Jeudi 18/04/2019

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Monthly Market News

Investment Desk Analyst

Mai a été un mois agité. Les marchés des actions, des obligations et des devises n’ont pas été uniquement secoués par la crise politique en Italie. Notre expert Johan Gallopyn revient sur les principaux événements qui ont marqué ce mois.

Marché d’actions

DLe mois de mai a commencé sur les chapeaux de roue pour les actions. Dopés par les solides bénéfices des entreprises pour le premier trimestre, les marchés ont donc poursuivi sur leur lancée d’avril. Plusieurs événements ont néanmoins été source de volatilité, et notamment le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et les incertitudes quant à la tenue du sommet entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un. L’atmosphère a changé à partir de la seconde quinzaine du mois, lorsqu’il est devenu clair que l’Italie allait être dirigée par un gouvernement populiste qui risque d’entrer en conflit avec l’Europe. L’aversion pour le risque qui en a résulté et l’appréciation du dollar américain sont les deux raisons pour lesquelles l’Europe a été le marché boursier le moins performant du mois. Sans surprise, les actions italiennes ont encore plus souffert et ont perdu pratiquement toute l’avance qu’elles avaient prise sur le marché européen depuis le début de l’année. Les marchés émergents ont également connu un mois difficile, et en particulier la région d’Amérique latine, à cause des problèmes économiques en Argentine et au Brésil. L’indice MSCI Latin America a ainsi reculé de 14,1 % en euros. À la fin du mois, les États-Unis ont décidé de ne pas prolonger l’exemption temporaire dont bénéficiaient l’Europe, le Canada et le Mexique sur les droits de douane appliqués aux importations d’aluminium et d’acier. Une décision qui a de nouveau réveillé le spectre d’une guerre commerciale.

 

 

Marchés obligataires

IL’évolution la plus marquante du mois a eu lieu sur les marchés obligataires. L’explication se trouve dans le climat d’incertitude créé par les nombreux retournements de situation durant la formation du gouvernement en Italie et les possibles répercussions de l’arrivée au pouvoir d’une coalition formée par le Mouvement 5 Étoiles et la Ligue. La mise à exécution du programme gouvernemental va entraîner une augmentation de la dette publique et les positions eurosceptiques des deux partis constituent aussi une source de préoccupation, même si celles-ci ne sont pas stipulées noir sur blanc dans le programme. Le taux des obligations d’État italiennes à 10 ans est passé, en un mois, de 1,8 % à 3 %. Pendant ce temps, le taux des obligations allemandes - considérées comme des valeurs refuges en période d’incertitude - a reculé de 0,6 % à 0,3 %. Les autres pays périphériques ont également souffert, bien que dans une bien moindre mesure. La chute du gouvernement Rajoy en Espagne n’a pratiquement pas provoqué de remous, étant donné la position pro-européenne du nouveau premier ministre socialiste, Pedro Sánchez, qui respectera les règles budgétaires. Aux États-Unis, les taux à long terme sont repassés sous la barre des 3 %, malgré des indicateurs économiques pointant une stabilisation, voire une amélioration, de la dynamique. Les investisseurs qui ont retiré leurs billes du marché européen ont trouvé refuge dans les obligations d’État américaines, considérées comme plus sûres. Les marchés émergents ont, par ailleurs, aussi essuyé des sorties de capitaux. Enfin, le climat général d’aversion pour le risque a joué en défaveur des obligations d’entreprises.

 

 

Banques centrales et politique monétaire

Le mois a été calme pour les banques centrales. La Banque centrale européenne s’est globalement abstenue de faire des commentaires sur la situation politique en Italie, même si elle s’est montrée inquiète face à l’augmentation inévitable du déficit budgétaire en cas de mise à exécution du programme gouvernemental. Les économistes se sont, pour leur part, demandé si cela pourrait avoir un impact sur le timing du démantèlement du programme d’achat d’obligations de la BCE prévu à partir de septembre. Le rapport de la dernière réunion du FOMC (Federal Open Market Committee) montre que la Réserve fédérale est optimiste en ce qui concerne les perspectives économiques et voit l’inflation atteindre la barre des 2 %. Le marché a interprété cela comme la confirmation que le deuxième relèvement de taux de 2018 aura bien lieu en juin. En revanche, rien dans le rapport n’indique s’il faut encore s’attendre à un ou deux resserrements supplémentaires cette année. Les avis sur le marché sont également partagés à ce sujet. En Suisse, une votation sera organisée le 10 juin sur la possibilité de ne plus permettre aux banques d’octroyer des crédits aux entreprises et aux ménages sans qu’un montant correspondant ne soit mis en réserve auprès la banque centrale. Pour les partisans du « oui » à la question soumise à référendum, l’objectif est de rendre le système financier plus sûr et d'apporter ainsi une nouvelle réponse aux enseignements tirés au lendemain de la crise financière de 2008. Les opposants, dont fait partie la banque centrale suisse, craignent en revanche les conséquences sur l’économie. D’après les sondages, la proposition n’obtiendra pas la majorité.

 

 

Devises

Sur le marché des changes aussi, le mois de mai a été caractérisé par un regain d’intérêt pour les valeurs refuges. L’euro a perdu du terrain par rapport aux autres grandes monnaies. Le dollar a gagné 3,6 % et a pratiquement atteint le niveau de 1,15 vis-à-vis de la monnaie européenne au plus fort des incertitudes autour de l’Italie. La publication de chiffres plus favorables aux États-Unis que dans la zone euro et l’avantage de taux qui en découle pour les obligations américaines ont aussi pesé dans la balance. Les autres monnaies refuges ont également bien progressé. Le yen et le franc suisse ont respectivement grimpé de 3,9 % et 4,0 % vis-à-vis de l’euro. Pour la monnaie suisse, il s’agit néanmoins d’un rebond après plusieurs mois plutôt faibles. La couronne norvégienne s’est aussi renforcée (+1,5 % par rapport à l’euro) faisant suite à la hausse des prix pétroliers et à la confirmation par la banque centrale qu’un relèvement des taux après l’été faisait toujours partie des possibilités.

 

 

Matières premières

Comme prévu, les États-Unis se sont retirés de l’accord sur le nucléaire qui avait été conclu en 2015 avec l’Iran conjointement avec la Russie, la Chine, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Concrètement, cela signifie que l’embargo sur les exportations iraniennes de pétrole sera réactivé dans six mois. Cette annonce a, dans un premier temps, provoqué une hausse du cours du baril au-dessus des 80 dollars. L'Arabie saoudite a ensuite surpris les observateurs en annonçant vouloir alléger ses réductions de production, en vigueur depuis le début de 2017, afin de compenser la diminution de l’offre en provenance d’Iran et la chute de la production au Venezuela. Une décision probablement prise sous la pression des États-Unis. Ce projet devrait être concrétisé lors de la réunion de l’OPEP et de la Russie prévue les 22 et 23 juin. Cette annonce a fait repartir le cours de l’or noir à la baisse. Les métaux industriels restent, quant à eux, bien orientés, grâce à la demande. Malgré le climat d’incertitude qui a prévalu en mai, le cours de l’or n’a pratiquement pas bougé, et ce en raison de l’appréciation du dollar.

 

 

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