Samedi 15/06/2019

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Monthly Market News

Investment Desk Analyst

2017 est en passe d’être une année plus qu’honorable pour les marchés boursiers, mais ces derniers ont connu une accalmie en novembre. Notre expert Johan Gallopyn revient pour vous sur les principales tendances qui ont marqué le marché des actions, des obligations et des devises au cours du mois écoulé.

Marché d'actions

La situation des marchés boursiers en novembre est contrastée. En dépit de l’annonce d’excellents indicateurs économiques pour la zone euro, les marchés européens ont quelque peu perdu du terrain (MSCI EMU -2,0 %). L’appréciation de l’euro a pesé sur l’humeur des investisseurs tandis que l’insécurité politique en Allemagne n’a guère eu d’incidence. Aux États-Unis, les cours sont repartis à la hausse, favorisés par les progrès réalisés pour obtenir l’approbation du plan de réforme fiscale tant à la Chambre des représentants qu’au Sénat. Le S&P 500 a grimpé pour le huitième mois consécutif. Vers la fin du mois, le marché américain s’est également retrouvé quelque peu en perte de vitesse à cause des prises de bénéfices dans le secteur des technologies après la forte hausse au cours des mois précédents. Or, ce secteur est responsable pour une part importante des bénéfices réalisés par l’ensemble du marché cette année. Les prises de bénéfice dans le secteur américain des technologies ont essaimé dans d’autres régions. Les marchés émergents ont connu un mauvais mois à cause de plusieurs facteurs sources d’inquiétude, comme la perspective d’une hausse des intérêts aux États-Unis. Les marchés asiatiques ont peu souffert de la baisse du marché boursier domestique de Shanghai et Shenzhen, mais les investisseurs se montrent prudents face à un ralentissement de la croissance en Chine. La région d’Amérique latine (MSCI Amérique latine -3,0 % en euros) a été confrontée à une recrudescence de l’aversion au risque après que le gouvernement vénézuélien a omis de payer les coupons sur les obligations.

 

Marchés obligataires

La situation des marchés obligataires est restée très stable au cours du mois écoulé. Dans la zone euro, le vol en éclat des négociations de coalition en Allemagne n’a lui aussi eu guère d’impact sur le marché obligataire. Les spreads des émetteurs souverains tant des pays du cœur de la zone que des économies périphériques ont quelque peu baissé par rapport à l’obligation de référence allemande, mais il n’était question que de quelques points de base. Le taux irlandais des obligations a augmenté inversement à la tendance, ce qui s’explique par un risque de crise politique intérieure, juste au moment où les négociations dans le cadre du Brexit portent sur la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord. C’est principalement sur le marché obligataire américain que l’on se montre très attentif à la courbe toujours plus étale des taux. L’écart entre le taux à 10 ans et à 2 ans ne cesse de se réduire (60 points de base contre 125 au début de cette année). Dans l’éventualité où la situation évoluerait vers une courbe inversée, cette évolution a été par le passé annonciatrice d’un important ralentissement économique, voire d’une récession. Le marché se pose à présent la question de savoir si la valeur prédictive est également d’application lorsque les banques centrales sont extrêmement actives sur le marché obligataire. On note peu d’évolution concernant les obligations de société également. Les spreads des émetteurs de moindre qualité (dans l’investment grade) et des émetteurs financiers ont tout de même encore baissé un peu plus.

 

Banques centrales et politique monétaire

Comme prévu, la Banque d’Angleterre a relevé son taux d’intérêt à court terme de 0,25 %, et ce pour la première fois en dix ans. Dans ses déclarations, la banque centrale s’est gardée de créer trop d’attentes par rapport à une hausse future des taux. Car les indicateurs économiques prospectifs ne sont pas brillants même si l’inflation est en hausse (3 % en octobre). Il s’agit toutefois de la conséquence de la dépréciation de la livre et non de la hausse des salaires ou autres pressions domestiques sur les prix. Le rapport de la dernière réunion du FOMC et les déclarations de la présidente de la Réserve fédérale (Fed) Janet Yellen témoignent d’incertitude à propos de la hausse attendue de l’inflation et de l’impact des facteurs temporaires sur le niveau des prix. Si la hausse de taux prévue en décembre ne devrait pas être remise en question, ces commentaires font en revanche planer des doutes quant aux trois resserrements prévus par la Fed elle-même pour 2018.

 

Devises

La dépréciation de l’euro a été de courte durée car, en novembre, la monnaie s’est renforcée par rapport à pratiquement toutes les autres devises. Les récents chiffres économiques de la zone euro continuent de surprendre positivement puisque les indicateurs atteignent parfois leur plus haut niveau en dix ans. Le dollar américain s’est déprécié à 1,19 par rapport à l’euro malgré les chiffres économiques également favorables et les progrès réalisés au niveau du plan de réforme fiscale. Les attentes de la Réserve fédérale quant à l’inflation ont pesé sur le cours. La hausse des taux par la Banque d’Angleterre a eu peu d’impact sur la livre britannique, car elle était largement attendue. Au contraire, les perspectives prudentes ont affaibli la monnaie à l’annonce de la hausse des taux. La livre britannique a pu se rétablir ensuite grâce à l’optimisme quant aux avancées des négociations dans le cadre du Brexit. Le dollar australien continue de s’affaiblir (-3,4 % par rapport à l’euro). Comme attendu, la banque centrale n’a pas modifié le taux, mais la faible croissance des salaires et les perspectives d’inflation qui en découlent n’augurent pas de hausses des taux, et ce peut-être même jusqu’en 2019. Malgré la hausse du prix du pétrole, la couronne norvégienne a fortement perdu du terrain par rapport à l’euro (-4,1 %) et suit de ce fait la couronne suédoise (-2,2 %) qui a souffert de déclarations prudentes de la banque centrale et d’une certaine inquiétude face à la forte hausse des prix de l’immobilier en Suède.

 

Matières premières

Comme attendu, l’OPEP et d’autres pays ne faisant pas partie du cartel ont prolongé l’accord de restriction de la production jusque fin 2018. Par rapport à l’accord actuel, le fait que la Libye et le Nigeria également soient soumis à la limitation de la production constitue un autre élément favorable au cours du pétrole. Le cours du Brent avait déjà anticipé la prolongation des restrictions de production de sorte que la réaction du cours a été relativement limitée, d’autant plus que les chiffres récents de production d’huile de schiste aux États-Unis (septembre) témoignent de la plus forte croissance jamais enregistrée. Cela illustre qu’il est difficile de soutenir le cours du pétrole sans stimuler la production d’huile de schiste. Une question demeure cependant ouverte : comment le marché réagira-t-il lorsqu’on mettra finalement un terme aux restrictions de production ? Les métaux industriels ont connu une légère baisse (GSCI Industrial Metals -3,1 % en USD) après la hausse des derniers mois. La faiblesse des indicateurs économiques en Chine a contribué à ces prises de bénéfices. Le cours de l’or est resté relativement stable, car il a dû céder le bénéfice capitalisé antérieurement à cause d’une augmentation du taux des obligations aux États-Unis et d’un goût du risque un peu plus élevé à la fin du mois.

 

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