Nos experts vous tiennent informé des dernières évolutions des marchés.
pere olive perenniser avenir

Père Olive: pérenniser l'avenir

Par Alexis Meeùs - CEO & Managing Partner Degroof Petercam Corporate Finance
Christine et Erik Maes ont élaboré des recettes d’olives. Leur constat: les amateurs d’olives n’avaient à l’époque que le choix entre des olives en boites ou en vrac. « J’étais convaincu qu’il y a avait un créneau pour des olives fraiches préemballées », explique Erik Maes. Comme toujours dans ce genre de belle histoire, les premières années sont celles des vaches maigres. Et puis petit à petit, le business a commencé à décoller. Christine et Erik Maes avaient vu juste. Les consommateurs ont manifestement apprécié ce nouveau conditionnement et les recettes proposées.

Croissance effrénée

Erik Maes est un autodidacte. Il fonctionne à l’instinct. Et est doté d’un formidable sens commercial et d’une réelle volonté entrepreneuriale. « Père Olive, c’est aussi l’histoire de rencontres. Ce sont des acheteurs de la grande distribution qui nous ont fait confiance alors que nous étions tout petits. »
En 1992, le concept « Olive Frais » est présenté à Paris à un salon spécialisé. Ensuite les choses vont s’enchaîner rapidement. Les premiers clients étrangers passent commande. « Nous avions compris qu’il fallait profiter de notre position de pionnier pour assoir au plus vite une position de leader avant que la concurrence ne se réveille. C’est ainsi que nous avons rapidement collaboré avec le laboratoire de la faculté de Sciences agronomiques de Gembloux afin de garantir la qualité des produits. Nous avons aussi toujours réinvesti tout l’argent gagné dans l’entreprise pour assurer sa croissance », précise Erik Maes. Le garage de la fin des années 80 a rapidement été dépassé. La société a ensuite régulièrement déménagé dans des locaux lui permettant de suivre la croissance de la production (300 m² en 1990, 1.000 m² en 1995, 6.000 m² en 1999) jusqu’à l’installation en 2007 dans une usine flambante neuve de 22.000 m².
Entre-temps, de nouveaux produits se sont ajoutés tels que des tapenades, des antipasti, des assiettes apéritives, etc. Pas moins de 125 recettes différentes pour satisfaire les consommateurs d’une vingtaine de pays dont les Etats-Unis, le Canada et le Japon.

Pas de successeur

A l’approche de la soixantaine, Erik et Christine Maes se sont posé la question de l’avenir. « Nous nous sommes rendus compte que l’entreprise reposait beaucoup sur nos épaules. Qu’allait-il se passer s’il nous arrivait quelque chose? La vie a fait que nous n’avions pas de successeur dans la famille. Qu’allions-nous faire avec cette entreprise qui a occupé tout notre temps et toute notre énergie ? Il nous a semblé important de prendre le temps de réfléchir à la question », se souvient Erik Maes. De nombreuses pistes sont envisagées. Dans un premier temps, Christine et Erik Maes ont délégué la gestion quotidienne à Brigitte Wergifosse, qui était jusque là directrice adjointe de l’entreprise. La Banque Degroof a ensuite été mandatée en 2011 pour les assister dans la recherche d’un acquéreur. Dans ce contexte, la Banque Degroof a approché des candidats correspondant au profil recherché, qui ont été invités à remettre des offres indicatives puis fermes dans le cadre d’un processus compétitif. Le choix final s’est porté sur un investisseur industriel, actif dans le secteur de l’alimentaire, qui partage les valeurs de Père Olive. « Je me suis rendu compte que n’avais pas envie de vendre à un financier. Je voulais que l’entreprise puisse continuer à grandir dans l’esprit que nous lui avions inculqué. » Aujourd’hui, Père Olive a changé de main mais pas d’esprit. L’objectif est toujours de grandir pour rester le n°1 mondial. Et Erik Maes est soulagé. « La question de la succession est réglée. Je continue à travailler pour la société même si je n’en suis plus le directeur général (NdlR: Erik Maes est toujours actionnaire minoritaire de Père Olive et siège au conseil d'administration). Ce qui m’arrange car je peux me concentrer sur ce que je fais le mieux: le développement commercial. Et en vendant la société, j’ai aussi vendu mon stress, notamment les projets de production aux Etats-Unis ».
Partager l'article
Plus sur ce thème:
Rue de l'Industrie 44 - 1040 Bruxelles Belgique
Règlementé par l’Autorité des services et marchés financiers (FSMA) et la Banque Nationale de Belgique TVA BE 0403 212 172 RPM Bruxelles
Règlementé par l’Autorité des services et marchés financiers (FSMA) et la Banque Nationale de Belgique TVA BE 0403 212 172 RPM Bruxelles