Jeudi 18/04/2019

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La patate chaude de la dette

Head of Macro Research

Dans les années septante, plusieurs phénomènes se conjuguèrent pour embraser l’inflation : abandon des parités fixes et de l’étalon-or décidés en 1944, chocs pétroliers, réponses keynésiennes à des modifications structurelles de l’économie manufacturière et élévation stratosphérique de l’endettement public, lui-même suivi par des rafales de dévaluations. Cette vague d’inflation éreinta le capital, tandis que le travail était vaguement protégé par l’indexation des salaires.

Dans les années quatre-vingt, les choses changèrent avec des politiques monétaires restrictives. S’ensuivit une « grande modération », c’est-à-dire le choix politique de désinflater l’économie.

Mais une économie croît difficilement sans inflation. C’est donc l’endettement qui prit le relais jusqu’à engorger les bilans privés et publics.

Et aujourd’hui, on fait face à une économie surendettée mais désinflatée. De nombreux économistes tirent la sonnette d’alarme face à cette situation de surendettement. Mais le problème est que sans inflation ou défaut, l’endettement ne baissera pas. Sa contraction pourrait même contrarier la croissance.

On en arrive donc à une contradiction par rapport aux missions des banques centrales : il faudrait de l’inflation pour éroder le surendettement, sachant que l’endettement, comme une patate chaude, ne disparaît pas, il se transmet. Les banques centrales, qui protègent le capital, veulent l’inverse.

Ce sera donc, à mon avis, le défaut qui soldera les dettes publiques excessives.

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