Mardi 25/06/2019

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Monthly Market News

Investment Desk Analyst

Le mois de juin a été relativement calme jusqu’à ce que les banquiers centraux ne viennent - involontairement - mettre leur grain de sel. Au final, un excellent premier semestre avec une fin qui ne manque pas de mordant. Notre expert Johan Gallopyn dresse le bilan du mois de juin et du premier semestre pour les actions, les obligations, les devises et les matières premières.

Marchés d’actions

Les marchés d’actions ont évolué dans une marge relativement étroite en juin. L’indice américain S&P500 a encore inscrit un nouveau record historique sur les tablettes grâce au secteur technologique. Le momentum positif pour les marchés européens semble par contre avoir cessé. Le MSCI EMU a ainsi certes gagné 8,5 %, mais cette performance a en grande partie été réalisée au premier trimestre, les actions de la zone euro ne gagnant plus que 1,3 % au deuxième trimestre. Rien d’étonnant au vu de l’appréciation de l’euro par rapport à la plupart des autres devises, le marché estimant qu’un euro plus cher va peser sur les sociétés exportatrices. L’euro plus cher est aussi responsable des performances négatives en euro des bourses hors zone euro en juin et a aussi annulé en grande partie la performance en devise locale au premier semestre. En juin, le marché des actions européennes a plus particulièrement souffert des propos des banquiers centraux, l’indice MSCI EMU cédant 2,5 %. Avec la fin du trimestre, la saison des résultats frappe à nouveau à la porte. Pour l’indice S&P500, le consensus table sur une croissance bénéficiaire de 6,6 % au deuxième trimestre alors qu’il anticipait encore 8,7 % voici trois mois. Les ajustements à la baisse sont la conséquence d’une croissance moins élevée que prévu aux Etats-Unis.

 

Marchés obligataires

Les taux obligataires américains à 10 ans ont atteint, en juin, un nouveau plus bas sur les six derniers mois. Les taux en Europe ont aussi reculé dans un premier temps. En cause, des chiffres économiques plus faibles que prévu aux Etats-Unis et une inflation décevante de part et d’autre de l’Atlantique. Les commentaires de Mario Draghi et d’autres banquiers centraux ont rappelé aux marchés que la période de politique monétaire ultra accommodante touchait à sa fin. Durant les derniers jours du mois, tant les taux allemands que les taux américains à 10 ans ont gagné 20 points de base pour clôturer encore le mois en hausse. Les taux américains à 10 ans restent malgré tout plus faibles qu’en début d’année, la conséquence d’un ajustement à la baisse des anticipations de croissance et d’inflation. Les spreads des pays périphériques de la zone euro se sont pour leur part contractés dans le courant du mois. En Italie, la probabilité d’élections anticipées cette année a quelque peu diminué après le rejet de la réforme du code électoral. Dans la foulée, les taux italiens ont reculé pour atteindre leur niveau le plus bas depuis janvier et le spread avec les obligations allemandes s’est contracté. Comme lors des mois précédents, les spreads pour les obligations d’entreprises se sont encore légèrement contractés, en particulier dans le chef des émetteurs financiers qui profitent d’une courbe des taux plus raide.

 

Banques centrales et politique monétaire

Les banques centrales ont clairement eu un impact sur les marchés financiers en juin, même si la Federal Reserve est la seule à être passée réellement à l’action. Comme attendu, la FED a relevé ses taux de 25 points de base. Une troisième hausse des taux cette année reste possible. La banque centrale a également dévoilé ses intentions concernant la réduction de son bilan. Celle-ci se fera de manière extrêmement prudente avec un montant de 10 milliards de dollars par mois d’obligations échues qui ne seront pas réinvesties (sur un bilan total d’environ 4.500 milliards de dollars). Le montant non réinvesti augmentera tous les trois mois de 10 milliards pour atteindre un maximum de 50 milliards chaque mois. Cette normalisation pourrait débuter « relativement vite », peut-être dans le courant du dernier trimestre 2017. Mais les marchés ont surtout été attentifs aux commentaires du président de la BCE Mario Draghi pour qui les forces déflationnistes dans la zone euro ont été remplacées par des forces inflationnistes, ce qui nécessite une adaptation de la politique monétaire. Cela a été perçu par les marchés comme un point de vue plus strict qu’auparavant, avec des conséquences possibles pour la réduction (anticipée) du programme d’achat d’obligations. D’autres membres de la BCE ont toutefois tempéré ces propos par la suite. Les présidents de la Banque d’Angleterre (« réduire les mesures de relance monétaire pourrait devenir indispensable ») et de la Banque centrale canadienne (« les baisses des taux de 2015 ont prouvé leur utilité ») se sont toutefois exprimés dans le même sens.

 

Devises

Comme en mai, l’euro s’est apprécié. Le discours du président de la BCE Mario Draghi a ici aussi joué un rôle, même s’il convient également de préciser que les fondamentaux des autres devises étaient peu favorables. Aux Etats-Unis, les taux ont certes augmenté, mais les récents chiffres économiques déçoivent. Le dollar américain a cédé 1,6 % par rapport à l’euro, portant la dépréciation sur l’ensemble du premier semestre à - 8,2 %. La livre sterling a elle aussi à nouveau cédé du terrain après le résultat électoral décevant de la Première ministre Theresa May qui n’a pas atteint la majorité espérée. La livres sterling a atteint son niveau le plus bas par rapport à l’euro depuis le début de l’année. Le yen japonais a reculé de 3,1 % par rapport à l’euro. Contrairement aux banques centrales des autres grandes régions, la Banque centrale japonaise ne semble pas encore prête à durcir sa politique monétaire. Les autres dollars ont constitué une exception : le dollar canadien s’est apprécié (+ 2,4 % par rapport à l’euro), les chiffres économiques favorables laissant entrevoir une hausse des taux plus tôt que prévu (attendue jusqu’ici en janvier 2018). Le dollar australien (+ 1,6 % par rapport à l’euro) s’est également apprécié, mais la Banque centrale australienne devrait rester plus prudente dans ses prévisions de taux.

 

Matières premières

Les matières premières ont connu des fluctuations relativement importantes en juin. Le pétrole est même passé dans un premier temps sous les 45 dollars américains le baril et peu de nouvelles supplémentaires sont venues expliquer cette chute après la dernière réunion de l’OPEP (la production en Libye a retrouvé un niveau de 1 million de barils par jour, niveau plus atteint depuis la mi-2013). Les positions à découvert (short) ont peut-être poussé les prix à la baisse, ce qui expliquerait aussi la brusque inversion de tendance en fin de mois. Quoi qu’il en soit, le cours du Brent a reculé de 17,5 % en dollar américain sur le premier semestre. De leur côté, les matières premières industrielles ont progressé après la publication de meilleurs indicateurs économiques pour la Chine. Enfin, le cours de l’or a reculé (-2,6% en dollars américains) après les commentaires des banquiers centraux qui ont laissé entrevoir une politique monétaire moins souple.

 

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