Jeudi 18/04/2019

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Monthly Market News

Investment Desk Analyst

Le printemps se fait attendre. Sur les marchés d’actions aussi. Notre expert, Johan Gallopyn, analyse les principaux événements survenus le mois passé et au cours du premier trimestre sur les marchés d’actions, des obligations et des devises.

Marché d’actions

Après un début sur les chapeaux de roue en janvier, les marchés d’actions ont été frappés par des vents contraires et ont finalement clôturé le premier trimestre dans le rouge. En février, ces difficultés provenaient principalement des taux. Après la publication d'une hausse des salaires plus importante que prévu aux États-Unis, le marché s'est en effet rendu compte qu'il n'anticipait pas suffisamment de resserrements de taux de la Réserve fédérale (Fed). Les marchés sont également restés faibles en mars (-3,3 % en euros pour le MSCI US). La politique monétaire (la Fed a adopté une posture plus sévère dans ses prévisions) reste une source d'inquiétude permanente, mais d'autres facteurs ont aussi alimenté le climat de nervosité, à savoir les droits de douane imposés sur les importations d'acier et d'aluminium ainsi que les mesures commerciales prises à l'encontre de la Chine par l'administration américaine, la pression qui pèse sur Trump dans le dossier de l'ingérence russe dans les élections présidentielles et le scandale Facebook (utilisation de données privées à des fins politiques), qui a eu des répercussions sur le reste du secteur des technologies. Les sociétés GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) représentent un peu moins de 10 % du marché américain d’actions, mais elles ont tout de même été responsables de 25 % de la performance l'année passée. Or, pendant la correction de mars, le secteur de la technologie a obtenu de moins bonnes performances que le marché, non seulement aux États-Unis, mais aussi en Europe et en Asie. La performance des marchés émergents était en ligne avec les pays développés le mois passé (-2,7 % en euros pour le MSCI EM), mais la région s’est mieux comportée au premier trimestre.

 

 

Marchés obligataires

Le taux américain à 10 ans a encore atteint un niveau de 2,92 % dans le courant du mois de février, son niveau le plus haut en plus de quatre ans. Les commentaires de la banque centrale et les chiffres et prévisions économiques favorables (grâce à la diminution des impôts) ont en effet poussé les taux à la hausse. Ensuite, les taux sont repartis à la baisse en raison des turbulences sur les marchés d'actions et du regain d'intérêt des investisseurs pour les placements plus sûrs qui s'en est suivi. Les mesures commerciales annoncées jusqu'à présent par le gouvernement américain restent certes limitées, mais en cas d'escalade, l'augmentation des droits de douane pourrait faire grimper l'inflation. À plus long terme, ces mesures pourraient avoir un impact négatif sur la croissance mondiale. Les taux européens ont globalement suivi la même tendance, même si leur recul depuis le dernier pic est plus prononcé (taux allemand à 10 ans 0,50%). Les indicateurs avancés pour l'Europe montrent que le niveau d'activité économique reste solide, mais que le pic de ce cycle conjoncturel est probablement derrière nous. En outre, les derniers chiffres de l'inflation pour la zone euro demeurent relativement faibles. Les rendements obligataires des pays de la périphérie ont tenu bon durant les turbulences sur les marchés d'actions. Aucune 'contagion' n'a donc été constatée, malgré le regain d'aversion pour le risque ou le résultat des élections en Italie. L'écart entre les taux italiens et allemands s'est légèrement creusé en mars, alors que celui entre les taux espagnols et portugais s'est considérablement resserré. Les spreads des obligations d'entreprises ont légèrement augmenté.

