Jeudi 18/04/2019

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Monthly Market News

Investment Desk Analyst

Le mois de juillet a été mouvementé sur les marchés financiers, en particulier pour les devises et les matières premières. Notre expert Johan Gallopyn revient sur les tendances principales qui ont caractérisé l’évolution des actions, des obligations, des banques centrales, des devises et des matières premières pendant le mois dernier.

Marchés des actions

Il ne se passe pas un mois sans un nouveau record. Un constat qui vaut en tout cas pour les actions américaines (exprimées en dollars américains) en 2017, à l’exception du mois d’avril. À la fin de l’année dernière et au début de cette année, les actions américaines ont été stimulées par la perspective d’une réforme fiscale et d’investissements dans les infrastructures par l’administration Trump. Une perspective qui s’est éloignée depuis lors, mais le cours des actions a pu s’appuyer ensuite sur une solide progression des bénéfices et un dollar affaibli. À la fin du mois, plus de la moitié des entreprises américaines avaient publié leurs résultats, rapportant une augmentation de leurs bénéfices de 7 %. L’affaiblissement du dollar encouragera les analystes à revoir leurs prévisions bénéficiaires à la hausse pour le second semestre. Le constat inverse s’applique en Europe où la force de l’euro pourrait peser sur les bénéfices des entreprises exportatrices. Les actions européennes restent donc à la traîne (en devise locale) par rapport aux autres régions. La hausse observée après le premier tour des élections présidentielles françaises s’est largement effritée. Les marchés émergents restent en très grande forme et représentent la région la plus performante cette année, tant en devise locale qu’en euro. Des résultats qui s’expliquent par le redressement du prix des matières premières et par la bonne santé de l’économie chinoise, qui a dépassé les prévisions. En juillet également, ce sont les marchés émergents qui ont réalisé la meilleure performance avec une progression de 2,5% en euro.  

 

Marchés obligataires

Après le sursaut observé en juin, les taux obligataires sont restés relativement stables le mois dernier. Les commentaires tempérés du président de la BCE, Mario Draghi, ont rappelé aux marchés que la Banque centrale restera très longtemps encore un acteur important sur le marché obligataire. Les spreads des pays de la périphérie continuent de s’éroder. Au final, ils sont toutefois seulement revenus au niveau qu’ils occupaient au début de l’année, avant que l’incertitude autour des élections dans plusieurs pays d’Europe et l’inquiétude au sujet des banques italiennes creusent les spreads. Le différentiel de taux d'intérêt entre les obligations à 10 ans françaises et allemandes est retombé à 25 points de base, contre 80 points de base pendant la fièvre électorale européenne au début de cette année. Pour la première fois depuis trois ans, la Grèce a pu recourir au marché obligataire après le soutien par le FMI du plan de sauvetage des créanciers européens. Il s’agit d’une obligation d’une durée de cinq ans qui a rencontré un intérêt salutaire. Le retour sur le marché confirme le chemin parcouru par la Grèce dans son programme de réformes, mais il exigera d’elle une discipline plus rigoureuse encore en matière budgétaire et dans la poursuite de la mise en œuvre des réformes. Dans le cas contraire, le taux obligataire repartira rapidement à la hausse. Les spreads sur les obligations d’entreprises ont fortement diminué au cours du mois, au point d’atteindre les niveaux les plus faibles enregistrés depuis trois ans. Et ce, tant pour les émetteurs financiers que les émetteurs non financiers. Cette évolution témoigne de la meilleure santé de l’économie européenne et du regain d’appétit des investisseurs pour le risque.     

 

