Vendredi 22/11/2019

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Impact investing ou investissements ESG : qui va convaincre l’investisseur ?

Responsible Investment Strategist

Si la formulation de la question semble opposer ces deux approches, en réalité, il n’en est rien. Bien au contraire ! Elles se nourrissent mutuellement et sont indispensables l’une par rapport à l’autre. Les explications d’Ophélie Mortier, Responsible Investment Strategist, suite à sa participation au Luxembourg Sustainability Forum en juin dernier.

 

Les forces et les faiblesses de ces deux mondes sont largement connues :

  • L’impact investing, plutôt celui de la sphère des investissements privés, est clair quant à sa mission d’impact ; l’intentionnalité est visible, mesurable et vérifiable. Le défi reste son accessibilité à tout investisseur et dès lors sa taille potentielle et l’ampleur de son impact.
  • Les investissements durables et responsables se focalisent sur les dimensions ESG (processus et produits) en tenant compte notamment de la licence sociétale de l’entreprise et l’impact de ses produits vis-à-vis des défis ESG. Si l’intentionnalité et particulièrement ses métriques restent un défi à prouver pour l’industrie, l’impact est bien présent et son rayonnement bien de plus en plus important.

Un enrichissement mutuel

  • En termes financiers, les investissements durables et responsables apportent à l’impact investing la profondeur qui lui manque aujourd’hui et permettent un levier essentiel face à la taille des financements requis.
  • En termes d’impact, l’impact investing a repoussé les limites de l’investissement durable et responsable en l’obligeant non seulement à se détourner des acteurs les moins exemplaires/vertueux, mais à démontrer sa contribution à un impact positif pour la société dans sa globalité.

En regardant le long chemin parcouru par notre expertise durable jusqu’à aujourd’hui, ce double apprentissage est tangible tout au long de ces dix-sept dernières années. En effet, les premières stratégies lancées chez Degroof Petercam reflétaient des approches dites best-in-class pures qui laissaient peu de place à la transition, aux efforts ou à l’engagement. Aujourd’hui, il ne suffit plus de ne pas investir dans les moins vertueux de leur secteur. Il faut de l’engagement, de l’impact et des mesures. Sans tomber dans le piège d’un reporting à outrance, la transparence demande des indicateurs et des informations pertinentes et fiables. Ainsi, derrière le chiffre absolu d’empreinte carbone, il est avant tout essentiel de comprendre les contributeurs de cette dernière, leurs parcours futurs et leur évolution.

Plus d’exigence et plus d’analyse

Cela conduit également à être plus critique vis-à-vis de l’information reçue. La requête d’impact conduit à s’interroger sur la raison d’être première de l’entreprise, son inscription dans la contribution à un monde plus durable et son évolution dans le temps. Les thématiques durables sont de plus en plus reflétées dans les portefeuilles, constituant la différenciation majeure avec les fonds ESG qui intègrent généralement le risque lié aux enjeux ESG et pas systématiquement (notion d’intentionnalité !) la réponse aux enjeux de durabilité. Cela requiert une analyse de plus en plus pointue et ciblée des vrais enjeux du secteur ou sous-secteur. Ici aussi, il y a « impact » pour les gérants d’actifs et autres acteurs de la finance : engager un dialogue avec les agences de notation ESG pour une compréhension mutuelle des vrais enjeux et des scores ou notations qui reflètent cet aspect de risque/opportunité combiné, et non le degré de reporting de l’entreprise.

« Investir, ne pas investir ou désinvestir ?
Une décision qui a de l’impact ! »

Et la durabilité des pays ?

Etant donné que l’investissement durable a la capacité d’étendre l’impact à toute l’économie et combler les besoins de financement liés aux enjeux de durabilité, il se doit donc d’utiliser tous les leviers possibles. Les obligations souveraines en font partie. Si l’estimation de durabilité des pays semble un exercice complexe où l’engagement peut être particulièrement limité, les obligations souveraines restent néanmoins la plus grande classe d’actifs des investissements publics et dès lors un outil de financement majeur. Engager un dialogue avec un pays n’est certes pas à la portée de tous. Cependant, décider d’investir ou non dans la dette d’un pays a par définition un impact. Investir, ne pas investir ou désinvestir ? Une décision d’investissement est un choix. Et qui a un impact !

Quelles que soient leurs limites, leur complémentarité, leurs différences, l’essentiel des investissements responsables et de l’impact investing n’en reste pas moins de viser un objectif commun de durabilité au sens premier du terme : satisfaire les besoins des générations actuelles sans compromettre les besoins des générations futures. Cela sous-tend également une remise en question permanente de ses approches et convictions pour évoluer avec son temps.

Face à des changements de paradigme importants à tous niveaux - démocratie, consommation, environnement, technologies, etc., - deux options s’offrent à nous :

  • refuser le changement et lutter pour le statuquo que certains défendent car plus social, plus humain  ou ;
  • accepter le changement et la disruption et rester ouvert et critique aux solutions pour accompagner cette transition  dans un cadre de bonnes pratiques et d’échanges sur les alternatives durables à chaque point de l’activité dorénavant circulaire.

Pour en savoir plus :
https://blog.degroofpetercam.com/fr/sustainability/1713/catherine-champagne-impact-investing-philanthropie-isr

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