Jeudi 18/04/2019

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Vox populi : atouts et défis du changement collaboratif

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Plus que jamais en quête de sens, l’entreprise cherche à mobiliser toutes ses parties prenantes (actionnaires, employés, clients et fournisseurs) autour d’un même but et de valeurs communes. Comment ? En développant l'esprit de communauté et des écosystèmes collaboratifs durables. Un modèle testé et approuvé par deux jeunes entreprises bruxelloises : Brussels Beer Project et la coopérative färm.

En décalage

Les consommateurs font de moins en moins confiance aux grandes marques. Cette perte de confiance crée une déconnexion entre les marques et leurs clients qui, plutôt que de succomber aux arguments marketing, se tournent de plus en plus vers le bouche-à-oreille. Au-delà du simple rapport qualité/prix, les clients recherchent avant tout de la confiance, de la transparence et de l’authenticité.

Réinventer l’organisation

Cette quête de sens et cette recherche de valeurs s’appliquent également au monde du travail. En effet, le rapport à l’entreprise est également en train de changer : aujourd’hui, les employés sont de plus en plus désengagés de l’entreprise dans laquelle ils travaillent, parce qu’elle n’est plus alignée avec leurs valeurs. Or, le sentiment d’appartenance  à un groupe, l’apprentissage de nouveaux outils et de nouvelles cultures sont précisément ce que recherche la génération Y dans l’entreprise, qui devient de plus en plus le prolongement de soi-même.

Le sens, facteur de succès

Comment dès lors créer de la valeur et donner du sens à ses collaborateurs ? En se basant sur la transparence et la confiance et en adoptant un mode de gouvernance reposant sur un mode collaboratif : en étant libres de faire des choix, les employés se sentent valorisés, responsabilisés et en confiance. Libérées des schémas et des modes de fonctionnement traditionnels, les entreprises sont aussi plus performantes : des employés épanouis, qui trouvent du sens dans leur travail quotidien, sont naturellement plus motivés et travaillent mieux. Cette réflexion identitaire, qui bouscule les entreprises, est le reflet de l’évolution des sociétés : contre 3 % en 2012, 9 % des entreprises sont aujourd’hui « libérées ». Une progression qui en dit long sur la volonté de changer les mentalités.

Le goût de l’aventure

Cet état d’esprit, Brussels Beer Project l’a bien compris. Fondée il y a trois ans et demi, cette brasserie bruxelloise fonctionne selon un processus de cocréation. Tout est pensé en équipe et chacun met la main à la cuve : « Casser les silos permet de favoriser l’adhésion et une organisation plane laisse plus de place à la créativité », explique Sébastien Morvan, fondateur de Brussels Beer Project. « Vingt pourcents du temps de chaque collaborateur est alloué à une mission de son choix. Nous voulons faire vivre nos valeurs au cœur de notre entreprise afin que chacun s’y sente aligné et les vive à 100 % en interne ». Outre des valeurs de responsabilité, la notion de plaisir est aussi essentielle : Brussels Beer Project crée 30 recettes de bières éphémères par an, « un moment fondateur de la culture d’entreprise ». Avec une communication online, offline, des événements et une forte présence sur les réseaux sociaux, la brasserie a su s’entourer d’ambassadeurs de qualité, internationaux même, puisque la brasserie de la rue Dansaert compte désormais une annexe à Tokyo !

Des salades et des hommes

Les métiers de la distribution ne sont pas en reste : chez färm, chaîne de magasins bio, tous les stakeholders sont impliqués dans le conseil d’administration (fournisseurs, investisseurs, collaborateurs, clients) selon des principes démocratiques. « En étant liées par la mission de l’entreprise, toutes les parties prenantes se sentent impliquées, dans une logique de confiance et de coresponsabilité », précise Alexis Descampe, CEO de färm. Team building chez un fournisseur, comités participatifs, charte de marque : les valeurs de transparence et d’intégrité se reflètent dans toutes les initiatives mises en place par la coopérative. Fondée en 2013, employant 75 collaborateurs répartis dans six points de vente à Bruxelles et en Wallonie, et réalisant un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros, färm s’est également dotée d’une cuisine et d’une boulangerie. Un cheminement qui ne s’est pas fait sans heurts : « Cette autonomie dans la prise de décisions et ce partage des responsabilités exigent une parfaite organisation et un dialogue constant, mais à la clé, nos collaborateurs ont le sentiment d’être parfaitement à leur place, tout en étant utiles à la collectivité ».

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