Dimanche 31/05/2020

Top Header

Langues

Bilan 2015 – Perspectives 2016 (II)

Responsible Investment Strategist

Différents facteurs laissent fort à penser que quatre thèmes clés mis en avant en 2015 domineront encore en 2016. Parmi ceux-ci : les obligations vertes et la transition énergétique.

Auparavant, dans cette série de quatre articles :

 

 

 

 

Obligations vertes et transition énergétique

L’année 2015 marque une nouvelle année record d’émissions d’obligations vertes : plus de $ 42 milliards fin novembre, notamment dans le cadre de la transition énergétique. Le marché pèse aujourd’hui plus $ 100 milliards et se diversifie à travers les secteurs. Si les banques multilatérales et les supranationaux sont toujours fortement représentés, le monde corporates est dorénavant le premier émetteur représentant près de 45% des émissions de 2015.

Univers des obligations vertes par secteur, rating et montants émis au 27-11-2015

En terme de diversification, l’Europe et les Etats-Unis restent les principaux émetteurs de green bonds mais leur part diminue avec la venue d’autres pays et devises.  L’Asie devrait être un émetteur important pour les années à venir, principalement l’Inde et la Chine, confrontés à une pollution insoutenable.

Distribution géographique des green bonds par pays et devises – 27/11/2015

Même diversification en termes de ratings, si la haute qualité prédomine les émissions se diversifient également sur l’ensemble des ratings. Ce mouvement vers davantage de diversification va se poursuivre en 2016 et suivantes.

Distribution par rating S&P et investissement – 27/11/2015

Du côté de la demande,plusieurs investisseurs se sont engagés à investir des montants considérables dans ce marché.

Le groupement des investisseurs institutionnels sur le changement climatique (IIGCC) regroupe aujourd’hui près de 110 investisseurs représentant plus de € 11 trillions d’actifs sous gestion. Leur objectif est d’encourager les politiques publiques, les pratiques d’investissement et le comportement fiduciaire pour adresser les risques et opportunités long-terme associés au changement climatique.

Plus de 60 investisseurs institutionnels se sont engagés à mesurer et publier l’empreinte carbone de leur portefeuille en signant le Montreal Climate Pledge. Afin d’améliorer leur empreinte carbone il est fort à penser que ceux-ci reverront à la hausse leur investissement en green bonds pour les prochaines années.

La hausse constante des signataires des Principes d’Investissement Responsable sponsorisés par les Nations-Unies et la demande croissante pour plus d’impact mesurable assurent également la demande pour ce type d’investissement.

Renforcé par les principes des green bonds, le secteur bénéficie également d’une crédibilité croissante notamment grâce à un reporting et un contrôle des engagements de plus en plus professionnels. Ces initiatives soutiennent le secteur et assure son essor pour les prochaines années puisque les investissements en infrastructure a bas carbone sont gigantesques, en particulier dans les économies émergentes telles que la Chine ou l’Inde qui à elles seules nécessiteraient respectivement l’équivalent de $ 450 milliards par an et$165 milliards pour assurer leurs objectifs climatiques de 2030.

Estimation des besoins d’investissement globaux 2015-2060

Si les acteurs publics ont été historiquement les pourvoyeurs de fonds, le capital futur proviendra des acteurs privés car les gouvernements sont restreints par les contraintes budgétaires publiques et les banques font face à des exigences toujours plus sévères vis-à-vis de leur bilan.D’autres sources seront nécessaires pour l’investissement supplémentaire ; ce qui est favorable à la diversification du marché.

BoAML estime entre US$ 50 et 60 milliards d’émissions supplémentaires en 2016, en ligne avec l’année précédente, notamment dans le contexte de taux historiquement bas et du quantitative easing. Dans le cas d’un scénario moins conservateur, les émissions nouvelles pourraient s’élever à US$ 80-90 milliards et à moins de US $ 45 milliards dans le cas contraire.

Mail