et de l’intégration importante des technologies numériques dans les entreprises. Son point faible est le nombre insuffisant de personnes possédant une expertise numérique et de services publics numériques. La résorption de la pénurie de diplômés dans les filières scientifiques, technologiques et mathématiques, en particulier, doit rester une priorité politique. Une collaboration accrue entre le réseau d’enseignement et le monde de l’entreprise semble constituer une solution évidente. La Belgique n’a donc pas raté le train du numérique, mais des progrès sont indispensables.

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