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Monthly Market News
Monthly Market News Mars 2020
Par Johan Gallopyn - Investment Desk Analyst
Mars 2020 restera à jamais gravé dans les mémoires. À cause de la propagation rapide du COVID-19 bien sûr, mais également, pour les investisseurs, à cause de ses répercussions sur l'économie et les marchés financiers. Notre expert, Johan Gallopyn, analyse les fluctuations extrêmes qu’ont connues les marchés des actions, des obligations, des devises et des matières premières le mois dernier.
Marchés d’actions : volatilité extrême
Le 19 février n’est déjà plus qu’un lointain souvenir. À cette date-là, le S&P500 et le Stoxx600 battaient encore de nouveaux records historiques. À peine un mois plus tard, les marchés d'actions affichaient une baisse d’environ30 %, le recul le plus important jamais enregistré sur une si courte période. À la fin du mois de mars, les bourses ont réussi à récupérer une petite partie de leurs pertes, mais les trois premiers mois de l’année se sont terminés sur la plus mauvaise performance enregistrée depuis le quatrième trimestre de 2008, en pleine crise financière. Durant ce mois, le S&P 500 a enregistré en une séance sa plus forte baisse (-11,98 % le 16 mars) et sa plus forte hausse (+9,4 % le 24 mars) depuis plusieurs décennies. Les mesures de confinement vont provoquer une récession globale, alors que le Covid-19 se propage dans le monde entier. L'effondrement du cours du pétrole à la suite de la rupture du pacte de l’OPEP+ a ajouté une pression supplémentaire sur les bourses. 2020 devait être l’année de la reprise des bénéfices des entreprises, mais les investisseurs s’attendent à présent à de fortes baisses, ainsi qu’à l’annulation des dividendes et à la suspension des programmes de rachat d’actions propres. Au niveau sectoriel, les plus mauvaises performances ont été enregistrées par les secteurs de l’énergie, des compagnies aériennes et du tourisme. La technologie, la pharmacie et les biens de consommation ont quant à eux limité les dégâts.
Marchés obligataires : les mesures des banques centrales stabilisent le marché
Les rendements obligataires ont flambé à la mi-mars. Le taux à 10 ans américain est ainsi passé de 0,50 % à 1,25 % et le taux à 10 ans allemand de -0,87 % à -0,18 %. Les besoins de liquidité de certains acteurs du marché ont joué un rôle dans la baisse du prix des obligations d’état, en plus de la crainte d’une forte augmentation des dettes publiques. Une erreur de communication commise par la présidente de la BCE Christine Lagarde lors d’une conférence de presse (« Nous ne sommes pas là pour combler les spreads ») a par ailleurs provoqué une hausse des taux sur les obligations d'État italiennes et les emprunts d'autres pays du sud de la zone euro. Par la suite, la présidente de la BCE a réitéré qu’il n’existe pas de limite en termes d’engagement de la banque centrale à la monnaie unique. Le spread des obligations d’entreprises européennes « investment grade » a grimpé à 250 points de base (90 points de base mi-février), un niveau supérieur à ceux qui avaient été atteints en 2015-2016, lorsque le marché s’inquiétait du ralentissement de l’économie chinoise. Les écarts de rendement restent largement inférieurs aux niveaux de 450 points de base enregistrés lors de la crise financière de 2008. Les spreads des obligations à haut rendement ont augmenté à un peu moins de 800 points de base. Les mesures des banques centrales (programmes d’achat) ont ensuite permis de stabiliser les spreads.
Banques centrales : mesures inédites
En situation de crise, les banques centrales interviennent dans le cadre de leur mission de « prêteur de dernier ressort ». Leurs actions sont davantage axées sur les injections de liquidités dans le système financier. Des initiatives à grande échelle ont été prises en ce sens dans le monde entier. Il s'agit d'opérations de refinancement proposées aux banques commerciales à des conditions favorables, afin que celles-ci puissent continuer à accorder des prêts aux ménages et aux entreprises. Par ailleurs, des rachats massifs d’obligations, tant privées que publiques, sont aussi effectués. La Réserve fédérale américaine s’est engagée à acheter des obligations d’état américain pour un montant « nécessaire », laissant entendre qu’il n’existe potentiellement pas de limite quant à ses achats d’obligations d’état. Par ailleurs, la Réserve fédérale américaine a ramené son taux directeur au même niveau qu’en 2009. Elle a d’abord abaissé son taux directeur de 0,50 % lors d’une première réunion d’urgence le 3 mars, puis les a à nouveau réduits de 1 % le 15 mars.

Devises : tout le monde veut des dollars
Le dollar américain a clôturé quasiment stable, mais au cours du mois, la devise a fluctué entre 1,14 et 1,07 par rapport à l’euro. Le dollar a dans un premier temps reculé à cause des baisses de taux réalisées par la Réserve fédérale, lesquelles ont fait perdre à la devise l’avantage de taux dont elle bénéficiait jusqu’alors. Mais le billet vert est ensuite reparti à la hausse face à l’aggravation de la crise du coronavirus et à ses répercussions sur les marchés financiers. Les investisseurs se sont rués sur le dollar, car ils considèrent cette devise comme un placement sûr et liquide. La monnaie s’est stabilisée après que la Fed ait facilité l’octroi de dollars aux principales banques centrales du monde afin d’éviter une pénurie de dollars dans le système financier. La livre britannique s’est fortement repliée au cours du mois de mars et a renoué avec ses plus bas post-Brexit par rapport à l’euro et est même retombée à un niveau qui n’avait plus été atteint depuis le milieu des années 1980 par rapport au dollar américain. Cette dépréciation s'explique par les importants mouvements de fuite vers le dollar et par la faible réaction initiale du gouvernement britannique face à la menace du coronavirus. Les devises exposées aux matières premières ont aussi fortement baissé. La couronne norvégienne a perdu 10,8 % en raison de l’effondrement du cours du pétrole et de deux baisses de taux de la banque centrale en l’espace de deux semaines. Les devises des pays émergents ont également cédé beaucoup de terrain.
Matières premières : le pétrole diminue de moitié
Début mars, la Russie a refusé la proposition de l'Arabie saoudite d'augmenter encore les réductions de production dans le but de répondre au recul de la consommation dû à la pandémie du coronavirus. L'Arabie saoudite a par conséquent décidé de changer son fusil d'épaule et d’augmenter sa production afin de gagner des parts de marché. Face au recul de la demande et à l'augmentation de l'offre, le marché est aujourd’hui inondé de pétrole, au point de faire craindre une saturation des capacités de stockage. Le 9 mars, le Brent avait chuté de près de 25 % et, à la fin du mois, il avait perdu la moitié de sa valeur, pour s’établir à un peu plus de 20 dollars le baril, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis 2002. Les matières premières industrielles se sont également effondrées par crainte d’une récession mondiale. Le cours du cuivre a dégringolé d’environ 15 % (en dollar américain). L’or a, quant à lui, connu de fortes fluctuations durant le mois et est même passé à un moment sous la barre des 1 500 dollars l’once. Des facteurs techniques ont évidemment joué un rôle (besoins de liquidité chez certains investisseurs), mais le cours a aussi été influencé par des facteurs plus fondamentaux. La baisse des anticipations d'inflation a ainsi entraîné une hausse des taux d'intérêt réels (et donc du coût d'opportunité), ce qui a pesé sur le cours de l’or.

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