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(Petit) réchauffement climatique EU/Chine. Conséquences.
Par Johan Gallopyn - Investment Desk Analyst
La perspective de meilleures relations commerciales entre les États-Unis et la Chine a provoqué une hausse des cours des actions en novembre. Notre expert, Johan Gallopyn, analyse pour vous les principales tendances observées sur les marchés des actions, des obligations, des devises et des matières premières.
Marchés d'actions : les actions poursuivent leur hausse
Novembre a de nouveau été un mois positif pour les actions mondiales. Le S&P 500 a affiché de nouveaux records historiques et les bourses européennes flirtent avec leur plus haut niveau de ces dernières années. La perspective d’une amélioration des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine constitue un moteur important pour les marchés financiers. La première phase d’un accord commercial pourrait s’avérer plus ambitieuse que prévu initialement, avec une levée progressive des droits de douane instaurés précédemment. Cependant, les évènements à Hong Kong compliquent entre-temps les discussions. Quant aux actions des pays émergents, elles ont terminé le mois à un niveau inchangé. Les troubles à Hong Kong, les mouvements de protestation dans plusieurs pays d'Amérique latine et la publication de chiffres économiques légèrement décevants en Chine peuvent expliquer cette moins bonne performance. La publication des résultats des entreprises du troisième trimestre étant terminée, le bilan peut être dressé. Les entreprises du S&P 500 ont réalisé une baisse des bénéfices de 2,2 % pour une croissance du chiffre d'affaires de 3,1 %. C’est le troisième trimestre consécutif avec une croissance bénéficiaire négative, mais les résultats sont considérés comme moins mauvais que prévu. Les entreprises du S&P 500 qui réalisent une grande partie de leur chiffre d'affaires en dehors des États-Unis ont enregistré un résultat négatif plus marqué que les entreprises qui opèrent principalement au niveau local. Les prévisions pour le quatrième trimestre ont entre-temps été ajustées à -1,4 % de croissance des bénéfices contre +2,9 % fin septembre, au début de la saison des résultats du troisième trimestre. En Europe, les bénéfices pour les entreprises du Stoxx600 ont baissé de 4,7 % au troisième trimestre par rapport à l'année précédente, alors que la croissance du chiffre d'affaires était de 1,4 %. Ces résultats sont également meilleurs que les prévisions initiales (-8,6 % en ce qui concerne les bénéfices).
Marchés obligataires : le taux belge à 10 ans est redevenu légèrement positif
En raison des nouvelles plus positives dans le contexte du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine et des signaux de stabilisation de l'activité industrielle dans le monde, le taux de référence à 10 ans aux États-Unis et en Allemagne a augmenté, surtout durant la première moitié du mois écoulé. Il a atteint respectivement des niveaux de 1,94 % et -0,25 %. Le taux belge à 10 ans est même repassé au-dessus de 0 %. Durant la deuxième moitié du mois, les rendements obligataires ont reculé légèrement. Après les élections espagnoles du 10 novembre, la situation politique reste instable. Le parti socialiste de Pedro Sanchez formera un gouvernement avec le parti de gauche radicale Podemos. Mais il s’agira là d’un gouvernement minoritaire, ce qui rend improbable des mesures significatives en matière de finances publiques. Les écarts de rendement (spreads) des obligations d’entreprises ont dressé un tableau mitigé : ceux des obligations de qualité (Investment grade) ont quelque peu augmenté, tandis que les spreads des obligations à haut rendement (High yield) ont baissé. Ces derniers ont certes connu une période plus difficile lors des mois précédents.

Banques centrales et politique monétaire : la banque centrale néo-zélandaise surprend
Les nouvelles des banques centrales ont été relativement peu nombreuses en novembre. Dans son premier discours en tant que présidente de la BCE, Christine Lagarde a souligné la nécessité de compléter la politique monétaire souple par une politique fiscale expansionniste. Le président de la Fed, Jerome Powell, a confirmé sa vision selon laquelle le niveau actuel des taux est adapté au contexte économique actuel. Le marché ne tient désormais plus du tout compte d'une nouvelle baisse des taux en décembre. La banque centrale néo-zélandaise a surpris en maintenant son taux stable à 1 %. Le marché prévoyait une baisse de 25 points de base. La banque centrale souhaite évaluer l'effet des baisses de taux antérieures sur l’économie, mais laisse la porte ouverte à de nouvelles baisses si les circonstances l'exigent. La banque centrale chinoise a abaissé pour la première fois de ce cycle son taux de refinancement à 1 an appliqué aux banques commerciales. Ce sera probablement le prélude à de nouvelles réductions de taux d'intérêt dans le courant de l'année prochaine.
Devises : situation assez stable
L’euro est resté relativement stable en novembre par rapport aux autres devises importantes, même si le dollar a pu regagner du terrain après la baisse d’octobre. La livre sterling a continué de se renforcer. Les sondages montrent que les conservateurs gardent leur avance confortable sur le parti travailliste à l'approche des élections du 12 décembre. Le dollar néo-zélandais s’est renforcé après que la banque centrale ait laissé ses taux inchangés alors que le marché s’attendait à une baisse de taux. Les devises des marchés émergents se sont généralement affaiblies en raison d’un dollar fort et de certains risques spécifiques qui se situent surtout en Amérique latine. Le real brésilien s’est déprécié de 4 % par rapport à l’euro au cours du mois, atteignant un niveau historiquement bas par rapport au dollar américain. La devise chinoise s’est renforcée sur le mois (+1,2 % par rapport à l’euro), mais cela s’est accompagné d’une certaine volatilité.
Matières premières : l'or sur la défensive
Le prix du pétrole a augmenté en novembre. Pourtant, il a été rapporté que l'OPEP+ n'annoncerait pas de restrictions supplémentaires de la production parce que la Russie n'y était pas favorable. Les restrictions actuelles de la production (qui expirent en mars 2020) seraient prolongées et l'accent serait davantage mis sur le respect de celles-ci. Les prix des métaux industriels ont cédé du terrain sur le mois (-2,3 % en dollar américain) en raison d’indicateurs d’activité plus faibles en Chine. Le prix du nickel, qui a fortement augmenté pendant les mois d'été, a diminué après la levée partielle et temporaire de l'interdiction d'exportation de l'Indonésie. Le prix de l’or a également reculé en raison de l’intérêt décroissant vis-à-vis des placements refuges et du dollar plus fort.
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