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Actions, obligations: les tendances des marchés. Juillet 2018
Par Johan Gallopyn - Investment Desk Analyst
Le nouveau sursaut du conflit commercial, les banques centrales, l’Italie, l’OPEP, etc. sont autant de facteurs qui ont influencé les marchés en juin. Notre expert Johan Gallopyn revient pour vous sur leurs conséquences sur le marché des actions, des obligations et des devises au cours du mois passé.
Marchés des actions
Les échanges de menaces et les tweets sont allés bon train entre les États-Unis, la Chine et l’Europe. Si les mesures effectives restent pour le moment limitées, elles pourraient toutefois entrer en vigueur début juillet et toucher plus durement les partenaires commerciaux que les États-Unis. L’économie européenne est extrêmement ouverte et son rythme de croissance est, tout comme celui de la Chine, déjà en perte de vitesse. Si les droits de douane actuellement sur la table (tant les mesures concrètes que les menaces), qui s’élèvent à un total de 450 milliards de dollars, venaient à être réellement appliqués, cela affecterait alors la majeure partie des exportations de la Chine vers les États-Unis. Désireuse d’atténuer l’effet d’une telle décision sur l’économie, la banque centrale chinoise a déjà abaissé le taux des réserves que les banques commerciales doivent conserver auprès d’elle, afin de leur permettre d’octroyer plus facilement des crédits. En Allemagne, l’industrie automobile s’est retrouvée sous pression et Daimler a été la première grande entreprise à émettre un avertissement sur résultats en prévision d’une diminution des ventes et d’une augmentation des coûts dues aux droits de douane. Le cours des actions des autres constructeurs automobiles allemands est également en baisse. Dans ce contexte, le marché d’actions américain a enregistré de meilleurs résultats que les marchés européens et les États-Unis ont été la seule région à afficher une performance positive au cours du mois passé (+0,6 % en euros pour le MSCI US). L’indice Nasdaq Composite a même enregistré un nouveau record historique. Les marchés émergents ont quant à eux à nouveau perdu du terrain. Au cours des prochaines semaines, les entreprises publieront leurs résultats du deuxième trimestre. Les attentes sont particulièrement élevées pour les entreprises du S&P500, avec une progression de 20,0 % (consensus des analystes) par rapport au deuxième trimestre de l’exercice précédent.
Marchés des obligations
L’Italie étant enfin parvenue à former un gouvernement grâce à une coalition entre la Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles, un certain soulagement s’est observé sur les marchés obligataires européens. Le gouvernement a réitéré son intention de réduire les impôts et d’instaurer un revenu minimum – des mesures qui ne seront pas sans conséquence sur le budget –, mais a confirmé par la même occasion qu’il ne remettait pas en question l’appartenance de l’Italie à la zone euro. À la suite de cette annonce, le taux des obligations allemandes à 10 ans – valeurs refuges s’il en est – est reparti à la hausse vers la barre de 0,50 %, tandis que celui des obligations italiennes piquait du nez. Ce rendement reste toutefois supérieur d’un point de pourcentage complet (autour des 2,75 %) au niveau atteint avant la crise liée à la formation du nouveau gouvernement. Les taux des autres pays périphériques se sont en grande partie normalisés. À l’issue de la réunion de la BCE, qui promettait une approche prudente, et à la suite du nouveau sursaut des tensions commerciales, le taux allemand s’est à nouveau replié pour clôturer le mois aux alentours de 0,30 %. Le taux américain à 10 ans a continué à évoluer au sein d’une fourchette relativement étroite, entre 2,8 % et 3,0 %, deux paliers entre lesquels il oscille depuis quelques mois déjà. Le différentiel entre les taux à 10 ans et à 2 ans s’est de nouveau contracté, à 30 points de base, le niveau le plus bas depuis 2007. Les taux sur les obligations à plus court terme sont à nouveau poussés à la hausse par les relèvements des taux auxquels devrait procéder la Réserve fédérale, tandis que ceux à plus long terme reculent, mis sous pression par des investisseurs en quête de placements sûrs. Les spreads des obligations d’entreprises se sont à nouveau étendus, suivant un mouvement généralisé en faveur des investissements à moindre risque.
