Mercredi 26/06/2019

Top Header

Langues

Le mot à mot 2018 de Bruno Colmant

Head of Macro Research

Pour Bruno Colmant, quels sont les mots qui feront mouche en 2018 ?

 

 

 

 

CONFIANCE
« La confiance revient dans la zone euro. »

« Après les chocs des subprimes et de la crise souveraine, la confiance revient incontestablement dans la zone euro. Cela se traduit par des indices meilleurs qui montrent que tant les ménages que les entreprises sont plus optimistes. L’aboutissement de ce constat se décèle dans une meilleure croissance. Cette dernière atteindra plus de 2 % dans la zone euro en 2017 ».


ROBOTISATION
« Les métiers d’appréciation risquent de disparaître. »

« Depuis plusieurs semaines, les avertissements de créateurs d’entreprises d’envergure mondiale se multiplient au sujet de l’intelligence artificielle. Certains, tel Bill Gates, avaient même plaidé pour la taxation des robots. Que se passe-t-il ? Progressivement, les façonneurs du 21e siècle se rendent compte que le choc social qui va frapper nos économies est important. On aurait pu croire que la digitalisation, qui conduit essentiellement à une automation améliorée des tâches humaines, allait, à terme, créer autant d’emplois qu’elle n’allait en détruire. Ce sera peut-être le cas. L’intelligence artificielle, c’est différent : ce sont des métiers, relevant essentiellement de la classe moyenne, qui vont être altérés car un système va modifier des métiers d’expertise intellectuelle ou, plus généralement, des métiers d’expérience. De quoi parle-t-on ? Des métiers à diagnostic : toute la matière juridique (avocats, magistrats), médecins non spécialisés, économistes appliqués et purs, etc., mais plus généralement, de tout métier d’appréciation. Le progrès est merveilleux, mais demande des adaptations en termes de formation et de flexibilité professionnelle ».

 

VIEILLISSEMENT
« Une population âgée consomme et investit moins. »

« Le vieillissement de la population est l’arrière-plan commun à tous les scénarios économiques qu’il conditionne. Les années d’après-guerre furent caractérisées par une poussée démographique qualifiée de « baby-boom », conventionnellement constatée entre 1945 et 1963. Ce phénomène trouve désormais sa transposition dans un « papy-boom » qui, sur base d’un départ à la retraite à 65 ans, couvre les années 2010 à 2028, à majorer de l’augmentation de l’espérance de vie. Le « papy-boom » va donc durer jusqu'au milieu du 21e siècle. Or, une population âgée consomme et investit moins. On constate même une augmentation de la propension à épargner qui entrave la consommation. Ce phénomène est intuitivement compréhensible : passé un certain âge, il est complexe de constituer une épargne de précaution. Par ailleurs, les bouleversements technologiques anéantissent le maintien au travail des personnes âgées. De plus, une arithmétique élémentaire démontre l’insoutenabilité des pensions pour lesquelles l’imprévoyance politique a conduit à ne faire aucune réserve. L’absence de confiance dans l’Etat est de nature déflationniste. Il en résulte un comportement prudent conduisant au maintien légitime d’une épargne de prévention ».

 

BITCOIN
« Et si le bitcoin devenait monnaie d’Etat ? »

« Les crypto-monnaies deviennent une réalité. Ce ne sont pas des monnaies, mais des classes d’actifs. Si on s’intéresse de près au bitcoin, on comprend qu'il est créé au rythme de la sécurisation d’un chaînage informatique (blockchain). Aujourd’hui, les gouvernements et autorités monétaires réfutent le bitcoin qui altère leur capacité d’imposer leur droit régalien de battre monnaie pour lever l’impôt et assurer leur endettement. Mais demain ? Si on renversait tout ? Si la cryptomonnaie devenait monnaie d’Etat sachant qu’elle permet de déceler toute transaction ? Ce serait une dictature monétaire. Impensable ? Aucunement : l’histoire des monnaies est un récit de capture de monopole étatique ».

 

Mail