Jeudi 18/04/2019

Top Header

Langues

Monthly Market News

Investment Desk Analyst

Des mouvements relativement importants ont été enregistrés sur les marchés des actions, des obligations et des devises en octobre. À nouveau en partie à cause d'une banque centrale. Notre expert Johan Gallopyn revient pour vous sur les principales tendances qui ont marqué ce mois.

Marchés d'actions

Les marchés d'actions européens sont restés sans réelle direction en attendant les explications de la Banque centrale européenne sur le démantèlement de son programme d'achat d'actifs. Finalement, faute d'indice signalant une politique monétaire plus restrictive que prévu, les cours ont de nouveau bondi après la réunion de la BCE. L'indice allemand DAX a ainsi battu un nouveau record historique, alors que le CAC 40 français a atteint la barre des 5.500 points, son niveau le plus élevé depuis janvier 2008. Fragilisée par les tensions politiques en Catalogne, la bourse espagnole n'a pas suivi le mouvement. Les actions américaines ont, quant à elles, encore franchi de nouveaux plafonds. Les marchés ont été soutenus par les publications des résultats du troisième trimestre. Aux États-Unis, plus de la moitié des entreprises ont déjà publié leurs bénéfices fin octobre, et ceux-ci ont augmenté de 4,7 % par rapport à l'année passée. Un taux plus important que celui - certes peu élevé - qui était prévu au début de la saison. En Europe, la croissance des bénéfices tourne autour de 8 %, mais les entreprises ayant publié des résultats meilleurs que prévu sont moins nombreuses (52 %) qu'aux États-Unis (79 %). Les marchés asiatiques ont, de leur côté, été dopés par les bons résultats des entreprises et par la large victoire du premier ministre Shinzo Abe aux législatives japonaises (MSCI Japan +6,2 %). Cette victoire signifie en effet que l'actuel programme de réforme économique se poursuivra et que Haruhiko Kuroda sera vraisemblablement réélu à la tête de la Banque du Japon l'année prochaine.

 

Marchés obligataires

Les rendements obligataires américains ont continué de grimper comme en septembre et ont clôturé le mois au-dessus de 2,40 %. À l'exception de l'inflation, tous les chiffres économiques se sont avérés meilleurs que prévu, ce qui signifie que la hausse de taux prévue en décembre se produira plus que probablement. En Europe, l'évolution des marchés obligataires a surtout été dictée par la BCE : la confirmation que la Banque centrale continuera d'intervenir l'année prochaine a en effet fait de nouveau baisser les rendements. Le taux à 10 ans allemand a ainsi perdu 10 points de base et est retombé sous la barre de 0,40 %. Les rendements des pays périphériques ont suivi la même tendance, en ce compris les rendements obligataires espagnols, qui n'ont été que très brièvement perturbés par la déclaration unilatérale d'indépendance du parlement catalan. Les obligations italiennes et portugaises ont également profité de la déclaration de la BCE et leurs rendements se sont considérablement repliés. Les obligations portugaises ont en outre encore été dopées par le relèvement de la note de crédit du pays opérée en septembre. En Italie, le parlement a approuvé la réforme de la loi électorale. Après cette décision, le mouvement anti-establishment et eurosceptique Cinq Étoiles aura encore plus de difficultés à obtenir une majorité. Les obligations italiennes ont également bénéficié de la hausse de notation de S & P Les obligations d'entreprises ont, de manière générale, vu leurs spreads se contracter, une autre conséquence de l'annonce de la BCE, qui achète également ce type d'obligations dans le cadre de son programme d'assouplissement quantitatif. Les spreads des émetteurs non financiers sont retombés à un niveau qui n'avait plus été atteint depuis 10 ans.

