Samedi 21/09/2019

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Obligations souveraines à un siècle ? Un risque pour l’investisseur !

De nombreux pays, dont la Belgique, ont récemment étendu la maturité de certaines lignes d’obligations jusqu’à un siècle. Les Etats-Unis envisagent la même démarche afin de tirer profit du contexte de taux d’intérêt bas.

Que vous soyez contribuable ou investisseur…

Si cette initiative est louable dans la perspective d’un gouvernement, et donc d’un contribuable, elle devrait inciter à la prudence dans le chef des investisseurs. En effet, une dette publique est un postulat sur la stabilité politico-étatique.
Or, qui peut, raisonnablement, formuler la moindre anticipation sur des événements qui pourraient se concrétiser dans cinq générations ?
Il y a un siècle, en 1917, qui pouvait anticiper la fin de la première guerre mondiale ?
Et qui pouvait prévoir l’avènement du bolchévisme, ainsi que l’éruption de la seconde guerre mondiale 22 ans plus tard.

Le risque d’inflation

De surcroît, une dette à un siècle est, à mon intuition, un signe d’inflation. En effet, le moyen le plus civilisé pour diluer une dette publique dans le temps est de la rogner par l’inflation. La technique est ancestrale. Il suffit de penser aux alchimies monétaires de l’Empereur Constantin ou de Philippe le Bel, sans oublier le scandale des assignats français, l’hyperinflation de Weimar et les confiscations monétaires diverses et variées comme l’opération Gutt de 1944.

En France, par exemple, le taux d’inflation s’est établi, au cours du vingtième siècle, à environ 8 %, y compris les périodes de guerre. Aux Etats-Unis, ce taux est supérieur à 3 % entre 1913 (année de la création de la Federal Reserve) et 2013. Tous ces taux sont largement supérieurs aux probable taux d’intérêt d’emprunts à un siècle, compte tenu des circonstances monétaires contemporaines caractérisées par une (très temporaire !) désinflation. La prudence est donc de mise.

Et rendez-vous en 2117…

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