Jeudi 05/12/2019

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Monthly Market News

Investment Desk Analyst

Les actions européennes ont réalisé de solides performances en avril et, depuis le début de cette année, peuvent à nouveau produire des chiffres positifs. Le taux obligataire américain a atteint 3 %. Notre expert, Johan Gallopyn, analyse les principaux événements survenus le mois passé sur les marchés d’actions, des obligations et des devises.

Marché d’actions

Les actions ont enregistré de bonnes performances durant le mois d'avril et la zone euro (MSCI EMU +4,9 %) a fait mieux que les autres régions. La plupart des marchés d'actions sont ainsi repassés en positif depuis le début de cette année. Les valorisations et le renforcement du dollar font le jeu des actions européennes. Les actions américaines sont restées un peu à la traîne le mois dernier à présent que le taux obligataire atteint le niveau de 3 %. Ce seuil n'est évidemment que symbolique, mais il a tout de même une influence sur la valorisation relative des actions américaines par rapport aux obligations. C'est aussi la raison pour laquelle la saison pourtant excellente des résultats aux États-Unis ne conduit qu'à une réaction assez modérée des cours. Les bénéfices déjà publiés fin avril sont supérieurs de pas moins de 23 % au premier trimestre de l'année précédente pour les entreprises du S&P500. Si cette tendance se confirme, nous assisterons alors à la plus forte croissance bénéficiaire enregistrée en dix ans. Ces solides performances s'expliquent par l'impact de la réduction d'impôts, dont les premiers effets se sont fait sentir au premier trimestre, et aussi par la vigueur de la croissance économique. Les chiffres d'affaires rendus publics dépassent d'ailleurs aussi les prévisions. En Europe, les chiffres dépassent également les attentes, mais moins qu'aux États-Unis. Les marchés émergents ont en général enregistré de moins bonnes performances en raison du dollar plus fort, même si la région asiatique (MSCI EM Asia +0,1 % en euro) a tout juste pu maintenir la tête hors de l'eau tandis que la région d'Europe de l'Est (MSCI EM Eastern Europe -4,8 % en euro) accuse une régression prononcée par la chute des actions et de la devise russe.

 

Marchés obligataires

Dans le courant du mois d'avril, le taux américain à 10 ans a dépassé momentanément les 3 %. Depuis le début de cette année, le taux à long terme a déjà augmenté de 55 points de base. Par les signaux d'une augmentation plus rapide que prévu de l'inflation sous-jacente, les marchés en sont venus à attendre un rythme plus rapide d'augmentation du taux à court terme. Le taux européen ne suit pas cette tendance. Le taux allemand à 10 ans n'a augmenté que de 6 points de base en avril et, depuis le début de cette année, le taux n'est supérieur que de 13 points de base. La dynamique de croissance différente et les prévisions qui en découlent pour la politique monétaire doivent être considérées comme des moteurs importants de cette tendance. Les obligations périphériques continuent d'enregistrer de bonnes prestations. Les spreads italiens par rapport aux obligations allemandes diminuent même encore, malgré l'impasse politique dans laquelle se trouve l’Italie. Deux mois après les élections, il n'y a toujours aucune ébauche de gouvernement. Le scénario de nouvelles élections après l'été ne peut être exclu. Les obligations d'entreprises ont à nouveau vu les spreads diminuer et ont ainsi compensé une partie de la variation du mois précédent.

 

 
Banques centrales et politique monétaire

Lors de sa dernière réunion, la Banque centrale européenne a reconnu que l'économie européenne traversait une période de croissance ralentie, mais a signalé que celle-ci pouvait s'expliquer en partie par des facteurs temporaires. Elle reste convaincue que l'inflation évoluera vers son objectif de 2 %. Les prévisions pour la politique monétaire restent donc inchangées, mais les propos prudents du président Draghi peuvent indiquer que la BCE se prononcera seulement un mois plus tard qu'initialement prévu (en juillet et non en juin) sur l'évolution du programme d'achat pour les obligations après septembre. Après les chiffres économiques qui indiquent aux États-Unis une pression croissante sur les prix, le marché part du principe que la Réserve fédérale restera assez stricte dans ses commentaires à propos de la future politique monétaire. Sur la base des Fed Fund futures, la chance de 3 augmentations supplémentaires des taux cette année est estimée à près de 50 % contre 30 % seulement il y a un mois à peine. Le marché estime une nouvelle hausse très probable des taux en juin. La Bank of England s'est vue confrontée au cours de la période écoulée à des chiffres économiques décevants, tant en ce qui concerne l'inflation que la croissance. Une augmentation des taux dans le courant du mois de mai est dès lors devenue douteuse.

 

Devises

Le dollar profite quand même de l'avantage lié aux intérêts qu'offre la devise par rapport à la plupart des autres « grandes » devises. Par rapport à l'euro, il s'est approché du niveau de 1,20 à la fin du mois. Aux États-Unis, de plus en plus d'indicateurs révèlent une pression croissante sur les salaires, ce qui peut conduire à un rythme plus rapide des augmentations des taux par la Fed. Dans la zone euro, en revanche, l'affaiblissement récent de la croissance économique incitera encore davantage la banque centrale à ne pas se précipiter pour la normalisation de la politique monétaire. Néanmoins, on ne peut pas parler d'un euro faible le mois dernier. La livre britannique a perdu une partie des gains par rapport à l’euro du mois précédent après des chiffres de croissance décevants de telle sorte qu'une augmentation des taux s'avère moins probable ce mois-ci. Le franc suisse s'est affaibli également, baissant jusqu'à 1,20 et a atteint dès lors le niveau antérieur à janvier 2015, lorsque la Suisse a renoncé au rattachement à l'euro. La couronne suédoise a de nouveau dû céder pas mal de terrain (-3,0 % par rapport à l'euro en avril), de sorte que la perte atteint déjà 7,7 % depuis le début de cette année. La banque centrale suédoise reste très prudente à la lumière d'une inflation faible et d'un marché résidentiel frileux et a de nouveau reporté les prévisions d'une augmentation des taux jusqu'à la fin de cette année.

 


Matières premières

Le prix du pétrole Brent vient de franchir la limite de 75 euros par baril, le niveau le plus élevé depuis fin 2014. Les réserves de pétrole tendent à revenir à leur moyenne à long terme grâce à la forte demande par la croissance économique mondiale et les limitations de la production de l'OPEP et de la Russie. Par ailleurs, il semble de plus en plus que les États-Unis vont résilier le deal nucléaire avec l'Iran, ce qui risque de relancer l'instabilité dans la région. En ce qui concerne les métaux industriels, il faut remarquer les sauts du prix de l'aluminium. Le cours est passé de 2.000 à 2.600 dollars par tonne pour clôturer le mois vers 2.250 dollars par tonne. La volatilité est la conséquence des sanctions économiques  annoncées par les États-Unis contre la Russie à l'occasion du conflit en Syrie et qui touchent également l'un des plus gros producteurs d'aluminium au monde (l’entreprise russe Rusal). Les autres métaux industriels ont enregistré des résultats mitigés. Le prix de l'or est retombé aux environs de 1.300 dollars l'once, surtout vers la fin du mois. Un dollar plus fort, , mais aussi le taux croissant aux États-Unis et le relâchement des tensions géopolitiques rendent ce métal précieux moins attractif.

 

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