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L'art, un investissement comme un autre?

Par Eugénie Dumont - Art Collections Manager
En 2019, Amoako Boafo a peint le portrait de la mère d’une de ses amies, intitulé « The Lemon Bathing suit ». Cette toile a été vendue aux Etats Unis par une galerie pour 25,000$ à Jeremy Larner.
Huit mois plus tard, elle fut revendue chez Philips’ pour 675,000 £, plus de 13 fois son estimation haute.
Il est en effet possible de réaliser d’incroyables performances en un temps record avec l’art, et cela peut parfois attirer certains investisseurs à s’y intéresser quand les rendements des marchés financiers se font timides. Cependant, le marché de l’art répond à d’autres facteurs d’influence que les marchés traditionnels, et peut être alors considéré comme classe d’actif alternatif.
Il est d’ailleurs difficile de pouvoir se fier uniquement aux données de marché disponibles, puisqu’elles ne tiennent compte uniquement des résultats des maisons de vente. Bien que ces informations fassent abstraction du marché dit « primaire », qui représente plus de la moitié du chiffre d’affaire global réel, elles restent un bon indicateur des tendances générales du marché.
L’art est avant tout un investissement de passion qui se partage et se transmet dans le temps pour les générations futures.

L’art et les marchés financiers

Tout comme le S&P500 ou le Dow Jones, il existe différents indices pour le marché de l’art. Entre autre, les économistes Jianping Mei, PhD et Michael Moses, PhD ont créé le Mei Moses Fine Art Index, qui collectionne et compile des milliers de données de ventes répétées d’œuvres d’art depuis 1875 par les maisons de vente. Cet indice de référence montre d’ailleurs que sur la dernière décennie, l’art a mieux performé que le marché des actions de façon significative, affichant cependant une volatilité plus élevée et une liquidité plus faible. L’écart se réduit sur une période de cinquante ans avec un TAGR (taux de croissance annuels composés) de 9,23 % pour le Mei Moses contre 9,73 % pour le S&P500 (Artemundi, 2019).

Cotes et décotes

Il est d’ailleurs important de mentionner les différences de performance selon la période historique. En effet, les rendements des courants Old Masters et Art Impressionniste stagnent, alors que la période d’Après-Guerre et l’art Contemporain poussent la performance globale avec des TAGR respectifs de 7.81 % et 7.12 % sur les 15 dernières années.
Source : 2019 © Artnet Worldwide Corporation
Gardons à l’esprit que, sur le long terme, la croissance du marché résulte plus de l’augmentation du volume de transactions que de l’accroissement réels des prix. Cette croissance est issue de la volonté des collectionneurs de payer beaucoup plus pour l’Art Contemporain.
  • Old Masters et 19e siècle
    Pour ces deux périodes, la rareté est le facteur d’influence principal qui joue sur les valeurs de ventes. En Occident, la période Old Masters représente à peine 5 % des lots vendus (Art Basel Report , 2020). L’art du 19e siècle est quant à lui largement dominé par les impressionnistes, dont l’écrasante majorité des œuvres se trouve aujourd’hui dans les musées, avec une liquidité extrêmement réduite.
  • Art Moderne
    Beaucoup plus liquide, l’Art Moderne est le pilier du marché de l’art en Occident, avec près de 40% des ventes (Art Basel Report , 2020). Proche des 3400 lots vendus, Pablo Picasso reste à la tête du classement toutes périodes confondues, avec un turnover de 245$ millions en 2020. (Artprice, 2020)
  • Art d’Après-Guerre et Contemporain
    Dans ce cas-ci, l’abondance d’œuvres contemporaines mises en vente sur le marché est le facteur clef pour créer un marché dynamique, totalement conditionné par l’offre et la demande. L’arrivée de nouveaux collectionneurs provenant de l’Asie et du Moyen Orient gonfle les prix, comme cela s’est montré avec le record de vente de la toile « Untitled » (Tête d’homme), 1982 de Basquiat en 2017 à New York, achetée pour plus de 110$ millions par Yusaku Maezawa. (BBC, 2017)
Untitled (Head of man) Jean Michel Basquiat, 1982

L’art une classe d’actif, et un outil de diversification

L’art peut aussi jouer un rôle intéressant dans le cadre d’une diversification de portefeuille, grâce à sa faible corrélation avec les autres classes d’actifs. Il est donc envisageable d’investir entre 5 % et 10 % de son patrimoine dans l’art (Deloitte, 2019). À nouveau, il est important de mentionner la variabilité de cette corrélation selon la période observée. Les Old Masters et l’Art Impressionniste sont très peu corrélés aux marchés traditionnels, alors que l’art Contemporain montre de fortes corrélations avec l’or. Ceci implique que les collectionneurs perçoivent l’art (contemporain) comme une réserve de valeur plutôt que comme investissement (artemundi, 2019). En effet, plus la période de rétention d’une œuvre est grande, plus sa valeur s’apprécie, indépendamment de la demande ou de la performance de son marché. En moyenne, les œuvres contemporaines de renom circulent tous les 9 ans !
Mais l’absence historique d’indices pour ces actifs illiquides peut expliquer la volonté des gestionnaires d’exclure l’art dans l’élaboration d’une allocation d’actif optimale jusqu’à aujourd’hui. Nous voyons cependant une demande grandissante en faveur d’une gestion holistique du patrimoine de la part de grandes fortunes. Cette tendance amène d’ailleurs les banques privées à reconsidérer leurs activités et proposer des services de gestion de collection pour leurs clients collectionneurs.

L’art : un investissement de passion

Bien qu’il soit possible de comparer les performances, ou qu’il n’y ait pas besoin d’augmenter la diversification de son portefeuille, l’art offre des avantages que les autres classes d’actifs ne pourront jamais procurer.
L’art offre un éveil émotionnel et intellectuel, de par son esthétique ou le message que l’artiste a souhaité communiquer. Il procure le plaisir d’en profiter chez soi, ainsi que pour les générations futures dans son héritage. Il permet aussi de soutenir la culture, gravé dans son contexte historique. L’art s’apprécie et se transmet par passion. C’est pour cela qu’investir dans l’art dans l’unique but de faire une bonne affaire est déconseillé. Non seulement car cela lui arrache ses qualités fondamentales émotionnelles et esthétiques, mais parce qu’il n’a pas pour vocation primaire d’être un véhicule d’investissement. De par ces aspects, les galeristes n’apprécient pas les collectionneurs ayant pour unique but l’acquisition en vue de profit. Le marché de l’art est un marché de niche qui se repose lourdement sur la réputation. Une fois celle-ci entachée, que ce soit comme marchand ou collectionneur, il est difficile de faire marche arrière.

En conclusion

Dans cette matière où l’émotionnel côtoie le rationnel en permanence, il est important d’être bien conseillé pour éviter de mauvaises affaires, mais aussi pour pouvoir accéder à la plus haute qualité disponible. Le service Art Collections de Degroof Petercam peut vous accompagner dans la constitution et la gestion de votre patrimoine artistique.

Copyrights :
“Untitled” (Head of man) Jean Michel Basquiat, 1982 / Image courtesy of Sotheby’s.

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