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Justice US contre Google : la bataille anti-trust va démarrer

Par Jérôme van der Bruggen - Head of Investments
Coup de tonnerre aux Etats-Unis. Le département américain de la Justice et 11 États ont déposé mardi 20 octobre une plainte contre Google. Motif ? Le premier moteur de recherche au monde est accusé d’avoir des pratiques anticoncurrentielles. Analyse des retombées de cette information.
Premier motif d’étonnement, alors qu’on aurait pu s’attendre à une baisse du cours d’Alphabet, la maison-mère de Google, après l’annonce de cette action judiciaire, bizarrement, l’action a... grimpé. Seuls les spécialistes n’ont pas été surpris car l’annonce avait fait déjà fait l’objet d’une fuite dans un article publié par le New York Times, le 3 septembre dernier.

A l’époque, l’article avait été à l’origine de la baisse du cours enregistrée en septembre. La chute du cours d’Alphabet avait d’ailleurs influencé tout le marché des valeurs technologiques.

Critiques

Reste à savoir ce qu’on reproche à Google et à son petit rectangle mondialement célèbre ? Les juristes et économistes du département de la justice américaines soupçonnent Google d’avoir abusé de sa position dominante sur le marché de la recherche et de la publicité en ligne. Et cela, au détriment de la concurrence (les moteurs alternatifs ne peuvent pas s’imposer) et des consommateurs. La justice américaine reproche aussi à Google d’avoir conclu des contrats avec des fabricants de téléphones, des plateformes ou des navigateurs lui garantissant d’être le moteur de recherche par défaut.

Bien entendu, cette annonce suscite aussi pas mal d’interrogations. Le scénario du pire serait un démantèlement de Google. Mais pareil scénario est improbable. Pour plusieurs raisons.
  • Primo, la difficulté pour la justice américaine de pouvoir démontrer que le consommateur a été lésé. La démonstration ne sera pas aisée à établir, puisque les services de Google sont gratuits. Historiquement, le prix – ou l’excédent de prix résultant d’un abus de position dominante monopole – a été la mesure utilisée pour évaluer le dommage subi par les consommateurs dans ce type de plaintes.
  • Secundo, soyons francs : Google dispose d’une grande part de marché (près de 100%) dans la recherche parce que c’est sans doute le meilleur outil de recherche.

Plaintes antitrust

Pour tenter d’imaginer l’issue d’un procès fleuve, il faut se référer à l’histoire des plaintes antitrust aux Etats-Unis.

Le premier constat est simple : les Etats-Unis ont un historique très fort en la matière. Ce fut le cas de Microsoft dans les années 90 ou de AT&T dans les années 70. Si on remonte le temps encore plus loin, au début du siècle passé, on se souviendra également de la dissolution de la célèbre Standard Oil, l’entreprise des Rockefeller, suite entre autres aux actions du président Theodore Roosevelt surnommé le « trust-buster ». Mais ces procès bien que retentissants sur le plan médiatique démontrent que les raisons invoquées sont à chaque fois différentes. Et puis, l’histoire le montre, la résolution de cette plainte prendra des années. Nous sommes plus que probablement partis pour un procès fleuve.

Et en Europe ?

La justice américaine semble vouloir en découdre avec les GAFA au travers de cette attaque contre Google, mais qu’en est-il en Europe ? Après tout, la question se pose, eu égard au caractère mondial de Google. D’abord, l’Europe n’a pas attendu les Américains pour se montrer sévère à l’égard des abus de position. Un cas similaire en 2018 s’est traduit par le paiement d’une amende de 1,5 milliard de dollars. Sans oublier que la commissaire européenne, Madame Vestager a une réputation de détestation des positions dominantes.

Leçons à tirer

L’actu est abondante ces jours-ci et la seule certitude, c’est que ce sujet ne va pas quitter la scène médiatique de sitôt. Par ailleurs, les gouvernements vont sans doute favoriser l’approche pragmatique et le dialogue avec ces entreprises. Leur but ne sera pas de les affaiblir avec le risque de laisser la place aux concurrents chinois, mais ils tenteront d’obtenir des engagements et des compensations de leur part. C’est de bonne guerre.

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