 

 


Banques centrales et politique monétaire

Lors de sa première réunion sous la présidence de Jerome Powell le mois passé, la banque centrale américaine a, comme prévu, relevé son taux directeur. Plus important, la Réserve fédérale a modifié ses prévisions concernant l'évolution future des taux. Si elle table toujours sur un total de 3 hausses de taux en 2018, elle s'attend à un rythme de resserrement plus rapide au cours des prochaines années (jusqu’à 2020). Les mesures budgétaires du gouvernement (diminution des impôts et augmentation des dépenses publiques) ont été considérées comme un facteur stimulant de plus pour une économie qui se porte déjà bien. La Banque centrale européenne n'a pas modifié sa politique monétaire, mais a tout de même fait un petit pas en direction d'une normalisation en abandonnant son allusion à une possible augmentation du volume et de la durée de son programme de rachat d’actifs en fonction des circonstances. La Banque d'Angleterre a, comme prévu, maintenu son taux directeur au même niveau en mars, mais a laissé la porte ouverte à un resserrement en mai. C'est également ce que le marché prévoit, malgré l'essoufflement récent de l'inflation.

 

 

Devises

Le dollar n'a pas profité de la hausse des taux ni de la position légèrement plus restrictive de la banque centrale américaine (-1,0% par rapport à l’euro). La perspective d'une possible escalade des tensions commerciales a pesé sur la monnaie américaine. La livre sterling s'est renforcée par rapport à l'euro à la suite des avancées enregistrées dans les négociations sur le Brexit. L'UE et le Royaume-Uni sont en effet parvenus à un accord sur la mise en place d'une période de transition jusqu'à la fin de 2020, pendant laquelle quasiment rien ne devrait changer en pratique. Cette nouvelle est surtout importante pour les entreprises, car elle permet d'atténuer provisoirement les incertitudes. La monnaie a, par ailleurs, aussi été soutenue par la perspective d'un relèvement des taux en mai. Le franc suisse s'est déprécié en mars (-1,9 % par rapport à l'euro), malgré les turbulences qui ont frappé les marchés d’actions. La banque centrale suisse continue en effet de plaider pour le maintien d'une politique monétaire très souple. La couronne norvégienne a gagné du terrain par rapport à l'euro après que la banque centrale ait annoncé envisager de relever ses taux plus tôt que prévu.  
Le yen japonais est en hausse depuis le début de l'année (+3,3 % vis-à-vis de l'euro) et a donc récupéré une (petite) partie des pertes subies l'année passée. Le regain d'intérêt des investisseurs pour des placements sûrs doit être considéré comme la raison principale pour expliquer cette évolution. Mais avec cette appréciation de la monnaie, la banque centrale va éprouver encore plus de difficultés à rehausser le niveau de l'inflation.

 


Matières premières

Le prix du baril de Brent a connu d'importantes fluctuations au premier trimestre, avec une forte chute en février et un rebond juste au-dessus de 70 dollars le baril en mars (+6,8 % en dollars). La baisse de cours initiale a été provoquée par la publication d'informations selon lesquelles la production de schiste aux États-Unis allait, pour la première fois, dépasser la barre des 10 millions de barils par jour, avec une prévision à 11 millions de barils d'ici la fin de l'année. Le rebond qui a suivi s'explique, quant à lui, par la volonté apparente de l'administration Trump de revoir l'accord nucléaire iranien conclu par Obama. Une telle révision risquerait en effet de provoquer de nouvelles tensions dans la région. En outre, il est possible que l'OPEP et la Russie décident de prolonger leur alliance sur une période plus longue. Les remous sur les marchés d’actions ont permis à l'or de jouer son rôle de 'valeur refuge' et le prix de l'once a de nouveau flirté avec les sommets de 1360 dollars qui avaient été atteints en début d'année. Le cours de l'or a aussi connu une évolution inverse à celle du dollar. Les métaux industriels se sont dépréciés (-4,5x % en dollars), surtout au début du mois, à cause de l'impact des mesures commerciales prises par les États-Unis. La publication d'indicateurs économiques moins solides pour la Chine a, en outre, aussi eu un impact négatif sur les prix.

 

 

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