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L’impact du Covid-19 sur les pays émergents
Par Céline Boulenger - Economist
Quel est l’impact de la pandémie sur les économies des pays émergents ? Céline Boulenger, économiste chez Degroof Petercam, y répond.
Des pays émergents vulnérables
Tout d’abord, la pandémie est beaucoup plus compliquée à gérer dans les pays émergents car leurs systèmes de santé ne sont pas adéquats et les mesures de confinement sont parfois très compliquées à mettre en place. Comment faire en sorte que la distanciation sociale et que les mesures d’hygiène soient respectées dans les bidonvilles brésiliens ou indiens ?
Deuxièmement, les pays émergents sont extrêmement vulnérables aux conséquences économiques du coronavirus. En mars dernier, l’affolement des marchés avait créé une sortie des capitaux des pays émergents équivalente à cinq fois celle de 2008. Cette baisse de la confiance des investisseurs a également pesé sur la valeur des monnaies des pays émergents. De plus, certains pays dépendent fortement des transferts de fonds, c’est-à-dire qu’une partie de leurs citoyens travaillent à l’étranger et renvoient de l’argent au pays d’origine. Ces transferts ont été asphyxiés ces derniers mois puisque la crise sanitaire et le confinement touchait non seulement les pays émergents, mais aussi les pays développés. Un changement qui impacte surtout des pays comme le Mexique, ou encore les Philippines et l’Egypte.
Des exportations en souffrance et un commerce mondial à l’arrêt
Les mesures de confinement strictes qui ont touché énormément de pays dans le monde ont amené une faiblesse énorme de la demande externe et donc moins d’exportations et de revenus pour ces pays-là. On s’attend à une chute de plus ou moins 18 % du commerce international dans les mois d’avril à juin. Les restrictions en matière de tourisme ont aussi engendré d’énormes pertes pour certains pays dont la santé économique repose sur ce secteur tels le Mexique et la Thaïlande.
Par ailleurs, les prix des matières premières dont le pétrole ont chuté depuis le début de la crise sanitaire en raison d’une faiblesse de la demande, mais aussi de la guerre des prix du pétrole entre l'Arabie saoudite et la Russie. Cette chute des prix est très coûteuse pour les pays exportateurs de matières premières comme la Russie ou l’Equateur. En revanche, elle peut être bénéfique pour les pays qui sont importateurs nets de matières premières comme la Chine.
Des stimuli budgétaires et monétaires différents
Les pays émergents manquent de coffre quand il s’agit de stimulus fiscal. En effet, certains d’entre eux souffraient déjà d’endettement élevé avant la crise sanitaire, comme les pays d’Amérique Latine ou l’Inde. Le Brésil ou le Mexique ont attendu bien trop longtemps pour utiliser des armes budgétaires pour non seulement combattre la pandémie, mais aussi ses conséquences économiques, dans la peur. Les conséquences de cette inaction sont dramatiques. Et d’un point de vue monétaire, de plus en plus de pays émergents ont utilisé une majorité de leurs armes, avec des taux d’intérêt très bas, parfois approchants le seuil de 0 %. Certaines banques centrales ont lancé des programmes de rachats de dettes publiques et privées, comme font la Réserve Fédérale et la BCE depuis des années, loin d’être évidents dans des pays où la confiance des investisseurs est affaiblie.
Quelle reprise ?
Dans de nombreux pays, les mesures de déconfinement ont remplacé les confinements stricts, c’est le cas aussi dans les pays émergents, même là où le nombre de nouveaux cas de coronavirus continue à augmenter, comme le Brésil ou l’Inde. « First in first out » : la première à sortir du confinement fut la Chine puisqu’elle était aussi la première à connaître la pandémie. L’économie chinoise a aujourd’hui récupéré une grande partie de ses capacités, mais le retour à la normale a été extrêmement lent et certains indicateurs restent très faibles. De plus, les pays qui ont le plus de mal à contenir la pandémie seront aussi bien sûr les derniers à connaitre une réelle reprise économique.
Prudence sur les pays émergents
La pandémie a touché les pays émergents de plein fouet de par l’impact sanitaire, mais aussi les conséquences économiques des mesures de confinement. Certains pays sont plus vulnérables que d’autres, cela parce qu’ils manquent de ressources budgétaires, parce qu’ils dépendent du tourisme ou de la demande externe, ou parce qu’ils sont exportateurs de matières premières. On pense que le pire d’un point de vue économique est aujourd’hui passé, mais la reprise s’annonce extrêmement compliquée et lente pour de nombreux pays, surtout là où la pandémie continue de se propager.
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