Banques centrales et politique monétaire
Les réunions des banques centrales aux États-Unis et dans la zone euro ont permis d’y voir plus clair sur l’évolution future des politiques monétaires. La Réserve fédérale a, comme prévu, procédé à son deuxième resserrement de taux à court terme de l’année (25 points de base) et a dressé un portrait positif de la situation économique.
Plus important encore, la plupart des membres de la Fed tablent désormais sur quatre hausses de taux en 2018 (au lieu de trois auparavant). Ce scénario était déjà anticipé par le marché, mais sa confirmation ainsi que les commentaires qui ont accompagné la décision ont tout de même été interprétés comme un léger durcissement de la part de la Fed. La Banque centrale européenne a quant à elle annoncé qu’elle allait réduire de moitié le montant de ses achats mensuels d’obligations à 15 milliards d’euros à partir du mois d’octobre et qu’elle allait mettre fin à ce programme après décembre. En ce qui concerne le timing du premier relèvement de taux, la BCE reste très prudente dans ses prévisions. Celui-ci devrait avoir lieu après l’été 2019, soit plus tard que ce que le marché anticipait jusqu’à présent. La banque centrale norvégienne a très clairement fait comprendre qu’il était plus que probable que ses taux augmentent en septembre. Quant à la Banque d’Angleterre, il se peut qu’elle prenne cette même mesure dès le mois d’août.
Devises
Malgré le nouveau sursaut des tensions commerciales, l’incertitude politique dans la zone euro et la position considérée comme souple de la BCE, l’euro s’est renforcé face à la plupart des autres devises au cours du mois passé. Si la paire euro-dollar n’a presque pas évolué en juin, le billet vert s’est solidement apprécié – +5,3 % – au cours du deuxième trimestre. Faisant les frais de l’attitude moins souple de la Banque d’Angleterre, la livre sterling s’est quelque peu repliée au cours du mois passé. Les négociations relatives au Brexit restent très difficiles. Les monnaies matières premières ont également dévissé, impactées par un affaiblissement des matières premières. La couronne norvégienne a toutefois gagné du terrain après que la banque centrale a confirmé qu’un relèvement des taux aurait sans doute lieu en septembre. Le yuan chinois s’est considérablement dévalorisé, tout d’abord par rapport au dollar américain, atteignant ainsi son plus bas niveau depuis le début de l’année. Les tensions commerciales avec les États-Unis et les signaux témoignant d’un ralentissement de la croissance économique n’ont rassuré personne. Selon les prévisionnistes, il se pourrait que banque centrale chinoise assouplisse sa politique monétaire. Cependant, il est également possible que la Chine utilise la dépréciation de sa devise comme arme dans le conflit commercial.
Matières premières
L’OPEP et la Russie ont pour ainsi dire levé les quotas de production introduits début 2017 en annonçant qu’ils l’augmenteraient d’un million de barils par jour à partir du mois de juillet. Bien que cette annonce ait été anticipée en général, le prix du pétrole a tout de même grimpé pour flirter avec la barre des 80 dollars. En pratique, cette hausse de la production pourrait toutefois se limiter à 600 000 barils seulement, car la plupart des producteurs – à l’exception de l’Arabie saoudite – possèdent encore à peine la capacité disponible (3 millions de barils par jour, dont deux millions en Arabie saoudite, selon l’AIE). Le fait que l’OPEP et les autres pays parviennent toujours à maintenir une position commune vis-à-vis du monde extérieur a soutenu le cours. Les États-Unis mettent l’Arabie saoudite sous pression afin qu’elle exploite sa capacité de production et compense ainsi la capacité de l’Iran, mis hors-jeu suite au nouvel embargo imposé sur son pétrole. Les prix des métaux industriels ont baissé en juin (-5,1 % pour le GSCI Industrials). Divers facteurs sont à l’origine de ce recul : des signes d’un ralentissement de la croissance en Chine (le plus grand utilisateur de métaux), un dollar fort et l’escalade d’un conflit commercial susceptible d’hypothéquer la croissance mondiale. En juin, le prix de l’or a pendant un moment atteint les 1.300 dollars par once, mais s’est fortement replié durant la seconde quinzaine du mois après une révision à la hausse des projections de taux de la FED.
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