Samedi 28/03/2020

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Journée internationale des droits des femmes: l'avenir est à la parité

La finance, un métier d’homme ? C’est peut-être bien en train de changer. A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, nous sommes allés discuter avec cinq de nos collègues. Toutes passionnées. L’occasion d’évaluer leur sensibilité à la problématique des femmes dans l’entreprise, mais surtout de savoir ce qui les passionne dans leur travail et comment elle font chaque jour leur marque.

A la tête du département Estate Planning, Ariane Joris ouvre le feu : « J'ai reçu la même éducation que mon frère ! Nous avons chacun choisi nos études en fonction de nos passions et pas en fonction de si on était un homme ou une femme, j’ai choisi le droit. » Juriste de formation, Ariane vient d’un environnement certainement plus mixte que le monde bancaire. « Mais ce n'est pas pour autant que, chez Degroof Petercam, nous ne sommes pas entendues et respectées pour ce que nous sommes.» En tant que responsable du département qui conseille les clients en matière d’organisation patrimoniale, Ariane est spécialisée en droits civil et fiscal. « Avec mon équipe, je suis les évolutions juridiques et fiscales, analyse des textes et des questions techniques. Cette expertise nous permet d’accompagner au mieux nos clients dans la structuration et la transmission de leur patrimoine en tenant compte de leurs souhaits personnels et familiaux. Offrir cette tranquillité d’esprit à nos clients, c’est ma manière d’avoir un impact humain, même si c’est avec des capacités techniques. »

Attirer l’attention sur les inégalités
Le 8 mars, Assia Adanouj, Equity Sales, Financial Markets, en connaît la signification, briefée depuis longtemps par une grande sœur féministe pure et dure. A 33 ans, la jeune femme a toujours été dans le trading. Les actions, le fixed income, les produits commodités comme l'or, et les produits dérivés. « En clair, depuis mon master en Finances, je suis souvent la seule fille parmi vingt traders. A Londres où j’ai passé plusieurs années, ils oubliaient parfois que j'étais là car la difference de genre n’existait plus à leurs yeux. Pour eux, j’étais une collègue trader comme les autres.» Pour elle, cette Journée des Femmes sert avant tout à attirer l'attention sur des inégalités qui persistent encore aujourd'hui. Le gender gap, par exemple.
Et la propension naturelle à gérer les relations interpersonnelles, une compétence typiquement féminine ? « Bien sûr, certains hommes possèdent également ce genre de compétences. C’est un vrai atout d’être une femme dans la finance. Personnellement, c’est un vrai atout d’être une femme tout court. », poursuit Sandra Francken en souriant.

La diversité, une vraie richesse
Pour Sandra, mettre les femmes en lumière est bénéfique : « La diversité des opinions et des personnalités, c’est toujours un atout pour une entreprise. » Responsable de l'agence de Louvain et Directrice Régionale pour le Brabant Flamand, Sandra trace sa route dans la finance depuis toujours. « J'aime ces entreprises, j'aime le stock market. J’aime conseiller nos clients sur leur portefeuille. Je trouve important de les accompagner pour la vie. Je veux vieillir avec mes clients. » Voilà comment sceller en une phrase « Imagine tomorrow » et « Make a mark » ! Et y inclure la parité hommes-femmes : «Au quotidien, cela installe une ambiance plus sereine. La communication est plus gérable quand il y a deux ou trois femmes dans une équipe. »

En faire plus
Nathalie Debruyne est Sell-Side Equity Analyst, un job qui requiert de comprendre le business model d’une entreprise et de la valoriser. Entrer dans l’histoire d’une entreprise, la comprendre, parler avec son management et les mettre en lien avec des investisseurs. Sa valeur ajoutée ? « Mon background économique et financier me permet d’analyser mon secteur en profondeur et à émettre un avis professionnel sur les sociétés analysées. Je fonctionne comme une sorte de filtre entre les entreprises et les investisseurs ». Nathalie évolue dans le milieu essentiellement masculin des marchés financiers : « C’est comme ça depuis mes études et ce n’est pas un problème. Cela m’a toujours motivé à vouloir faire en sorte d’être meilleure dans mon travail pour affirmer ma crédibilité. »

Faire carrière en restant qui on est ?
A l’Estate Planning comme au Private Banking, la réponse est oui. « Dans ma carrière professionnelle, j'ai sans doute eu de la chance mais, j'ai toujours eu le sentiment que je pouvais évoluer grâce à mes compétences indépendamment que je sois une femme, se réjouit Ariane. « Dans une situation de crise, c'est utile de pouvoir s'appuyer sur les forces différentes des uns et des autres. Si on est tous pareils avec les mêmes forces et les mêmes faiblesses, et qu’un événement touche le point faible, c'est la catastrophe. Cette complémentarité vaut tant pour des hommes et des femmes, que pour des personnes qui s'expriment volontiers en public et d'autres moins, des personnes très analytiques et d'autres synthétiques, des collégiales et des individualistes... Toute cette diversité là est forte. Selon moi, femme et homme sont à même de trouver leur place à tous les niveaux de la banque. » Et Sandra Francken de conclure avec sagesse : « Evaluer la qualité du travail effectué, le rémunérer à sa juste valeur, c’est une forme de respect que l’entreprise doit à ses collaborateurs, indépendamment si ce sont des femmes ou des hommes. »

Passion et expertise
Dans la salle de marchés, l’ambiance est autre. « Ce sont des métiers à forte dominance masculine », commente Assia. Ça peut changer, dit-elle avec un sourire, mais ça ne va pas être pour tout de suite. Donc, il ne faut pas se laisser marcher sur les pieds. Et surtout, il faut avoir cette passion pour les marchés. C'est ce qui me motive depuis plus de dix ans. Chaque jour est une surprise, positive ou négative. J'adore ça. Il faut savoir rebondir. Chaque jour appelle sa créativité, sa proactivité, son assertivité. Si vous cherchez la routine, passez votre chemin. »

Même son de cloche chez Hilde de Jaeger, responsable de l'équipe des clients institutionnels en Belgique au sein de Degroof Petercam Asset Management : « Les clients institutionnels constituent un segment très spécifique où la connaissance des marchés, des produits, des réglementations financières et des interactions avec les différents interlocuteurs requiert un haut degré d'expertise et de maturité. Grâce à ma passion pour mon métier, je m'efforce d'aller au-delà de la devise "just go for it". En tant que commerciale, vous n'avez qu'une seule chance et la première impression compte. Pour moi, c'est la clé pour aller plus loin. Le diable se trouve dans les détails ! » conclut-elle en guise de clin d’œil.

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