 

Banques centrales et politique monétaire

Cela faisait des mois que les marchés financiers étaient préparés au fait que la Banque centrale européenne annonce le début du démantèlement progressif de son programme d'achat d'actifs le 26 octobre. Et la BCE a fait exactement ce que l'on attendait d'elle. À partir de janvier 2018, la BCE va réduire le montant de ses achats mensuels d’obligations de 60 milliards à 30 milliards d'euros. Ce rythme sera maintenu jusqu'en septembre, mais la Banque centrale a clairement indiqué qu'une prolongation après cette date - ainsi qu'une augmentation du montant - n'était pas exclue si cela devait s'avérer nécessaire. Il est peu probable qu'elle mette brusquement fin à tous ses achats après septembre 2018. La BCE a également confirmé que les taux dans la zone euro ne seront relevés que longtemps après la fin de son programme d'achat, soit pas avant 2019. Aux États-Unis, les marchés se sont surtout focalisés sur la nomination du nouveau président de la Réserve fédérale, le mandat de Janet Yellen arrivant à son terme au début de l'année prochaine. À la fin du mois passé, les deux principaux favoris semblaient être J. Powell, pouvant être considéré comme le candidat de la continuité, et J. Taylor, probablement favorable à une politique plus restrictive.

 

Devises

L'euro s'est déprécié par rapport à la plupart des devises après l'annonce par la BCE du démantèlement de son programme d'achat d'obligations. Le ton 'accommodant' adopté par la Banque centrale a provoqué une nouvelle baisse des rendements obligataires européens, creusant ainsi encore davantage le différentiel de taux entre l'Europe et les États-Unis. Cet avantage de taux sur les obligations américaines a pour effet de rendre le billet vert plus intéressant. La livre sterling a légèrement renforcé les gains qu'elle avait engrangés durant le mois de septembre, après la publication d'un taux de croissance plus fort que prévu au troisième trimestre et une accélération de l'inflation (3,0 %), deux évolutions qui rendent une hausse de taux encore plus probable ce mois-ci. Les monnaies scandinaves (SEK et NOK) ont perdu un peu de terrain (1,2 % toutes les deux) en raison de la décision, attendue, des deux banques centrales de laisser leurs taux inchangés et de leur prudence par rapport à leur future politique monétaire. Leur objectif est surtout de ne pas créer des attentes qui divergeraient trop de ce que la BCE prévoit. Cela entraînerait en effet une appréciation peu souhaitable de leurs monnaies. Le dollar néo-zélandais a aussi perdu du terrain (-4,2 % vis-à-vis de l'euro) à la suite de la formation d'une coalition inattendue entre les partis Labour et New Zealand First à l'issue des élections de septembre. Le dollar australien s'est également replié (-1,0 % vis-à-vis de l'euro) après la publication d'un chiffre d'inflation plus bas que prévu.

 

Matières premières

Le prix du baril de pétrole a franchi la barre des 60 dollars pour la première fois depuis juillet 2015. L'OPEP et la Russie auraient l'intention de prolonger l'accord sur les réductions de production, dont l'échéance est actuellement prévue pour mars 2018, jusqu'à la fin de l'année prochaine. Avec toujours pour objectif de ramener les stocks à des niveaux moyens. Les prix des métaux industriels ont, quant à eux, encore augmenté, malgré le renforcement du dollar. Les cours du cuivre, du nickel et de l'aluminium ont ainsi grimpé à des niveaux qui n'avaient plus été atteints depuis 2015, voire avant. Le cours de l'or s'est, en revanche, replié (-1,1 % en USD) faute de soutiens (taux prévus à la hausse, appréciation du dollar, valeurs refuges moins demandées, etc.).

 

MSCI indices: source MSCI. Neither MSCI nor any other party involved in or related to compiling, computing or creating the MSCI data makes any express or implied warranties or representations with respect to such data (or the results to be obtained by the use thereof), and all such parties hereby expressly disclaim all warranties of originality, accuracy, completeness, merchantability or fitness for a particular purpose with respect to any of such data. Without limiting any of the foregoing, in no event shall MSCI, any of its affiliates or any third party involved in or related to compiling, computing or creating the data have any liability for any direct, indirect, special, punitive, consequential or any other damages (including lost profits) even if notified of the possibility of such damages. No further distribution or dissemination of the MSCI data is permitted without MSCI’s express written consent.

Mail