Mercredi 26/06/2019

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Co-living, co-working : vers un nouveau paradigme

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Partage d’information, esprit de communauté, convivialité: nos façons de vivre et de travailler évoluent de plus en plus vers un mode collaboratif. Plus qu’un phénomène générationnel, l’économie collaborative répond à un réel besoin du marché et de la société. Rencontre avec les co-fondateurs de Silversquare et Cohabs, deux acteurs majeurs de ce nouveau modèle.

Ensemble, on est plus forts

Ces dernières années ont vu émerger des valeurs telles que la dé-hiérarchisation, un meilleur équilibre travail-loisirs, la mise en commun des outils, des biens et des savoirs. Portées par la génération Y (les personnes nées entre 1980 et 1999), ces valeurs ont progressivement bouleversé les modèles économiques traditionnels : fin des modèles basés sur la propriété, structure horizontale des organisations et modèles collaboratifs.

C’est ainsi qu’est apparue l’économie collaborative, « une activité de pair à pair, qui vise à produire de la valeur en commun et qui repose sur de nouvelles formes d’organisation du travail et d’échanges », promettant une vraie transformation : économique (réduction des coûts et meilleure répartition des richesses), écologique (moins de consommation) et sociale (plus d’interactions).

Partage de bureaux et… d’informations

De ce modèle sont nées des initiatives locales et privées, qui ont aujourd’hui tendance à se professionnaliser. C’est notamment le cas de Silversquare, qui propose des espaces de coworking pour les entrepreneurs, indépendants et PMEs  en créant des lieux de travail hyper-connectés, tant sous forme de bureaux privatifs que flexibles. « Nos 720 membres-locataires ont des profils très différents : des start-ups digitales aux petites entreprises de 15 à 20 personnes de tous types de secteurs d’activités, en passant par des jeunes retraités qui gèrent leurs investissements et qui apportent avec eux tout leur background », précise son fondateur Axel Kuborn.

Résultat : un lieu de travail inspirant et riche en rencontres. Accessibilité, aménagement intérieur et infrastructure informatique : tout est étudié pour faciliter les échanges et faire de cette plateforme bien plus qu’un lieu de travail. Créée sur base de fonds propres, la start-up - leader en Belgique - a réalisé une augmentation de capital en septembre 2016 grâce à un fonds d’investissement belge (34 %). Après neuf ans d’existence et un chiffre d’affaires d’environ quatre millions d’euros, son objectif est d’ « être présent avec dix centres d’ici 2020, sans exclure la possibilité un jour de se faire racheter ».

Logement collectif

Et si les espaces de vie étaient eux aussi communs ? Née en février 2016, la start-up Cohabs a développé un réseau de maisons partagées dans des quartiers urbains, principalement à Bruxelles. « Nous proposons des solutions de logement flexibles et meublées sous forme de colocation pour des jeunes professionnels s’installant à Bruxelles », explique François Samyn, co-fondateur.

Une ambiance ‘auberge espagnole’ qui s’appuie sur la technologie pour faciliter la vie en communauté et la gestion de ses membres, grâce à une application dédiée. « Notre philosophie : offrir des lieux de vie flexibles et chaleureux, bien localisés et résolument tournés vers la communauté (grâce à des dîners et des événements) ». Là aussi, pour grandir, Cohabs a fait appel à des investisseurs extérieurs (quelques investisseurs privés pour l’instant). Aujourd’hui, avec 116 chambres réparties dans des maisons unifamiliales, l’ambition de Cohabs est de viser de plus gros projets en s’étendant notamment aux grandes villes européennes d’ici les cinq prochaines années.

Et après ?

Modèle disruptif voué à prendre la place des acteurs traditionnels ou intégration progressive dans l’offre existante ? Malgré la popularité de l’économie collaborative, plusieurs questions menacent son déploiement et les challenges restent nombreux : un cadre législatif flou avec encore de nombreuses zones grises (en matière d’assurances et de fiscalité) et une certaine précarisation. Pour continuer à croître, son ambition est d’ouvrir l’accès à d’autres métiers et de révolutionner certains secteurs. De plus, les efforts concertés par les politiques et par les villes de faire levier sur l’économie collaborative pour améliorer l’environnement vont renforcer le mouvement et faciliter l’émergence d’autres innovations.

Quelle que soit son évolution, ce nouveau modèle reste une source d’opportunités gigantesques dans les années à venir et sa professionnalisation constitue un immense potentiel dont on n’a pas fini d’entendre parler.

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