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Les disparités économiques régionales sont-elles importantes dans notre pays ?
Par Degroof Petercam - Marketing & Communication Specialist
Dans les années 60, la croissance structurelle en Flandre a connu un rythme plus soutenu qu’en Wallonie. Aussi, au début des années 70, la Flandre est devenue la région la plus prospère. Depuis lors, les différences de rythme de croissance entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles augmentent à certains moments et se resserrent à d’autres.
Aujourd’hui, le produit régional brut par habitant de la Flandre est supérieur de près de 20 % à celui de la Wallonie. La différence par rapport à la Région de Bruxelles-Capitale est beaucoup plus élevée encore, mais les chiffres sont bien entendu trompeurs : Flamands et Wallons travaillant à Bruxelles contribuent au produit régional bruxellois, mais dépensent principalement leurs revenus professionnels dans la région où ils habitent. Corrigé des flux de navetteurs, le produit régional brut bruxellois par habitant est inférieur d’environ 10 % à celui de la Flandre.
La divergence des prestations de croissance s’est également traduite, au cours des dernières décennies, par des évolutions significatives sur le marché de l’emploi. Précisons que l’existence de disparités économiques entre les différentes zones géographiques d’un même pays n’a rien d’anormal. La Belgique ne fait pas exception à cette règle. Certaines sous-régions wallonnes sont ainsi plus riches que certaines sous-régions flamandes. Par ailleurs, une importante diversité locale caractérise les prestations du marché de l’emploi flamand global.
Explication historique des disparités économiques
La Wallonie fut, entre 1860 et 1880, l’une des régions les plus riches au monde grâce au charbon et au minerai de fer. Cette période fut très difficile pour l’économie flamande. Après la séparation d’avec les Pays-Bas en 1830, la moitié de la flotte anversoise s’en alla à Rotterdam. Quant à l’industrie textile, qui représentait alors un tiers de l’emploi, elle fut écrasée par l’Angleterre. Le retard économique accumulé par la Wallonie ces dernières décennies est, quant à lui, principalement imputable au déclin progressif des anciennes industries durant la période de l’après-guerre. À partir de la moitié des années 1950, de nouvelles sources d’énergie, qui infligèrent des dommages significatifs à l’industrie wallonne du charbon, firent leur apparition. En outre, les pouvoirs publics menèrent une politique défensive à l’égard de l’industrie sidérurgique wallonne, raison pour laquelle la reconversion économique prit un retard considérable. Le centre de gravité économique de notre pays s’est donc progressivement déplacé vers la Flandre, grâce notamment à des salaires moins élevés, à la facilité d’accès permise par la présence de grands ports et à une population relativement jeune. La Flandre a ainsi profité, en raison d’effets d’agglomération, de la vague de mondialisation depuis le début des années 1980 et est parvenue à attirer des entreprises étrangères dans des secteurs à forte intensité de connaissance tels que les industries chimique et pharmaceutique.
L’écart de croissance de la Flandre par rapport à la Wallonie et à Bruxelles s’est cependant réduit à partir de 1960. Aucune différence n’a même été observée au cours des dix premières années du nouveau millénaire. Alors que la croissance ralentissait en Flandre, celle de la Wallonie s’accélérait. Le plan Marshall souhaitait mettre un terme au traditionnel soutien des vieilles industries et a misé avec succès sur le développement de nouvelles activités dans les technologies de l’information et de la pharmacie.
En Belgique, les disparités économiques demeurent frappantes. À Bruxelles et en Wallonie, il existe une importante marge d’amélioration en ce qui concerne la participation au marché de l’emploi.
Le différentiel de croissance s’est cependant remis à augmenter au cours de ces dernières années. La Flandre, en particulier, réussit à renforcer ses performances à l’exportation dans le contexte de l’amélioration de la conjoncture internationale. En Wallonie, l’inertie politique ralentit le redressement. Un temps précieux risque d’ailleurs d’être perdu en raison des élections de 2018 et 2019 qui se profilent à l’horizon. Les disparités économiques structurelles entre les régions resteront donc significatives jusqu’à nouvel ordre. Pour illustrer notre propos, nous présentons ci-après plusieurs indicateurs. La situation dans la Région de Bruxelles-Capitale illustre un phénomène baptisé « le paradoxe urbain ». Les grandes villes européennes, parmi lesquelles figure également Bruxelles, sont devenues le moteur de la croissance dans l’Union européenne. Toutefois, malgré la prospérité créée, la fracture sociale reste importante, même si, depuis quelques années, les mesures d’activation du gouvernement bruxellois portent leurs fruits.
Conclusion
Bien qu’il s’agisse d’un phénomène international courant, les disparités économiques régionales demeurent frappantes en Belgique. L’emploi en Flandre est à la traîne par rapport aux pays européens les plus performants, mais reste un cran supérieur au niveau enregistré à Bruxelles et en Wallonie. Il reste par conséquent une importante marge d’amélioration en ce qui concerne la participation au marché de l’emploi. Des réformes permanentes du marché de l’emploi, des investissements dans l’enseignement et la mobilité, ainsi que des choix stratégiques intelligents concernant les secteurs économiques d’avenir les plus prometteurs, sont indispensables pour progresser.
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