Mardi 25/06/2019

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Le mot à mot 2018 d'Hubert d'Ursel

Head of Art Advisory

Marché de l’art international : quels sont les mots qui feront mouche cette année ? Hubert d'Ursel passe en revue les tendances qui se dessinent pour 2018.

 

 

 

CONTEMPORAIN
« Une croissance phénoménale »

Plus que jamais, l’art contemporain dominera la scène du marché. Ce marché a connu une ascension fulgurante depuis 2000 : une croissance phénoménale de 1.400 % en valeur ! Une centaine d’artistes stars comme Basquiat, Koons, Damien Hirst et Richter sont poussés au firmament par des galeries et salles de ventes aux quatre coins du monde.
 

BUSINESS
« Le marché de l’art dopé par de nouveaux musées »

700 nouveaux musées ont ouvert leurs portes en 2017, le plus fameux étant sans conteste le Louvre Abu Dhabi. Un musée pluraliste, un bâtiment pharaonique réalisé par le célèbre architecte Jean Nouvel.
Les conséquences de ce nouveau business changent la donne du marché de l’art. L’Asie, et en particulier la Chine, se taille la part du gâteau. Son appétit pour l’acquisition de chefs-d’œuvre et d’artistes contemporains dope le marché aux côtés des nombreux collectionneurs. Cette inflation des musées va continuer sa marche folle dans les pays émergents. Les musées occidentaux qui représentent la vieille école sont de plus en plus tentés de présenter des artistes « actuels » dans leurs murs pour suivre la cadence.
 

TRANSPARENCE
« Un contrôle plus strict des transactions »

L’art est la dernière classe d’actifs en marge des marchés financiers, ces derniers faisant l’objet d’un contrôle sévère au travers des nouvelles règlementations fiscales.
Des scandales récents, nombreux et médiatisés, ont secoué le marché de l’art : l’affaire des faux Pollock chez Knoedler à New York, le fond de manuscrits Aristophil où des centaines  d’investisseurs ont perdu 80% de leur mise, l’affaire Yves Bouvier vs Dimitri Rybolovlev qui démontre de sérieux problèmes de surfacturation, de conflit d’intérêt , etc. Pensons aussi au succès grandissant des ports francs, véritables cavernes d’Ali Baba hors douane où les transactions d’art sont légion.
L’année 2018 connaîtra un tournant important avec un contrôle plus strict des transactions d’art : les Etats-Unis et l’Europe vont notamment dicter des nouvelles règles pour un commerce de l’art plus équitable et transparent.
 

SPECULATION
« Une valeur plaisir avant tout »

Le marché de l’art flamboyant attire de plus en plus les fonds d’art et suscite l’intérêt des investisseurs pour cette classe d’actifs. Le revers de la médaille est impitoyable avec ces investisseurs spéculateurs, qui risquent encore de déchanter en 2018.
L’art restera toujours une valeur plaisir et nul ne peut durablement prédire la croissance de valeur de tel ou tel artiste. Seuls les grands collectionneurs ayant acheté avec passion tirent leur épingle du jeu : une poignée d’entre eux ayant eu le flair du grand talent ont fait des plus-values exceptionnelles.
 

MARKETING
« Des artistes stars »

Pour la première fois, on a frôlé le demi-milliard de dollars pour un tableau en vente publique.  C’est un Leonard de Vinci, redécouvert et fort restauré, qui fit des étincelles dans une vente d’art contemporain à New York en novembre 2017.
Aujourd’hui, tous les ingrédients sont réunis pour faire d’un artiste une grande marque de luxe. Paradoxal mais bien réel ! On est à l’aube d’un nouveau concept où l’artiste star devient célèbre comme une marque, et non plus célèbre pour son talent. Les nouveaux milliardaires des pays émergents y trouvent une reconnaissance comme collectionneurs de trophées, le tout guidé par un marketing mondial.
 

BULLE
« Pas de bulle en 2018 »

On prédit depuis dix ans une bulle du marché de l’art. Or, elle n’est pas arrivée. Les nouveaux milliardaires des pays émergents, les centaines de nouveaux musées, la faible règlementation, un état du marché des actions plus volatil, un déséquilibre certain entre l’offre et la demande de l’art font que la bulle ne sera pas d’actualité en 2018.
Certes, le risque de chute brutale du marché ne fait qu’augmenter à la même cadence que le prix de l’art contemporain. La bulle viendra un jour des pays émergents, lorsqu’ils voudront encaisser une plus-value hypothétique des tableaux contemporains achetés à prix d’or ces dernières années.

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