Samedi 21/09/2019

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Monthly economic outlook

Chief Economist

Le Brexit issu du référendum du 23 juin a, jusqu’à présent, eu un impact limité sur nos économies et les marchés. La confiance générale est en légère augmentation et, autre élément encourageant, la volonté de déployer des politiques budgétaires plus expansionnistes semble s’intensifier. Celles-ci seraient déterminantes dans la relance de l’activité économique et permettraient d’atteindre l’objectif de la BCE en termes d’inflation. Néanmoins, nos indicateurs sous-tendent une activité économique mondiale toujours faible et les déclarations quant aux politiques expansionnistes à venir restent vagues, ce qui laisse supposer que leur mise en œuvre pourrait prendre un certain temps. En attendant, les risques à la baisse restent importants.

  • Aux États-Unis, après un très faible début d’année, la croissance au deuxième trimestre a de nouveau déçu, écartant probablement toute chance de relèvement des taux directeurs en septembre. Cela étant dit, après correction pour l’effet de la variation des stocks, la croissance du PIB a dépassé les 2 % sur base annuelle. Les dépenses des consommateurs augmentent elles aussi à un rythme annuel d’environ 2 %. Plusieurs facteurs, dont la croissance des revenus disponibles, le sentiment des consommateurs et la bonne orientation des marchés immobiliers et de l’emploi, nous font penser que la hausse de la consommation pourrait se poursuivre. La croissance globale de la productivité reste cependant très décevante et les perspectives d’investissements sont faibles au vu de la baisse des bénéfices agrégés des entreprises et des taux d’utilisation relativement faibles. Un risque-clé pour l’économie américaine !
  • Après un excellent début d’année, la croissance économique de la zone euro a été plus modérée au deuxième trimestre. Élément encourageant : la plupart des indicateurs de confiance ont bien résisté dans la foulée du vote en faveur du Brexit. Certes, les négociations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE doivent encore commencer et le processus s’annonce long et complexe, sur fond de calendrier politique chargé avec les élections aux Pays-Bas, en France et en Allemagne en 2017. Compte tenu de l’importance de l’écart de production négatif, les pressions sur l’inflation sous-jacente devraient rester très faibles. Globalement, malgré les dernières mesures d’assouplissement prises en mars, la BCE semble toujours rencontrer des difficultés majeures dans la poursuite de son objectif d’inflation de 2 % et devrait maintenir une politique monétaire accommodante plus longtemps que prévu.
  • Au Japon, malgré une activité économique morose, l’appréciation du JPY et la chute du cours des actions, la Banque centrale du Japon (BoJ) n’a pas pris de nouvelles mesures de relance lors de sa dernière réunion en juillet. De son côté, le gouvernement de Shinzo Abe a annoncé un ensemble de nouvelles mesures budgétaires pour un total de 28,1 trillions JPY (soit environ 5,6% du PIB). Toutefois, seule une petite partie de ce montant représente de nouvelles dépenses publiques (7,5 trillions JPY dont 4,6 trillions JPY en 2016). Il serait donc exagéré de parler de réelles mesures de relance budgétaires, mais elles devraient néanmoins se traduire par une légère hausse du PIB l’année prochaine. Dans le même temps, nos indicateurs indiquent qu’il est peu probable que l’inflation augmente fortement. La BoJ devra donc probablement prendre de nouvelles mesures de relance monétaires.
  • Le sentiment vis-à-vis des marchés émergents s’est amélioré ces derniers mois suite au recul du dollar et à la stabilisation des prix des matières premières. Mais les marchés émergents ne sont pas pour autant tirés d’affaire. L’exercice de rééquilibrage de l’économie chinoise et les incertitudes liées au resserrement de la politique monétaire aux États-Unis pourraient facilement accentuer les faiblesses des marchés émergents. De plus, les récents développements en Turquie, en Russie et au Brésil rappellent à quel point les risques politiques sont réels pour certains pays. Toute nouvelle pression à la baisse sur les prix des matières premières retarderait la reprise des marchés émergents.

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