Jeudi 18/04/2019

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Monthly Market News

Investment Desk Analyst

"Le calme avant la tempête dans un verre d’eau". Voilà comment on pourrait résumer l’évolution des marchés durant le mois de mai. Découvrez ci-après ce qu’il faut retenir, selon notre expert Johan Gallopyn, de l’évolution des actions, obligations, banques centrales, devises et matières premières durant le mois écoulé.

Marchés d’actions

La victoire d’Emmanuel Macron au deuxième tour des élections présidentielles en France avait été largement anticipée par les marchés d’actions. Au lendemain du 8 mai, les marchés ont donc fait une pause dans l’attente d’une nouvelle direction. La diminution de l’incertitude politique autour de la zone euro, la reprise de la croissance bénéficiaire des entreprises et la normalisation prudente de la politique monétaire par les banques centrales ont constitué autant de soutiens pour les cours, mais il s’agissait aussi de facteurs connus. Le calme a été brutalement interrompu en milieu de mois par les accusations à l’encontre du président Donald Trump sur une possible entrave à la justice et la communication d’informations confidentielles à la Russie. La destitution du président a même été un temps évoquée, provoquant une petite tempête sur les marchés d’actions (plus mauvaise performance sur une journée du S&P500 depuis septembre). La tempête est toutefois très vite retombée, la destitution du président apparaissant très peu probable avec un Congrès dominé par les Républicains. S’il est difficile d’évaluer l’impact de cet épisode sur le capital politique du président, il est clair que cela ne facilitera pas la réalisation de son programme. La bourse brésilienne a pour sa part plongé après les accusations de corruption dont a fait l’objet le président Temer. La perte intraday a ainsi atteint 10 % et n’a depuis pu être effacée que très partiellement. Au final, la plupart des marchés ont clôturé le mois dans le vert en devise locale, mais en euro, seuls l’Europe (MSCI EMU + 1,6 %) et l’Asie (MSCI Asia +4,5 %) ont terminé en territoire positif.

 

Marchés obligataires

La tendance d’avril s’est poursuivie avec donc, dans la zone euro, une poursuite de la contraction des spreads des pays de la périphérie et de la France suite à la diminution des risques politiques. Les risques pour la zone euro n’ont pas pour autant tous disparu : des élections législatives devront ainsi être organisées au plus tard en mai 2018 en Italie, avec un risque réel qu’elles ne soient anticipées. Tout dépendra dans les prochaines semaines de l’approbation par les deux chambres du parlement d’une nouvelle loi électorale prévoyant une composition à la proportionnelle du parlement. La possibilité d’élections anticipées en septembre fait en sorte que les spreads des obligations italiennes par rapport aux obligations allemandes restent relativement élevés et ont à peine reculé par rapport aux autres pays de la périphérie (le taux à 10 ans a grimpé de 12 points de base sur les trois derniers mois). Les taux américains ont aussi légèrement diminué malgré la perspective d’un relèvement des taux à court terme. En cause, des chiffres économiques quelque peu décevants. Les taux américains à 10 ans sont proches de leur niveau le plus faible depuis le début de l’année à 2,20 % environ. Les spreads se sont aussi à nouveau contractés pour les obligations d’entreprises, principalement dans la première moitié du mois et surtout pour les émetteurs n’affichant pas les meilleurs ratings de qualité.

 

Banques centrales et politique monétaire

La Banque centrale américaine maintient le cap pour relever ses taux dans le courant du mois. Malgré une croissance économique un peu plus faible et une nouvelle baisse de l’inflation, la Federal Reserve voudra profiter de l’environnement interne globalement favorable et du calme sur les marchés financiers pour poursuivre la normalisation de la politique monétaire. Mais plus que la probable hausse des taux, ce sont surtout les commentaires par rapport à la réduction du "quantitative easing" qui sont attendus. La Banque centrale européenne présentera ce mois-ci ses nouvelles prévisions en matière d’inflation. Mais à en juger par les récents commentaires du président Mario Draghi, ces prévisions ne plaideront pas pour accélérer le timing d’un retour à une politique monétaire moins souple. Le timing de la réduction du programme de rachat d’obligations (‘tapering’) est notamment suivi très attentivement par les marchés. En Europe aussi, l’inflation (structurelle) reste en dessous de l’objectif de la Banque centrale.

 

Devises

L’euro a poursuivi sa progression par rapport à la quasi-totalité des autres devises. La diminution du risque politique pour la zone euro et l’amélioration des chiffres économiques accentuent l’intérêt pour la devise, alors que la BCE ne devrait pas accélérer le renversement de sa politique monétaire extrêmement souple. L’euro a plus précisément gagné 3,1 % par rapport à l’USD, notamment en raison de chiffres économiques moins bons que prévu aux Etats-Unis et de la position du président Trump. La GBP est revenue sur ses pas en mai et a perdu 3,6 %. L’avance dans les sondages du parti conservateur de la première ministre Theresa May a fondu quand il est apparu que le programme du parti semblait contenir des mesures de limitation de la sécurité sociale. Une victoire moins convaincante aux élections le 8 juin pourrait renforcer les partisans, au sein du parti, d’une position dure dans les négociations sur le Brexit. La couronne suédoise a à nouveau reculé (- 1,2 %) après la confirmation par la Banque centrale de la perspective de taux faibles et négatifs à long terme, incitant les investisseurs à vendre la devise pour investir dans des devises plus rémunératrices. La croissance au premier trimestre est du reste apparue plus faible qu’attendu. Enfin, le real brésilien a perdu beaucoup de terrain (- 5,2 %) après les accusations de corruption à l’adresse du président Temer.

 

Matières premières

En prélude à la réunion des pays de l’OPEP et hors OPEP sur la reconduction des limitations de la production, le prix du baril de Brent a à nouveau repassé la barre des 50 USD. Mais l’annonce effective de la réduction de la production de l’ordre de 1,8 million de barils par jour jusqu’en mars 2018 a déçu les marchés. Avec une forte baisse pour conséquence car le marché espérait plus. D’aucuns craignent en effet que cette mesure seule ne soit pas suffisante pour éliminer les stocks, surtout avec l’ajustement à la hausse des prévisions quant à la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis. Les autres matières premières ont également reculé en raison de signaux d’un ralentissement de la croissance en Chine. Le cours de l’or a connu un creux dans la première moitié du mois, mais s’est repris par la suite en raison de l’agitation autour d’un possible impeachment de Donald Trump et du recul du dollar.

 

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