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Monthly Market News décembre 2020 – Tendances sur les marchés

Par Johan Gallopyn - Investment Desk Analyst
L’année 2020 a été tout sauf « normale », même si les performances annuelles des bourses pourraient laisser penser le contraire. En décembre, les investisseurs ont laissé les informations sur les vaccins du mois précédent se décanter.

Marchés d’actions volatils

Les performances « normales » de fin 2020 masquent la plus forte correction boursière et la plus rapide reprise de ces dernières décennies, ainsi que d’importantes différences entre les régions, les styles d’investissement et les secteurs.
Après l’euphorie provoquée par l’annonce de plusieurs vaccins efficaces contre le Covid-19 en novembre, les cours ont encore légèrement progressé en décembre. Même si les es bourses américaines ont battu de nouveaux records le mois dernier, elles ont tout de même enregistré les plus mauvaises performances du mois en euro, à cause de la dépréciation du dollar. En décembre, les investisseurs se sont à nouveau focalisés sur les incertitudes à court terme. Ce sont surtout les bourses européennes qui ont ainsi connu une certaine volatilité. La nouvelle flambée des contaminations, le durcissement des mesures de confinement dans de nombreux pays et, surtout, l’apparition d’une nouvelle variante du virus, plus contagieuse, ainsi que l’impasse autour du plan de soutien américain, ont refroidi l’enthousiasme des investisseurs. Pendant ce temps, les premières vaccinations ont été effectuées. En Europe, l’accord conclu sur le Brexit par l’UE et le Royaume-Uni, après des années de négociation, a été accueilli avec un soupir de soulagement. Les marchés émergents se sont également bien comportés en décembre. La meilleure performance du mois a été réalisée par l’Amérique latine, même si la région n’a pu compenser qu’une partie des pertes enregistrées plus tôt dans l’année. Les marchés asiatiques ont finalement terminé l’année 2020 sur la plus haute marche du podium.
Les actions « value » n’ont pas pu poursuivre leur surperformance par rapport aux actions de croissance en décembre. La nouvelle flambée de la pandémie a freiné la rotation sectorielle en faveur des valeurs cycliques.

Marchés obligataires stables

Les taux sur les obligations de référence de l’Allemagne et des États-Unis n’ont pratiquement pas bougé. Le taux à 10 ans allemand a oscillé autour de -0,60 % et son pendant américain a évolué au sein d’une fourchette de quelques points de base autour de 0,95 %. Cette stabilité des taux d’intérêt nominaux masque cependant un redressement des anticipations d’inflation (surtout aux Etats-Unis) coïncidant avec une baisse des taux réels.
Les spreads des pays du sud de la zone euro se sont à nouveau légèrement contractés en décembre et ont ainsi renoué avec leurs niveaux « pré-coronavirus » de février.
Les spreads des obligations d’entreprises sont également restés très stables, tant pour les titres de qualité (« investment grade ») que pour les emprunts à haut rendement (« high yield »). La BCE continuera d’acheter des obligations d’entreprises « investment grade » en 2021.

Banques centrales : pas de surprise du côté de la BCE

La Banque centrale européenne a, comme prévu, étendu ses mesures de soutien monétaire en décembre. Elle a notamment décidé d’augmenter de 500 milliards d’euros ses achats d’obligations via son programme d’urgence face à la pandémie. Et les achats ont, par ailleurs, été prolongés jusqu’en mars 2022. Trois opérations supplémentaires de refinancement des banques seront également effectuées en 2021.
La Réserve fédérale a légèrement adapté sa « forward guidance » pour son programme d’achat. La banque centrale américaine poursuivra ses achats de 120 milliards de dollars par mois jusqu’à ce que des progrès suffisants aient été enregistrés dans la réalisation de ses objectifs d’emploi et d’inflation.
La banque centrale japonaise a annoncé qu’elle procéderait à une évaluation de sa politique monétaire. Le résultat de cette évaluation est attendu pour mars 2021 et pourrait conduire la banque centrale à renoncer à sa politique de taux négatifs, compte tenu de l’impact de ceux-ci sur le secteur financier.

Devises : un dollar faible

Le dollar américain a continué sa dépréciation en décembre. L’amélioration du sentiment sur les marchés financiers va de pair avec un intérêt moindre pour le billet vert, considéré comme une « valeur refuge ». En outre, l’augmentation des anticipations d’inflation aux États-Unis réduit le différentiel de taux réels avec d’autres devises en défaveur du dollar. La monnaie américaine a perdu près de 9 % par rapport à l’euro en 2020, mais elle s’est aussi affaiblie vis-à-vis d’autres devises.
La conclusion d’un accord commercial entre le Royaume-Uni et l’UE n’a pratiquement pas eu d’impact sur la livre sterling. La monnaie britannique s’est quelque peu renforcée par rapport à l’euro, mais elle reste dans le bas de la fourchette dans laquelle elle évolue depuis 2016.
Les États-Unis ont officiellement placé la Suisse sur la liste des pays manipulant leur monnaie à la mi-décembre.
La couronne norvégienne s’est légèrement appréciée vis-à-vis de l’euro à la suite d’un commentaire de la banque centrale sur sa future politique de taux. La Norges Bank a en effet attiré l’attention sur les risques liés au fait de maintenir les taux trop bas pendant trop longtemps. Cette situation entraîne des déséquilibres financiers, qui se sont notamment traduits par une hausse des prix de l’immobilier ces derniers mois. Le taux directeur pourrait donc être relevé plus tôt que prévu dans le courant de 2022.

Matières premières : le cuivre toujours en hausse

Le prix du baril de Brent a poursuivi sur sa lancée de novembre et a clôturé l’année juste au-dessus des 50 dollars. Comme prévu, l’OPEP+ est parvenue à un accord en vue d’augmenter sensiblement sa production à hauteur de 500 000 barils par jour à partir de janvier. Sans cet accord, la production aurait grimpé à 1,9 million de barils par jour. La demande de pétrole reste en effet faible en raison des mesures de confinement prises pour lutter contre le virus.
Le cours de l’or s’est redressé après sa chute de novembre et a pratiquement atteint la barre des 1 900 dollars l’once. Le métal précieux a profité des nouvelles incertitudes autour du coronavirus, de la baisse des taux réels (qui fait baisser son coût d’opportunité) et de la dépréciation du billet vert. L’or a atteint un nouveau cours historique en 2020, à plus de 2 000 dollars.
Le cuivre a atteint pour la première fois depuis 2013 le niveau de 8 000 dollars la tonne en décembre. Le cours est soutenu par la demande liée aux projets d’investissements verts qui se multiplient dans le monde et à la consommation accrue d’électricité que cela va engendrer. Les autres métaux industriels ont connu un mois plus mitigé.
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