Banques centrales et politique monétaire

Après le discours tenu lors du forum sur la Banque centrale au Portugal fin juin, les commentaires de Mario Draghi après la réunion politique de la Banque centrale européenne le mois dernier étaient attendus avec impatience. La BCE a confirmé que le programme d'achat d'actifs de 60 milliards d'euros par mois pourrait encore être augmenté ou prolongé dans le temps, si cela devait s'avérer nécessaire. Draghi a précisé que l’inflation, en dépit de taux de croissance plus robustes, restait inférieure aux objectifs et qu’il n’y aurait sans doute aucun changement à cet égard dans les prochains mois. Bien que l’arrêt progressif du programme d’achat ne soit pas encore officiellement évoqué au sein de la Banque centrale, la BCE devrait faire la transparence sur le calendrier en automne. La présidente de la Fed, Janet Yellen, s’est exprimée devant le Congrès où elle a répété des positions déjà exprimées auparavant ; la seule nuance étant que l’inflation reste à un faible niveau plus longtemps que prévu. Il semble donc que la Banque centrale prendra son temps dans la normalisation de sa politique monétaire. La Réserve fédérale devrait entamer la réduction progressive de son bilan dans les prochains mois. Ce scénario pourrait toutefois encore être contrarié par le débat sur le relèvement du plafond de la dette. Le Congrès doit approuver le relèvement de la dette d’ici la mi-octobre. Mais sur ce sujet également, les Républicains se montrent divisés. En effet, l’aile conservatrice souhaite associer le relèvement de cette limite à un renforcement des coupes opérées dans les dépenses publiques. Comme il est peu probable qu'une solution soit trouvée avant la trêve estivale, le spectre d'une fermeture des services publics sera de retour en septembre ("Government Shutdown"), comme en 2011 et 2013. Pour la première fois en sept ans, la Banque centrale du Canada a relevé son taux directeur de 25 points de base, le portant à 0,75 %. La mesure était assortie d’un commentaire positif sur l’économie et l’inflation, ce qui permet de supposer un nouveau relèvement des taux plus tard cette année.

 

Devises

La tendance d’un euro plus fort se confirme. Les performances économiques positives, la propension de la BCE à mener une politique moins souple et l’apaisement des incertitudes politiques dans la zone euro continuent à jouer un rôle. Mais certains facteurs spécifiques dans d’autres pays exercent aussi une influence. Le franc suisse a perdu 4,3 % par rapport à l’euro et atteint son niveau le plus bas depuis 2011. Ce ne sont pas tant des facteurs fondamentaux qui sont en cause, mais bien l’intérêt moins marqué pour le refuge que constitue le franc suisse. Le président de la Banque centrale suisse a répété à cet égard que la politique monétaire resterait souple, ce qui signifie que le taux négatif sera maintenu encore un certain temps. Le dollar américain a poursuivi sa régression en perdant à nouveau 3,5 % vis-à-vis de l’euro. La monnaie américaine s’est déjà dépréciée de 12 % depuis le début de l’année. À côté des éléments positifs qui renforcent l’euro, certains facteurs négatifs sapent le dollar, comme les attentes déçues concernant les réformes fiscales et les programmes de relance du Président Trump. Le mois dernier n’a pas fait exception avec l’échec répété des tentatives visant à abroger l’Obamacare (qui mettent en exergue la division des Républicains sur à peu près tous les sujets) et les changements de personnel chaotiques à la Maison-Blanche. Le chemin plus incertain emprunté par la Réserve fédérale vers la normalisation de sa politique monétaire joue aussi un rôle. Les devises sensibles à l’évolution du prix des matières premières se sont mieux comportées. Les autres dollars (AUD +0,4 % et CAD +0,5 %) ont même progressé par rapport à l’euro. En Australie, l’inflation reste aussi inférieure à l’objectif, mais elle évolue conformément aux prévisions de la Banque centrale. La couronne norvégienne a gagné 2,5 %.

 

Matières premières

Tant le pétrole et les métaux précieux que les métaux industriels ont clairement augmenté en juillet. Les métaux industriels ont continué à bénéficier des performances économiques plus favorables que les prévisions en Chine, avec l’espoir d’une augmentation consécutive de la demande exprimée par cette région. Le prix du cuivre a atteint son niveau le plus élevé en deux ans. Le prix du pétrole a suivi un mouvement inverse à celui du mois dernier en franchissant à nouveau la barre de 50 dollars américains/baril. Aux États-Unis, les stocks étaient moins importants que prévu, ce qui a compensé à court terme la crainte d’un déséquilibre persistant entre la demande et l’offre. Le recul du dollar a aussi constitué un autre facteur. Cet argument a également contribué à la hausse du prix de l’or, qui a dépassé à nouveau 1.250 dollars américains/once, un palier autour duquel le prix de l’or fluctue déjà depuis fin février.

 

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