Dimanche 25/08/2019

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Zone euro : poursuite de la reprise cyclique

Chief Economist

L'activité économique s'accélère dans la zone euro. La confiance des entreprises et des consommateurs est grande, ce qui laisse espérer de meilleures perspectives économiques ces prochains mois. L’inflation reste quant à elle modérée. Dans ce contexte, la BCE se détourne des objectifs de relance, mais avec prudence et de manière progressive.

Si l'on en croit l'évolution récente des indicateurs de confiance, l'activité économique semble en mesure de dépasser aisément le niveau de 2 % (sur une base annualisée), un niveau environ deux fois supérieur aux estimations de croissance potentielle (proche de 1 %) dans la zone euro. Cela implique que l'écart de production négatif important se réduit progressivement et que le taux de chômage élevé (9,3 % actuellement) diminue fortement. Par conséquent, il est tout à fait logique que la BCE ait adopté une position plus positive ces dernières semaines. Les observateurs sont plus nombreux aujourd'hui à plaider pour une politique monétaire plus ferme. Toutefois, il n’est pas encore nécessaire de mettre un frein à l’évolution actuelle. L'inflation sous-jacente et la hausse des salaires demeurent très modérées. De plus, il subsiste encore des divergences économiques majeures entre les pays. Enfin, le resserrement prématuré de la politique opéré en 2008, 2011 et 2013 - 2014 est encore dans les mémoires et la BCE entend éviter toute action précipitée.

Bien que cette relance soit plus solide et plus généralisée que celles observées ces dernières années, d'une certaine manière, elle constitue aussi la partie la plus facile. Les faibles taux d'intérêt, les prix bas des matières premières, le faible taux de change, la fin de l’austérité et une relance mondiale davantage synchronisée ont des conséquences très bénéfiques qui s'atténueront vraisemblablement avec le temps. S'il est encourageant de constater que les réformes structurelles du marché du travail portent leurs fruits, on peut également fonder plus d’espoir dans la capacité de la chancelière Merkel et du président Macron à jouer de leur influence positive en Europe. Si des actions concrètes sont menées sur le plan institutionnel et que davantage d'investissements interviennent tant dans le public que dans le privé, les problèmes structurels liés au vieillissement de la population et à une croissance de productivité ralentie pourraient s’avérer moins difficiles à gérer. Notons par ailleurs qu'en cas de prochaine récession, des taux d'intérêt plus élevés en raison de cette dynamique durable apporteraient plus de latitude pour assouplir la politique monétaire.

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