Vendredi 19/07/2019

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Monthly Market News

Investment Desk Analyst

Votre rendez-vous mensuel avec les marchés financiers. Quelles étaient les principales tendances du mois dernier en matière d'actions, d'obligations, de devises et de matières premières ? Découvrez en un coup d'œil les faits saillants de l'actualité macroéconomique.

1. Marchés d’actions

Il y aura désormais un monde avant et un monde après le Brexit. Deux mondes différents, ça ne fait aucun doute. Evolution incertaine après le chaos politique à Londres (tant au niveau du leadership du parti conservateur au pouvoir que du parti travailliste dans l’opposition), possible indépendance de l’Ecosse et réunification de l’Irlande et de l’Irlande du Nord, récession probable au Royaume-Uni, longues et difficiles négociations sur les accords commerciaux avec l’UE, ou crainte de contamination de référendums dans d’autres pays de l’UE. Lequel de ces risques se matérialisera ? La réponse est encore incertaine, mais les investisseurs se sont mis en quête, après le référendum, de valeurs refuges comme les obligations souveraines, l’or et certaines devises. Dans un premier temps, les marchés d’actions du monde entier ont été touchés, les segments les plus à risque souffrant le plus. Au niveau sectoriel, ce furent les valeurs financières. D’un point de vue géographique, les plus touchés ont été les pays de la périphérie européenne, comme l’Italie, l’Espagne et la Grèce (- 10% rien que sur la seule journée du Brexit). En cause, en partie dans ce cas, le risque de contamination, mais aussi les bilans toujours fragiles du secteur bancaire dans ces pays. Pour le Royaume-Uni proprement dit, les conséquences ont finalement été positives (FTSE100 : - 3,15% en GBP) : avec la baisse de la livre sterling, les sociétés exportatrices seront plus compétitives. Mais les sociétés cotées, le plus souvent actives à l’échelle internationale, ne reflètent pas fidèlement l’ensemble du paysage industriel britannique. Après la réaction de panique initiale, les marchés se sont redressés quelque peu en fin de mois, même si celui-ci est resté extrêmement négatif, surtout pour les marchés européens (MSCI EMU -6,0%).

 

2. Marchés obligataires

Durant la première moitié du mois de juin, les taux obligataires ont atteint de nouveaux plus bas historiques dans plusieurs pays (zone euro, Royaume-Uni, Japon, Suisse, etc.). Une évolution qui s’explique par les chiffres décevants de l’emploi aux Etats-Unis, le lancement du programme d’achat d’obligations d’entreprises par la BCE et le référendum sur le Brexit. Cela s’est encore accentué après le résultat du référendum avec la fuite vers la sécurité. Au final, les taux ont diminué partout dans le monde. Au Royaume-Uni, les taux à 10 ans ont diminué de pas moins de 56 points de base alors que les taux allemands à 10 ans sont passés en dessous de 0 et ont clôturé le mois à – 0,13%. Les segments plus risqués sur le marché obligataire sont restés à la traîne par rapport aux obligations souveraines : les obligations d’entreprises du secteur financier ont dû céder du terrain alors que d’autres obligations corporate ont bien résisté. Les obligations souveraines des pays de la périphérie ont également dû accorder des spreads plus importants, surtout le Portugal et l’Italie. L’Espagne a bien résisté lorsqu’il est ressorti des élections du 26 juin que les partis traditionnels (Partido Popular de centre-droit du Premier ministre Mariano Rajoy et parti socialiste PSOE) avaient progressé alors que les nouveaux partis Podemos et Ciudadanos avaient reculé. Trois jours après le référendum sur le Brexit, l’électeur n’a donc pas voté pour l’inconnu. Former un gouvernement ne sera certes pas facile, mais la population n’accepterait pas un troisième retour aux urnes en l’espace de six mois.

 

3. Banques centrales et politique monétaire

Si les chiffres décevants concernant la création d’emplois aux Etats-Unis en début de mois avaient déjà réduit sensiblement les chances d’une hausse des taux par la Fed durant l’été, le Brexit a quant à lui déjà réduit les chances d’une hausse des taux plus tard dans l’année. En décembre, celles-ci sont ainsi inférieures à 25 % selon le marché (sur la base des futures). En Europe, la probabilité de nouvelles mesures de relance a de nouveau augmenté à la suite du Brexit. Au Royaume-Uni, une baisse des taux est déjà attendue dans le courant de ce mois de juillet et la BCE suivra attentivement la situation pour mettre « tous les instruments disponibles en œuvre » si nécessaire. Une nouvelle baisse des taux en territoire négatif n’apparaît plus comme le scénario le plus évident compte tenu de l’impact sur la rentabilité des banques, mais n’est pas pour autant à exclure. Un élargissement ou une prolongation du programme d’achat d’obligations est également une possibilité. Selon toute vraisemblance, le Japon devrait également prendre de nouvelles mesures, d’autant que le yen japonais s’est fortement apprécié dans la foulée du Brexit, ce qui complique encore les exportations. Les banques centrales devront dans tous les cas agir de manière coordonnée et intervenir si besoin est sur les marchés des changes (cfr. la banque centrale suisse) tout en fournissant les liquidités nécessaires aux banques.

 

4. Devises

Durant les journées qui ont précédé le référendum sur le Brexit, la livre sterling a progressé, les marchés anticipant plutôt un « Bremain ». La correction a ensuite été de plus en plus forte à mesure que les résultats étaient publiés, tant par rapport au dollar américain que par rapport à l’euro. La livre a ainsi atteint son niveau le plus bas par rapport au dollar américain depuis 1985. Contrairement à ce qui s’est passé sur d’autres marchés, la monnaie n’est par ailleurs pas parvenue à se redresser dans les jours qui ont suivi le référendum. Cela est dû, d’une part, aux fondamentaux économiques défavorables du Royaume-Uni avant même le Brexit (déficit budgétaire et déficit de la balance commerciale) et, d’autre part, à l’anticipation d’un nouvel abaissement des taux au Royaume-Uni. Au final, la livre a perdu 8,6% par rapport à l’euro au mois de juin. L’euro a reculé par rapport au dollar après le référendum, mais sur le mois, les dégâts sont au final restés très limités. Par rapport au yen, autre devise refuge, l’euro a perdu 7,0%.

 

5. Matières premières

Valeur refuge par excellence en période de turbulences, l’or a été un des grands vainqueurs du mois de juin. Le cours de l’or a échoué de peu en dessous de 1.350 USD l’once le jour de la publication des résultats du référendum pour finalement terminer le mois sur un gain de 8,5% (en USD). La présomption selon laquelle les taux resteraient faibles plus longtemps que prévu suite au Brexit représente un facteur de soutien. Le cours du pétrole est resté pratiquement inchangé en juin et s’est totalement remis du creux accusé après les résultats du Brexit. La production des pays de l’OPEP reste certes élevée, mais le marché s’attend à ce qu’elle continue à évoluer vers un équilibre entre l’offre et la demande. Les matières premières industrielles ont progressé après un faible mois de mai.

 

 

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