Mercredi 14/08/2019

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Monthly Market News

Investment Desk Analyst

Les taux et le dollar ont joué les premiers rôles sur les marchés financiers en janvier. Leurs mouvements ont été scrutés de près par les investisseurs en actions. Notre expert Johan Gallopyn revient pour vous sur les principales tendances qui ont marqué le marché des actions, des obligations et des devises au cours du mois écoulé.

Marché des actions

Les marchés d'actions ont bien commencé l'année et toutes les régions ont fortement progressé pendant le mois de janvier. Les thèmes de 2017 (à savoir la reprise synchronisée de l'économie mondiale, la croissance des bénéfices des entreprises - avec, en plus, l'impact de la réforme des impôts aux États-Unis - et l'environnement de taux favorable) sont toujours d'actualité. Les marchés d'actions ont cependant connu une baisse de régime vers la fin du mois, principalement à cause d'un rebond des rendements obligataires, tant aux États-Unis qu'en Europe. Si la légère hausse des taux n'est globalement pas vue comme une menace pour les actions, elle a tout de même provoqué une rotation au détriment des actions de rendement (des secteurs comme les services aux collectivités et les télécommunications). Les valeurs financières profitent en revanche du raidissement de la courbe des taux. La faiblesse du dollar a, quant à elle, dopé les cours sur les marchés émergents et les marchés américains. Aux États-Unis, les résultats qui viennent d'être publiés pour le quatrième trimestre de 2017 montrent qu’un nombre d’entreprises supérieur à la moyenne ont un chiffre d’affaires plus élevé que prévu. Une évolution due non seulement à un environnement de croissance favorable, mais également à la faiblesse du billet vert. Convertie en euros, la performance des valeurs américaines et des valeurs émergentes s'avère nettement moins solide, ce qui permet au marché européen (+3,2 % pour le MSCI EMU) de faire partie des régions les plus performantes du mois.

 

Marchés obligataires

Sur les marchés obligataires, le mois de janvier a été marqué par une hausse relativement importante des rendements. Les taux à 10 ans allemand et américain ont ainsi grimpé de 27 points de base et 30 points de base, pour atteindre respectivement 0,70 % et 2,71 %. Le taux allemand est ainsi sorti d'une bande horizontale située entre 0,20 % et 0,60 % dans laquelle il a fluctué pendant plus d'un an. Aux États-Unis, le taux à 10 ans n'avait plus atteint un tel niveau depuis avril 2014. Outre l'amélioration de la situation économique mondiale, la réforme fiscale outre-Atlantique a un double impact sur le sentiment de marché concernant les taux. Tout d'abord, cette réforme permet de donner un coup de pouce supplémentaire à l'économie alors que celle-ci tourne déjà à plein régime et que le marché du travail américain est déjà tendu, ce qui risque donc d'alimenter l'inflation. Ensuite, la réforme va entraîner un accroissement du déficit public, lequel devra être financé par l'émission de nouveaux emprunts, alors que la banque centrale américaine a mis un terme à ses achats et a commencé à réduire la taille de son bilan. Dans un même temps, l'inflation ne montre toujours aucun signe d'accélération, surtout en Europe. Sur le Vieux Continent, les rendements des obligations des pays périphériques n'ont pas suivi la tendance haussière. Le taux espagnol à 10 ans a même perdu 14 points de base, alors que le taux italien s'est stabilisé après sa hausse de décembre. Les obligations d'entreprises se sont très bien comportées durant le mois (en termes relatifs). Tant les valeurs financières et non financières que les émetteurs de bonne et de moins bonne qualité ont connu une nouvelle contraction de leurs spreads.

 

Banques centrales et politique monétaire

Lors de la conférence de presse de la dernière réunion de la BCE, l'accent a surtout été mis sur la vigueur de l'euro et la faiblesse du dollar. Mario Draghi a ainsi reconnu que l'appréciation de l’euro constituait un risque pour les perspectives de croissance dans la zone euro tout en confirmant que la faiblesse du dollar pourrait justifier une politique monétaire plus souple. Un message qui n'a visiblement pas convaincu les marchés. Ceux-ci s'attendent à ce que la BCE donne, en mars, plus de détails sur l'avenir du programme d'achat après le mois de septembre. Comme l'inflation (de base) se situe toujours largement en dessous de l'objectif de 2 %, le scénario le plus probable est que la banque centrale préférera alors réduire progressivement ses achats plutôt que d'y mettre fin brutalement. Après avoir tablé sur un premier resserrement de la BCE au deuxième, voire au troisième trimestre de 2019, le marché estime désormais que la banque pourrait déjà relever ses taux au début de l'année prochaine. Lors de la dernière réunion de la Réserve fédérale sous la présidence de Janet Yellen, le taux directeur a, comme prévu, été laissé inchangé. Le commentaire qui accompagne cette décision laisse transparaître un ton plus restrictif qu'auparavant. Par conséquent, le marché est désormais quasiment certain qu'un nouveau resserrement sera annoncé en mars.


 

Devises

Le cours du dollar américain a continué de baisser durant le premier mois de l'année (-3,3 % par rapport à l'euro). Le marché n'a pas vraiment été influencé par les fondamentaux du billet vert par rapport aux autres devises, mais plutôt par l'évolution des attentes. En effet, si les fondamentaux jouent toujours en faveur de la monnaie américaine (différentiel de taux vis-à-vis de l'euro, prévisions d'inflation), les attentes ont depuis peu tourné en sa défaveur. La réforme fiscale adoptée à la fin de l'année passée va en effet faire grimper le déficit budgétaire et celui de la balance commerciale. En outre, le marché estime que la Fed risque d'être devancée par les autres banques centrales en termes de resserrement des politiques monétaires. À cela s'ajoutent aussi les commentaires du ministre des Finances américain, Steven Mnuchin, qui a déclaré qu'un dollar faible était positif pour le commerce américain, une rupture par rapport au discours officiel plaidant en faveur d'un dollar fort. À l'exception du dollar canadien (-1,5 % par rapport à l'euro), les autres dollars ont même gagné du terrain vis-à-vis de l'euro, dopés par la hausse des prix des matières premières. La livre britannique s'est renforcée dans l'espoir de nouvelles avancées dans les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, avec la perspective d'un « Brexit doux ».


Matières premières

Les cours des matières premières ont de nouveau grimpé en janvier. Outre les perspectives toujours positives pour l'économie mondiale, la dépréciation du dollar a de nouveau aussi joué un rôle important dans l'évolution des prix. En effet, les matières premières sont généralement négociées en dollars. Les gagnants du mois passé (cuivre, aluminium) ont perdu quelques plumes, mais d'autres métaux de base (+6,6 % en dollar américain pour le nickel et le zinc) ont repris le flambeau. Le baril de Brent a, pendant un moment, franchi la barre des 70 dollars (+3,3 % en dollar américain), un niveau qui n'avait plus été vu depuis fin 2014. L'or a, quant à lui, égalé son niveau de début 2016, autour de 1350 dollars l'once. Le cours du métal précieux est soumis à des forces contradictoires, avec un affaiblissement du dollar d'un côté et une hausse des (prévisions de) taux de l'autre.

 

 

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