Dimanche 20/10/2019

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Monthly Market News

Investment Desk Analyst

Au mois d’août, les turbulences politiques et géopolitiques ont éclipsé les fondamentaux positifs. Notre expert Johan Gallopyn revient pour vous sur les tendances principales qui ont marqué les actions, les obligations, les devises et les matières premières au cours du mois écoulé. Il explique également l’attitude des banques centrales.

Marché des actions

Sur le plan économique, le scénario d’une reprise mondiale synchrone reste inchangé. Il est confirmé par la publication de taux de croissance solides dans les grandes régions du monde. Selon des indicateurs avancés, cette tendance devrait se poursuivre. Il est vrai que les banques centrales prennent la direction d’une politique monétaire moins souple, mais elles procéderont de manière très progressive et très prudente. Les fondamentaux positifs, qui ont soutenu le marché des actions ces derniers mois, restent donc d’actualité. En août, ils ont toutefois été assombris par les tensions autour de la Corée du Nord et par les propos polémiques (désormais traditionnels) du président Donald Trump, au sujet cette fois des troubles à Charlottesville. L’inquiétude aura été de courte durée sur les marchés financiers, mais a été assortie d’une traditionnelle « fuite vers la qualité », dont les obligations d’État, le franc suisse et l’or ont profité. Les actions ont souffert pendant quelques jours, perturbant l’absence inhabituelle de volatilité constatée ces derniers mois sur le marché américain (-0,58 %). Plusieurs indicateurs techniques ont poussé le marché américain à faire preuve d’une certaine prudence. Il a ainsi été constaté qu’en moyenne, au cours de la précédente saison des résultats, des entreprises qui avaient surpris positivement n’ont pas pour autant été récompensées par une hausse du cours de leur action. Bien que le marché américain dans son ensemble se rapproche de niveaux records, un nombre croissant d’entreprises ont atteint un cours plancher. Pour les actions européennes, l’appréciation persistante de l’euro a contribué à la retenue adoptée par les investisseurs, mais le dommage est resté limité à -0,45 %. Comme le mois dernier, les marchés émergents ont réalisé la meilleure performance et clôturé le mois dans le vert avec 1,38 %. La hausse du prix des matières premières et le recul du dollar américain ont soutenu les résultats de cette région.

 

Marchés obligataires

En août, les taux des obligations d’État sont repartis à la baisse, tant aux États-Unis et dans la zone euro  qu’au Japon. Les incertitudes géopolitiques (Corée du Nord) ont renforcé l’intérêt pour des investissements sûrs. D’autres facteurs ont cependant joué un rôle comme les taux d’inflation plus faibles que prévu publiés récemment et le fait que les nouvelles relatives à la croissance économique mondiale ne pourront pas continuer à surprendre positivement dans une aussi large mesure. Ce dernier point s’est vérifié en particulier dans la zone euro où l’appréciation de la monnaie commune peut alimenter un vent contraire à la croissance. Les taux sur les obligations à dix ans aux États-Unis (2,12%) et au Japon (0,01%) ont atteint les niveaux les plus faibles de l’année. Les pays périphériques de la zone euro n’ont pas suivi la tendance à la baisse des pays centraux, avec un élargissement des spreads à la clé. Pour l’Italie, les spreads ont sans doute été excessivement comprimés vers le bas ces derniers mois sous l’effet des rachats de la BCE, qui ont dépassé le niveau prescrit par la clé de répartition du programme de rachat. En déterrant l’idée d’introduire une monnaie nationale parallèle à l’euro, Silvio Berlusconi, du parti de centre droite Forza Italia, a fait ressurgir le spectre de l’euroscepticisme. Des élections parlementaires se tiendront en Italie au plus tard au printemps 2018. Le taux espagnol a progressé après les attentats à Barcelone, dans un climat où l’investisseur avait déjà tendance à éviter le risque. Le climat a également creusé les spreads sur les obligations d’entreprises. La baisse du mois dernier a pu être en grande partie compensée, surtout auprès des émetteurs de moindre qualité. Des élections parlementaires auront lieu le 24 septembre en Allemagne. La victoire attendue de la chancelière actuelle Angela Merkel n’influencera pas les marchés.

 

Banques centrales et politique monétaire

Comme prévu, les discours de Janet Yellen (Réserve fédérale) et Mario Draghi (BCE) lors du symposium annuel des banquiers centraux à Jackson Hole n’ont livré aucune information nouvelle sur la future politique monétaire. Ils ont abordé des sujets de nature structurelle. Yellen a souligné les effets positifs de la réglementation des banques après l’éclatement de la crise financière il y a dix ans, qui ont permis de rendre le système financier plus stable. Elle s’oppose ainsi au point de vue de l’administration Trump qui veut procéder à une nouvelle déréglementation du secteur. Draghi a évoqué les avantages des échanges commerciaux internationaux et les obstacles potentiels qui les entravent. En dépit de commentaires antérieurs modérés de la part de ses membres, la Réserve fédérale (Fed) devrait annoncer en septembre qu’elle entamera la réduction progressive de son bilan en ne réinvestissant plus les fonds issus d’obligations arrivées à maturité. Entretemps, l’attente implicite du marché pointe avec une probabilité d’environ 33 % vers une hausse des taux d’ici décembre, ce qui est probablement sous-estimé si l’on s’appuie sur l’évaluation de la Fed elle-même. La BCE quant à elle devrait annoncer en octobre qu’elle réduira ses rachats mensuels d’obligations lorsqu’elle disposera de nouvelles perspectives pour la croissance et l’inflation.

 

Devises

Après une période de consolidation vers 1,18 EUR/USD pendant le mois, l’euro est reparti à la hausse fin août, franchissant ainsi le cap de 1,20. Comme le président de la BCEn’a pas explicitement évoqué l’appréciation de la monnaie lors de son intervention à Jackson Hole (et ne cherche donc pas à favoriser son recul), l’euro a repris sa tendance à la hausse. Contrairement au mois précédent, les autres dollars ont également baissé. Le dollar néozélandais a même dû renoncer à 5,3 % par rapport à l’euro après que la banque centrale a indiqué qu’elle s’inquiétait de l’appréciation de la devise et qu’elle envisageait d’intervenir sur le marché. La livre britannique a subi un nouveau recul significatif (-2,8 %) après des résultats économiques décevants. Début août, la Banque d’Angleterre a revu à la baisse ses attentes en matière de croissance économique et d’évolution des salaires. La hausse des taux attendue par le marché est dès lors reportée à un avenir plus lointain. Cette perspective recule désormais au second semestre 2018 alors que, récemment encore, elle était fixée à fin 2017. De plus, le manque de clarté persistant de la stratégie du gouvernement britannique à l’égard du Brexit continue à peser sur la devise.

 

Matières premières

En août, les matières premières ont poursuivi leur progression. Les métaux industriels en particulier ont atteint des cours qui n’avaient plus été observés depuis plusieurs années. Outre l’amélioration de la situation dans les économies émergentes, comme l’illustrent les performances boursières de la région, la limitation de la production en Chine joue également un rôle. En réduisant leurs capacités, les autorités chinoises veulent lutter contre la pollution. Le prix du pétrole brut est resté relativement stable. L’arrêt de plateformes de forage dans le Golfe du Mexique et de plusieurs champs de pétrole de schiste au Texas en raison de la tempête Harvey n’a eu qu’un faible impact sur les prix pétroliers parce que les stocks restent élevés. Le prix de l’or a également progressé et dépassé 1 300 USD l’once. Une hausse alimentée notamment par une certaine quête d’investissements « refuges » (Corée du Nord) et par le recul des taux.

 

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